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MoQvemeiit ^énêrul en Occident. — > Troisième oroÎM^^-' .
Ans 583 , 5 84 et 585 [ H 87, fi 88 et H 89 de J. C.J. Nous laisserons parler Ibn alatir : « Après la bataille de Tftéfîade »
Îuand les chrétiens de la Palestine se virent sans ressources, s écrivirent à leurs frères d'Occident, en Espagne (l), en Sicile, &c. Aussitôt il se fit une prédication générale : des moines, des prêtres, des chevaliers et antres personnes de marque, parcoururent les pays d'Occident, habillés de' noir en signe de deuil , à cause de la perte de Jérusalem , et ayant à leur tête le patriarche de la ville sainte ; ib exhortaient les chrétiens à prendre les armes et à'marcher à la délivrance
(i) Par le mot Espagne , yj jôVt > l«s Arabes entendent non*seaferoent TEspagne , mais ritalie et ia France. Voyez un exemple du même genre dbiDsics Annales d'Abonife'da , t. V, p. 145.
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de Jérusalem. Pour les totioher davantage, ils avaient représente sur un tableau le-Christ flageiié par un Arabe et ayant la figure ensanglantée , et ils s'en aifaûent montrant par-tout ; ce tableau , et disant : « Vt>ilà le Christ que Mahomet, prophète 9 des musulmans, a frappé, blesse et tué. »» A ce spectacle, tous les Francs s'assemblèrent en armes ; les femmes mêmes
f>rîrent part à ce mouvement; car, dans cette guerre, les (immes se battirent comme les hommes. Ceux qui ne purent quitter leurs foyers, envoyèrent des mercenaires à leur place, ou du moins s'imposèrent à eux-méines une taxe, chacun Selon ses moyens. Bientât on vit arriver len Syrie un nombre infini de guerriers. Je tiens d'un musulman qui avait pris I du service chez les Francs , que courant la mer à cette même époque ^ur un navire chrétien , de compagnie avec trois autres bâtimens de la même nation , il était allé jusqu'à Rome la Grande, et qu'à son départ les quatre navires se trouvèrent remplis de pèlerins. Je tiens aussi d'un prisonnier chrétien que, lorsqu'il quitta son pays, sa mère n'avait pas d'antre
(enfant que lui , et qu'elle avait vendu sa maison , formant son unique bien, pour le mettre en état de marcher à la delivrailce de Jérusalem. Ainsi les Francs faisaient le sacrifice de leurs biens pour la défense de leur foi et le salut de leur ame. n
Boha-eddin fait mention d'une nouvelle circonstance. II dit (l) que le marquis de Tyr, voulant frapper l'imagination des chrétiens d'Occident, avait fait faire un plan de Jérusalepi , au milieu duquel dominait l'égUs^e du Saint-Sépulcre. Il . cji.oisili , ajoute l'auteur, cette église, parce que là, à ce que disent les chrétiens, est le tombeau du Messie, et qu'il y* fut enterré' après son crucifiement. C'est ce lieu que les chirétiens viennent visiter en pèlerinage; c'est là qu'ils prétendent que se manifeste tous les ans léféu du ciel (9). Le marquis fit représenter au-dessus du sépulcre du Messia un cheval monté par un cavalier musulman . lequel couvrait le tombeau d'ordures. Ce tableau tyii pprtç en Occident et ; exposé à tous les regards, dans les marchés çtdans les lieux i publics : les prêtres le promenaient par-tout , marchant la tête découverte, revêtus du eilice, et criant : Malheur! malheur
(i) Voyez la page 135 du texte imprime, (s) An samedi saint.
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à nous / A ce spectacle, une multitude innombrable de peuple prit les armes (i).
Ce fut au point que Sidadîn . se crut oblige dVcrire «ne lettre au oalîfe de Bagdad. Cette lettre nous a été conservée par le compilateur des Deux Jardins. II y est dit que les chrétiens qui abandonnaient ainsi leurs foyers, n'étaient pas des Jens isolés V nab formaient la presque totalité des Francs 'outre-mer et des guerriers de t infidélité; qu'il n'y avait pos en Occident de cité, de ville, dlle, de hameau, grand ou petit, qui n'eut contribué pour sa part à l'armement de quelque vaisseau. On lit encore dans la lettre que ce n'était pas seulement le peuple qui avait pris les armes ; que les evéques et les patriarches avaient suivi le mouvement général : tout cela, y est-il dit, parce qu'on leur avait faîs accroire que leurs frères de la Palestine étaient victimes de la tyrannie des musulmans y et que, pour obtenir la rémission de leurs péchés et de toute espèce de fautes , il n'y avait pas de plus sur moyen que de tout quitter pour aller combattre Pisiamisme.
