EXTRAITS DES HISTORIENS ARABES
Au moment où les croisés parurent sur la scène, {'Orient
1>resentait le spectacle du désordre. L'empire fondé par es premiers successeurs de Mahomet était dissous, et des pauples venus du fond de la Tartarie occupaient la plus belle partie des contrées soumises par les Arabes. Les Turcs, autrement appelés Tureomans, passant POxus sous la conduite des enfans de Selgionk , tétaient successivement em- |>arés de la Perse , de la Mésopotamie , de la Syrie et de 'Asie mineure; en ce moment, ils menaçaient à-l^fois l'Egypte et Constantinople,
n ne restait aux empereurs grecs que de faibles del>rÎ8 de leurs anciens domaines. Presque tous les pays situés au-delà du Bosphore reconnaissaient les lois de Mahomet; il en était de même des anciennes possessions des princes chrétiens d'Arménie et de Géorgie ; les pays montagneux seuls avaient conservé leur indépendance. Cependant la population des cités subjuguées par les musulmans était en grande partie chrétienne; les villes étaient habitées presque en entier par des chrétiens d'origine grecque, syrienne, arménienne et géorgienne. Les vainqueurs , habitués à la vie nomade , préféflûent le séjour des campagnes , et y partageaient avec certaines tribus d'origine arabe la culture des bestiaux.
i iiiuoTnfeams
D'un autre câté , In ctomination arabe le bornait presque à l'Egypte , à l'Afrique et à une partie de TEspagne. Environ deux siècles avant les croisades, un aventurier, se disant issu de Mahomet par sa fille Fatime , e'tait parvenu à mettre dans ses intérêts les musulmans d'Afrique , et un de ses descendans régnait encore sur les câtes d'Afrique, sur l'Egypte et une partie de la Syrie. A l'égard du calife de Bagdad, qui appai*tenait également > pai» AbbaS, oncle de Mahomet, au sang du prophète, et dont les ancêtres avaient si long-temps règne sur les nations musulmanes , il était re'duit à la seule puissance spirituelle, et les Turcs le fai» saient trembler jusque dans sa capitale.
Aux divisions politiques s'étaient jointes les divisions religieuses. Les califes de Bagdad et ceux d'Egypte, se prétendant également seuls et iqsitiroefl pontifes, se traitaient réciproquement d'intrus et dliérétiques , et les peuples s'étaient partagés entre les deux compétiteurs. Les califes d'Egypte avaient en leur faveur les peuples qui reconnaissaient leur autorité temporelle. Les califes de Bagdad triomphaient par-tout où avaient pénétré les armes turques. Les Turcs qui étaient partisse laTartarie sans cdnnaitre abcune religion positive, trouvant la doctrine des pontifes de Bagdad établie en Perse , l'adoptèrent sans hésiter, et leurs conquêtes successives lui donnèrent un nouveau crédit. •
Au milieu de ces controverses , il s'était formé diverses sectes dont il reste encore des traces. La principale étttH celle des ismaliens, antretnent appelés haténiens, dun mot arabe
Îui signifie secret, etaeeueetnê, d'un autre mot arabe qui • ésîgne une boisson eniviunte» En effet, ces sectaires faisaient profession d'une doctrine indépendante de tout culte extérieur, et avaient recours à l'ivresse pour se mettre en état de commettre les actions les plus horribles. Les tsmaliens qui plus tard s'établirent dans les montagnes voisines de Tortose et de Tripoli , et dont le nom a servi depuis à désigner les plus grands attentats, étaient alors répandus dans toute la Syrie et dans les contrées voisines. D'abord attachés à la doctrine des califes d'Egypte , et ne pouvant se manifester au dehors , ib s'étaient crée une religion qui n'itdmettait pas de devoirs, et ils étendaient par-tout le trouble et reffirol. D'ailleurs, l'esprit de faction était devenu générd. C'est sous le sultan Maiek-schah , trente ans seulement avanf les croisades , que la puissance des Selgioukides avait acquis
DBS CROIAA06«. S
•on plus grand développement. Oe&t soiif le règne de éè prince qne iet Turcs «vaîent enTabi la Sjrie et f Asie inî- ■eure. Mais à sa mort, ses enfans se disputèrent rautorite , et l'esprit d'indépendance s'empara des commandâns dé province.
A ^arrivée des croisés, Nioée, leone et la meilleure partie de l'Asie mineure, ne reconnaissaient pas d'autres lois que celles du fik d'an cousin de Malek-schah , à savoir, Riiig-' arslan, fiis de Soiîmim. Une autre partie de fAsie mineure, au nord de la Syrie, obéissait à un émir appelé Kemé* schtekin.
Le désordre s'était communiqué à la Mésopotamie, pays limitrophe du centre de la puissance- des Selgioukides. Kerboga, nommé par le S4iltan de Perse gouverneur de MoussouI, s'était rendu presque indépendant; il en était de même de la plupart des émirs du pays»
Mais nulle part l'esprit de licence n'avait fait plus de pr«^* grès qu'en Syrie. Dans cette contrée, il y avait pcasqua autant de phqcipautés que de viUes , et chaque prianipauté était en guerre avec celle qui TavoisiiM^it JStedouan et Deneao^ fils de Toutoufich , frère de Mfdek^'SdbAfa i dominaient: èmt Alep et Damas. Bagui-sian conçHPaandait deas Aiktioche.
Les provinces égyptiennes n'étaieol pas. plus trahouîlies^ Le calife du Caire vivait enfermé dans son palais, etua'visir exerçait toute l'autorité. Les Égyptiens étaient alors innkrea de Tyr, de Sidon, d'As^fdon et des autres villes maritimes de Phénicie et de Palestine; iU étaient même parvenus, h Taide du désordre 9 à r^njtrer daijis Jérusaleni. Mais le gou^ vernement avait perdu toiiite sonsjdération , et les villes frontières étaient pAUr ainsi dire abandonnées à dles»* mêmes.
Les auteurs arabes ne ploient pas des dilSérentea troupee de .croisés qui arrivèrent les, premières a ConsÉantinopfe et Cuvèrent Ja pArl^daos 4es provinces qui) sproisinent Nicéé. À regard de l'ariné^ #poduite par fiif)4e£roi et ses compan gnons, ils se contentent de dire en< quelques mots qu'elle prit Nicée^ qu'elle jr^ipporiaydails soil passage au travers de I Asie mineure , plusieiurs ayantiûpes sur le aiiltan &ilig«iralany fils de Soliman, »% qu'eUe ^pénétra en Syrie par les défilés de la Ciiicie. Ce n'est que dès ce moment qu'ils commencent à entrer dans quelques détails sur les gueiTes que se firent les musulmans et les chrétSens d'Occident. Ib n'ap^^ellent
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jamais ceux-ci que du nom de France» La gloire et Ie$ conquêtes de Chariemagne avaient élevé' ce nom au-dessus de tous les autres; il se répandit dans TOrient et s'y conserve encore. II suffira donc d'avertir qu'on entend par cette dénomination les Français , les Italiens , les Anglais , les Allemands y les Danois et les peuples chrétiens d'Espagne; en un mot , que toutes les nations de l'Europe s'y trouvent coonprises , à la réserve des musulmans d'Espagne , des Grecs de Constantinople et des peuples sauvages cTu Nord, qui ne prirent jamais part aux croisades.
ji.
Arrivée des croises en Syrie. «— Prise d'Antioche,
An 490 de thipre [4097 de /. C.]. Kemal-eddin , auteur de l'Histoire d'Alep , après avoir parlé des divisions qui régnaient à cette époque entre les divers princes des villes de Syrie, ajoute qu'ils avaient fait trêve à leurs querelles particulières, et qu'ils s'étaient tous tournés contre Genah* eddaulé, prince d'Émesse, lorsque l'on commença à entendre parler de l'approche des Francs. A cette nouvelle, Baguisian, prince d'Antioche, dit : «r Je ferai mieux de retourner n à Antioche et d'y attendre les Francs, n Là-dessus les confédérés se séparèrent.
Kemal-eddin continue ainsi : « A peine Bagui-«ian fnt-tl de retour à Antioche, qu'il apprit que les Francs étaient entrés dans Belané, a peu de distance d'Antioche, et avaient mis cette ville au pillage. Il envoya aussitôt ses deux fils appeler du secours de toute part. L'un alla à Damas, à Emesse et auprès des tribus arabes qui occupaient les campagnes voisines ; le second s'adressa aux Turcomans , à Kerboga, prince de Moussoul, et aux maîtres des régions situées à l'orient de la Syrie. Tous les musulmans furent invités à prendre la défense de l'islamisme.
n Tout-à-coup une flotte chrétienne de vingt-deux vaisseaux (1), venant de Pîle de Chypre, aborda à Lfuidicée, saccagea cette ville et se remit en mer.