Ibn-alatir reprend ainsi : u Les chrétiens d'Ocoident se mirent donc en marche des régions les plus éloignées , et se rendirent à Tyr par mer et par terre; ils vinrent par les chemins faciles comme par les chemins difficiles. Les Allemands mêmes prirent part a c^tte guerre; et si Dieu, par un efièt de sa bonté pour nous, n'eut fait périr l'empereur des Allemands au moment où il allait pénétrer en Syrie, on eut pu dire plus tard, de la Bjtie et de l'Egypte : Ici régnèrent jadis les musulmans! , If
Td est le tableau de l'effet extraordinaire que la perte de Jérusalem produisit sur les chrétiens d'Europe; si on le compare au récit des auteurs latins, on verra qu'il n'est pas exagéré. Ibn-alatir reprend ensuite : y Quand cette multitude fut arrivée à Tyr, la ville ne fut pas assez grande pour la contenir ; les flots de cette mer furieuse s'y choquaient avec un horrible fracas. Les chrétiens , résolus à prendre l'offensive , essayèrent d'abord de marcher sur Sidon, et furent repoussés; mais
(i) Bohft-eddin remarque à ce sa jet que rien ne fait plus d'iinprassîon sur Tesprit des chrétiens que la vue des images. Il n*est pas étonnant que ce fait Tait beaocoup frappé» loi qni, comme musulman, ne devait voir qn^avec horreur toute reprc'sentation bumainç.
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leur nombre augmentant toujours , ils aOèrent attaquer Acre. Dans ce dessein , ils partirent, cavalerie et infanterie , grancb et petits , en suivant les bords de la mer, afin d'être toujours à portée de leur flotte. A cette nouvelle, Saladin, qui était toujours devant Schakîf , se hâta d'assembler ses ëmirs pour savoir ce qu'il fallait faire (1). Les e'mirs furent d'avis de laisser passer les chrétiens , et d'aller Tes attendre par un autre ekemin, devant Acre, persuades qu'ib les attaqueraient alors avec plus d'avantage. A cet avis Saladin reconnut me ses émirs étaient lassés de combattre. Pour lui , il eut preYeré harceler les Francs dans leur marche , persuade' qu'une fois
Sii'îls seraient établis devant Acre, rien ne pourrait les en oîgner. Ses émirs s'y refusant, il condescendit à leur désir et prit une route détournée (9); mais les Francs arrivèrent avant lui. En chemin ils n'avaient rencontré que quelques troupes musulmanes en petit nombre , et pourtant ik n'osèrent se mesurer avec elles. N'est-il pas évident que si Ton avait suivi le conseil de Saladin , on les eut mis dans l'impossibilité d'avancer? Mais quand Dieu veut une chose, il en prépare les causes, n
Les Francs, au rapport de Boha-eddin, témoin oculaire, H arrivèrent devant Acre le 1 9 de régeb [dans le mois d'%oi|t]y et Saladin arriva quelques jours après. Uarmée chrétienne était encore assez faible , et elle ne put occuper tcrat le circuit de la ville. Saladin profita de ce moment pour introduire dans (a place des troupes et des provisions. Il avait pris position sur la colline de Krsan , en face de la viHe , appuyant sa gauche au fleuve qui baigne la campage (3), et sa droite à la colline d'Aîadia , de manière à entourer l'armée chrétienne. De leur c6té, les Francs environnaient la ville, et avaient dressé le pavillon de leur roi sur la colline des MossalUns
(i) SaivsDt Bohft-eddin» Sftiadin ne pouvant croire aux forces inonies des chrétiens , s*imagina qne Fattaqne d'Acre n*ëtait qn'ane feinte pour Tobliger à lever le siège de Scbakif.
(s) Il ne laissa devant Scbakif qnnne division de son armée ponr bloquer cette forteresse; elle résista encore quelque temps , puis se rendit , et Renaud fut mis en liberté.
(s) Cest le Bélus des anciens, rivière autrefois fameuse par fa propriété qu'avaient ses sables de se convertir en verre. Boha-eddin et le compilateur des Deux Jardins rappellent Nakr-mlhuUm on rivière d*eau douce.
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OU des Prians (1), en face de la porte d'Acre. lis n'étaient encore que deux nûlie cavaliers et trente miUe fantassins; mais sans cesse il leur Tenait des secours par mer. II ne se passait pas de }oor sans quelque petit combat, et les musulmans couraient à Faction comme Us papillons voltigent autour de la lumih'e. Le sultan crut devoir modérer leur zèle , attendant qu'ils fussent en nombre suflisant pour frapper un grand coup. Les troupes musulmanes arrivaient successivement des provinces. Il en venait de la Mésopotamie et de tous les pays. Le premier prince qui arriva fut Modaffer-eddin , souverain de Haran et d'Edesse; vint ensuite Taki-eddin, prince de Hamah et neveu du sultan. De'jà la ville était cernée du câte de la mer par la flotte chrétienne qui avait pris position à l'entrée du port, et qui, suivant l'expression d'Emad-eddin , présentait par son aspect l'apparence d'une vaste forêt. Il ne restait plus qu'à cerner la ville du coté de terre ; cette entreprise eut lieu vers la fin du mois de régeb , •t ce fut alors que commença véritablement le siège d'Acre.