9 Les Francs étaient entrés en Syrie du cÂté du septen-
(l) Cette flotte' était composée de pirttes flamands.
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trion. On estîniait leur nombre à trois cent vingt mille hommes. Dès le 3 du mois de schoual [mois de septembre], ils attaquèrent Bagras et e'tendirent leurs courses sur le territoire d'Antioche. Cette ville foi bientât mcnace'e ellemême. Aussitôt les forteresses et les places voisines , habitées en grande partie par des chrétiens ^ se soulevèrent et égorgèrent les garnisons musulmanes. C'était l'effet de la mauvaise conduite de Bagui-sian et de son gouvernement f jran- DÎque. Les chrétiens arrivèrent devant Antioche le 98 du mois. «
An 491 [1098 de J, C,]. C'est toujours Kemai-eddin qui parie. « Au commencement de cette année, les Francs envojèrent un détachement de trente mille hommes pour ravager la principauté d'Alep. En ce moment, Deccac, prince de Damas , s'avançait avec le fils de Bagui-sian et les troupes de Syrie au secours d' Antioche. Il prit avec lui une partie de l'armée, et, tombant sur les Francs, il en tua un
Kand nombre. Quant au fils de Bagui-sian , il avait quitté rmée et était allé implorer le secours de Redouan , prince d'Alep. Redouan lui fournit quelaues troupes; Socman, fils d'Ortok, ancien maître de Jérusalem , j joignit les siennes. Le fils de Bagui-sian retournait avec ces renforts vers Antioche, lorsqu'il rencontra un corps de chrétiens qui, bien qu'inférieurs en nombre , le mirent en fuite et le poursuivirent jusqu'aux portes d'Alep.
• Les Arméniens qui habitaient Harem, entre Alep et Antioche, crurent l'occasion favorable pour secouer le joug des musulmans. Us vinrent même faire des courses sur le territoire d'Alep ; mais ajant été surpris par les troupes du pays, on les conduisit a Alep, où ils furent tous massacrés au nombre de plus de quinze cents.
n Les Francs, que Dieu maudisse! étant arrivés devant Antioche, avaient creusé un fossé entre eux et la ville : leur dessein était de se garantir des attaques de la garnison , qui fabait de fréquentes sorties. Bagui-sian envoya demander du secour» de tous câtés. Déjà Kerboga avait rassemblé des forces considérables et venait de passer l'Euphrate (l). Tous les princes de Syrie , si l'on excepte Redouan , allèrent le
(l) H avait avec loi , selon Aboalfarage , cent mille homines d« cavalerie.
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KnJre. Dans le nombre , en reniart|iiût Decoac, prince de imat ; Genah-^daulé , prince d'Emesse ; Socnwn , Ais d'Ortok, et Vatab, fils de Mahmoud , chef de quelques eseadrons d'Arabes nomades. L'armée musulmane se trouva rassemblée à la fin de gioamadî second [mois de mai] dans les environs d'Ai^» et se mît aussitôt en marche vers An^» tiocbe.