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Commencement du siëge de Sunt-Jean-drAcre on Pcolémaîf.
Suite de Fannie 585 [septembre 1189 de J. C.J. Le siège de la ville de SaintJean-d'Acre, ou d'Acre, comme l'appellent les Arabes , est sans contredit un des plus grands évenemens du moyen âge. Les Arabes sont entrés à cet égard dans des détails sans nombre : nous nous sommes attachés de préfé- , rence a ce qui méritait d'être connu , faisant observer avec Ibn-alatir qu il « se passa à ce siège un grand nombre d'événemens , les uns plus grands, les autres plus petits ; qu'il y eut des journées très-dignes de mémoire, d'autres qui le furent moins ; et qu'il était plus sage de se borner aux affaires principales. 9
On lit dans Emad-eddin que , lorsque le siège commença , les musulmans travaillaient depuis deux ans à fortifier la place. «Deux ans auparavant, dit-il, lorsque Saladin s'em-
(t) Émad-eddin nomme cfttie colline Mossallaba; c'est la mémr que les autenra chrétiens appellent colline de Thuron, ■
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para d'Acre , plusieurs émirs iui conseillèrent de raser cette * ville et d'en eflfacer jusqu'au moindre vestige, prétendant que, tant qu'elle serait debout , les chrétien96eraient tentes de venir ia reprendre. Saladin inclina un moment à cet avis : mais d'autres pensèrent qu'il serait fâcheux de détruire une ville si grande et si belle , et qu'il suffirait de l'entourer de bonnes fortifications. Siedadin fit venir d'£gypf!e l'emir Bohar eddin Caracousch, qui avait construit les murs du Caire, et qui passait pour très-expert dans la bâtisse. Caracouscb eut à sa disposition un grand nombre de prisonniers chrétiens; il fit venir d'Egvpte les machines dont il avait besoin. Les murs furent repares , les tours releve'es et ia ville entourée de for-, tifications redoutables. Lorsque le siège commença, Caracousch était encore dans la ville et il y resta jusqu'à fa fin. 9
Les chrétiens etaiit parvenus à cerner toute la ville , Sidadin, au rapport d*e Boha-eddin , se mit en devoir de rétablir ses communications. « L'attaque fut fixée au lendemain vendredi, l**^ de schaban , à l'heure de la prière publique. Les émirs voulurent que ce fut un jour de vendredi, pendant que les katibs ou pre'dicateurs seraient en chaire, persuades qu'une heure si sainte leur porterait bonheur ; mais tous les efforts des musulmans furent vains (I). La nuit sépara les combattans : les deux armées passèrent cette nuit sous les armes, et le combat recommença le lendemain. On se battit jusqu a midi sans que la victoire se décidât. Enfin l'aile droite musulmane , commandée par Taki-eddin , faisant un dernier effort, se précipita sur les chrétiens vers le nord de la ville, près du bord de la mer : c'était l'endroit que les Francs avaient occupe en dernier lieu, et où ils n'avaient pas encore eu le j temps de se retrancher. Tali-eddin les enfonça et s'ouvrit un (passage jusqu'à la ville. Dès ce moment, les communications
(1) £mad-€ddiii observe qne les ëmirs avaient choisi à dessein f instant ou les musulmans prient Dieu à ia mosquée , dans Fespoir qu*en attaquant les chrétiens à une heure si sainte, et tandis que toutes les bouches musulmanes étaient occn|iées à louer Dieu, ils ne pouTaient manquer d'avoir le Seigneur pour eux. Cependant, ajoute-t-ii, les musulmans émoussèrent* leurs épées sans pouvoir rompre les rangs ennemis. L*armée chrétienne était si serrée , qu'on ne put jamais Tentamer. On eût pris les chrétiens pour on roc escarpé, que rien ne peut abattre. Quand il en tombait un, un antre prenait sa place.