« II y avait dans cette ville un homme connu sons le nom de Zerrad, ou faiseur de cuirasses; on l'avait préposé à la garde de l'une des tours. Cet homme , voulant se venger de 0agui*sian , qui tui avait enlevé ses richesses , écrivit à un des chefs de l'armée chrétienne appelé Boémond ces paroles : « Je suis dans telle tour; je te livrerai Antioche, si tu 9 me promets avec la vie telle et telle chose. • Boémond souscrivit à tout; mais il se garda bien de parler de cette correspondance aux autres chefs. L'armée chrétienne était commandée par neuf chefs, à savoir : Godefroi, le comte Aaudouin son frère, Boémond, Tancrède fils de la sœur de Boémond, Rajmoad de Saint-Gilles et autres. Boémond les fit assembler et leur dit : « Si nous prenons Antioche, qui » en aura la souveraineté? 9 Là-dessus il s'éleva un vif déliât, et chacun voulut être maître de la ville. Alors H reprit : « Que chacun de nous commande le siège pendant 9 une semaine, et que la ville soit au pouvoir de celui sous » le commandement de qui elle aura été prise. 9 Tons se rangèrent de cet avis. Quand le tour de Boémond fut venu, le faiseur de cuirasses, que Dieu maudisse! fêta une corde aux soldats de ce prince. On était alors dans la nuit du
I'eudi 1**^ de regeb [commencement de juin]. Ils escdadèreat es murs ; ceux qui arrivèrent les premiers aidèrent aux autres ; et dès qu'ils furent en nombre suffisant , ils attaquèrent les sentinelles et les massacrèrent. Voili comment Boémond prit Antioche. Quand le jour parut, les Francs se disposèrent i se répandre dans la ville. Au bruit qui s'éleva, Bagui-sian s'imagina que la citadelle aussi était au pouvoir des chrétiens; il sortit aussitôt de la ville avec quelques fuyards, et courut quelque temps n'ayant plus qu'un de ses gens avec lui. II tomba de cheval; cet homme le releva; il tomba encore , cet homme l'abandonna ; un moment après un bûcheron arménien passa près de Bagui-sian , lui coupa la tête et la porta à Antioche.
9 On ne saurait décrire le nombre des musulmans qui
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souflirireat en co jour le martyre. Les Francs pillèrent la tîHo et réduisirent les musolraaas qui vivaient encore en servie tude, •
Tel est le r^it de^emal-eddin. Un autre éerivain^ appelé Ibn-giouzi, nous apprend de plus que Baguî-sian , à la novt- Telle de l'approche de Farniée musulmane , avait fait sortir tous les chrétiens d'Antioche. A en croire cet auteur, ce fut par une fenêtre grillée que les croises s'introduisirent dans la ville ; et celui qui la leur ouvrit se nommait Firouz. Baguisian , aîoute4-i| , s'enfuit précipitamment , abandonnant sa famille et ses biens; mais à peine fut-il à une certaine distance , qu'il eut du regret d'être parti si vite. Il descendit de cheval, se jeta de la poussière sur la léte, versa des larmes et se frappa la poitrine; puis il fut tué par un bûcheron arménien.
Enfin un auteur cité par Ibn-fiousi, et nommé Abou-yali, prétend quo ce furent quelques habitans d'Antioche qui,
Eour se venger des mauvais traitemens de leur prince, vrèrent une tour aux Francs à prix d'argent. Le même auteur ajoute qu'environ trois mille musulmans se retirèrent dans la citadelle et se préparèrent à s'y défendre.
Combat auprès d'Antioche. « — DéGute des MosoLnuis.
Nous allons de nouveau laisser parler Remal-eddin. « Ceendant les chefs de l'armée musulmane étaient déjà arrivés
Artah. Un de leurs détachemens surprit les Francs au pont de fer qui est sur TO route, et les tailla en pièces. Ils s'approchèrent ensuite d'Antioche ; et apprenant que la citadelle tenait encore , ils reprirent courage ; ils arrivèrent devant cette ville un mardi 6 de regeb (1). Les Francs s'y trouvèrent assiégés. En même temps, Kerboga se mit en communication avec la citadelle, et y fit entrer un de ses lieutenans pour la commander;,mais la division ne tarda pas a se mettre dans l'armée musulmane. Une haine implacable existait entre Deccac, prince de Damas, et son frère Redouao , prince d'Alep. C'est pour cela que ce dernier n'avait
(i) Cétait quelques jours feulement après que les chrétiens y étaient entrés.
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pas pris part a cette expédition. Deccac ayant découvert que KerDoga et Redoaan s'envoyaient de frequens messages , craignit pour iui-méme et se mit sur ses gardes. Dans le même temps une partie des Turcs et des Arabes se prirent de querelle; plusieurs Turcomans même se débandèrent à l'instigation de Redouan (l). On finit pourtant par se mettre d'accord , et il fut résolu qu'on viendrait s'établir dans la plaine auprès d'Antioche. Les musulmans se déployèrent devant Importe de la mer, et creusèrent un fossé entre eux et la ville. Pendant ce temps , les Francs , en proie & la disette, étaient réduits à se nourrir de cadavres et des animaux qu'ils pouvaient se procurer. Le 96 de regeb, ils sortirent en armes. Les uns étaient d'avis de les faire rentrer ; les antres proposaient de n'en laisser sortir qu'un petit nombre à-Ia-fois, afin de les tuer les uns après les autres (9). Comme oti se croyait sur de vaincre, on négligea de s'arrêter à aucune mesure. Au moment ou l'armée s'ébranla, les Turcomans y mirent le désordre , de manière qu'elle s'enfuit sans combattre. Les Francs crurent d'abord que c'était une ruse; ils s'abstinrent de poursuivre les musulmans , et cette erreur fut le salut de tous ceux à qui Dieu voulait conserver la vie. Kerboga se voyant seul avec une partie des troupes , abattit ses tentes et se dirigea du câte d'Aiep. Il n'avait péri aucun homme de marque; le carnage ne tomba quç sur des volontaires, des vdiets et des goujats de Tarmée. Mais les effets , les provisions de bouche et les bagages qu'on abandonna aux chrétiens , se montaient à des sommes immenses. Tons ceux qui dans la retraite s'écartèrent du gros d# Tarmée , furent dépouillés par les Arméniens du pays.
9 Après cette victoire , les Francs attaquèrent la citadelle et la reçurent à composition. Le commandant fut retenu dans la ville , et la garnison escortée jusqu'aux confins de la
Srincipauté d'AIep , où elle fut attaquée par les Arméniens u pays et détruite en partie. Quant à Kerboga, à son arrivée près d'AIep, il reçut de Redouan les secours qui lui étaient nécessaires et continua sa marche vers Moussoul.
(i) Aboidfëda fait meiition dT nne nouvelle circenstance : il dit qne Kerboga en nsa mal avec les émiri, et les traita ayec hantenr, ce qai lef indisposa contre lai.
(s) Soivant Abonl&rage , Kerboga les laissa tons sortir, afin » disait'ril, qa*S n*en put échapper aocnn.
Les troupes de Damas et des autres villes de Syrie rentrèrent aussi dans leurs provinces , et toute Farmee musulmane se trouva dispersée, n
Ecoutons maintenant le récit dlbn-giouzi : u Les princes musulmans, dit-il, unirent leurs forces et vinrent tous ensemble assiéger les Francs dans Antioche. A l'égard d'Afdal, premier ministre du calife d'Egypte (l)» il n'envoya aucune troupe. J'ignore pourquoi, ajoute-t-iI| car il avait de l'argent et des hommes en abondance. Les Francs se trouvant presses dans Antioche et réduits à se nourrir de feuilles d arbre, le comte de Saint-Gilles, homme adroit et plein d'artiGce, imagina la ruse suivante, de concert avec un moine. Le moine enfouit une lance dans un certain lieu ; après quoi il dit aux Francs : u J'ai vu en songe Jesus-Christ, qui m'a dit: m II y a dans tel endroit une lance sous terre; cherchez-la f m si vous la trouvez, vous serez vainqueurs; car c'est la 9 lance dont j'ai été percé. En conséquence, jeûnez pendant « trois jours , adressez à Dieu vos prières et faites des au- 9 mânes. « Au troisième jour, les Francs se rendent avec le moine au lieu désigne : ils se mettent à creuser et trouvent la lance. A cette vue , ils crient au miracle , ils jeûnent , font des aumânes , sortent contre les musulmans et les mettent en deVoute. «
Ibn-giouzî cite encore le témoignage d'Abou-yali , qui ne peut s'empêcher de s'e'tonner que des hommes réduits à la dernière extrémité eussent défait les musulmans , réunis en nombre infini, et soutenus de toutes les ressources possibles.
Aboulfarage a également dit quelques mots sur l'étonnante victoire remportée par les croisés , avec cette diflTérence
Îu'il Pattribu^ non à la découverte d'une lance , mais à celle u'bfUon qui servait i l'apotre S. Pierre (9).
(i) L'auteur donne k Afdal le titre d'émir algioiousch (J'ji^ Jt^U •Q chef de» armëes ; c'est le titre qu'Albert d'Aix a écrit par cormption merauis.
(f ) Telle eat la version d* Aboulfarage dam sa Chronique arabe ; dans sa Chronique syriaque, au contraire , il n'est pins question de bâton, mais de» clous qui servirent à crucifier Jésus-Christ. Ces deux versions peuvent être également vraies. Les auteurs latins rapportent qu'après le succès prodigieux de la découverte de la lance, il y eut une foole d'autres découvertes du même genre.
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