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furent rétablies. Le sultan se hâta d'introduire de nouvelles forces dans la ville. II j entra- lui-oiâine et courut sur les remparts pour considérer Tarm^'e chre'tienne. J'y montai aussi , ajoute Fauteur , et j'eus le bonheur, de lancer quelques traits aux chrétiens. La garnison avait de son câté fait une sortie , et chassé les chrétiens devant èl{e. Cette journée eut été décisive, si nos guerriers avaient continué le con^bat; malheureusementi lorsqu'ils virent les communications rétablies, ik crurent avoir assez fait et ib allèrent se reposer. L'attaque fut renvoyée au kn demain; mais dans I!intervaIIe les chreV tiens reprirent courage, et il devint impossible de les éloigner. A regard du sultan , il montra toujours, la même ardeur : semblable à une lionne qui a perdu ses pcéts, il était dans une agitation continuelle. Je tiens de son médecin qu'il passa tout l'intervalle du vendredi au dimanche sans presque prendre de nourriture, ^i
Émad-eddin raconte aussi que , sans la retraite de Farmée musulmane, les chrétiens étaient perdus, u Leur position , ditil, était désespérée, et ils se seraient retirés s'ils avaient pu. Nos émirs disaient : «r Ah ! sans doute nous en aurons bon 9 marché ; voilà que leur feu s'est éteint. Nous les prendrons 9 quand nous voudrons ; allons d'abord faire boire nos cfaen vaux ; nous reviendrons ensuite pour les détruire entièren ment. » Ds se retirèrent dans cette espérance, comptant se réunir bientôt, et ils envoyèrent les chameaux aux pâturages. Sur ces entrefaites , l'ennemi reprit courage : menacé devant et derrière, il ne vit plus de salut que dans sa bravoure; il s'entoura de nouveaux fossés; il rassembla ce qui était dispersé; il réunit ses guerriers armés de l'arc et de la lance; tous se rangèrent autour du camp, fermes comme un mur et se couvrant de leurs boucliers. Aussi le lendemain, ajoute l'auteur, quand l'armée musulmane s'avança pour renouveler le combat, elle trouva les chrétiens dans une siituation inexpugnable.
Dans le temps qui suivit, on se borna à des surprises et à des escarmouches. Cest ainsi qu'un jour quelques Arabes au service de Saladin , s'étant mis en embuscade , surprirent un détachement chrétien qui était allé faire du bois et le taillèrent en pièces : ces Arabes ayant porté les têtes des morte à Saladin, ce prince, pour les encourager, leur. donna des chevaux et les honora de riches présens. II ne se passait pas de jour sans quielquc petit combat ; leM chrétiens avaient
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à se défendre, à4ii-foi8 contre la garnison et contre Parmée mnsalmane. Ernad-eddin rapporte qae d'ordinaire Saladîn dirigeait en personne ces entreprises, «r Layeiile , dit-il , il se préparait ponr le lendemain , et son zèle ne se ndentissaît pas ; car fœil vigilant dwient joyeux dans le service deDieu , et le trapaïld'un seul jour est un triàorpour le dernier jour, » Cest vers cette époque qn'ent lieo un fait rapporté par Boha-eddin , lequel le cite comme une chose fort étrange : « Comme, dit-il, on s'attaquait sans cesse de part et d'autre, les chrétiens et les musulmans avaient fini par se rapprocher, par se connaître, et par lier conversation entre eux : quand on était fatigué, on quittait ses armes et l'on se m^ lait ensemble; on chantait, on dansait, on se livrait à la foie; en un mot, les deux partis devenaient amis, jusqu'à ce qu'un moment après la guerre se renov^veiât. Un jour qu'après avoir long-temps combattu, les deux partis cherchaient k se distraire de leurs fatigues , un chrétien dit aux soldats de la garnison : « Jusques à quand les grands se bat- « tront-ilsT que ne faisons-nous battre aussi les petits? Allons , « mettons vos enfans aux mains avec les nôtres. 9 La-dessus , il sortit de la ville plusieurs enfans musulmans; les chrétiens amenèrent les leurs, et le combat commença. Ces enfans se battirent avec le plus grand courage. Un enfant musulman entre autres , saisissant son antagoniste de toutes ses forées , l'enleva déterré et le terrassa. Or , chose singulière, le vaincu fut considéré comme prisonnier, et ses parens donnèrent deux pièces d'or pour le racheter. En vain le vainqueur faisait des difficultés pour les recevoir ; on lui dit que le vaincu était son prisonnier, et il prit l'argent. 9
De son câté, Emad-eddin raconte qu'un cheval de prix qui était sur un navire chrétieiî venu d Occident, fut à peine arrivé a la vue d'Acre , qu'il sauta dans la mer et entra à la nage dans le port, d'où il fut envoyé à Sidadin. Emad-eddin cite ce trait comme un événement de très-bon augure.
Mais un fait plus intéressant, et qui nous montre a quel degré d'exaltation étaient parvenus le courage et le zèle religieux des musulmans , c'est ce que rapporte le même Émadeddin : « Vers ce temps-là, dit-il, un brave émir de l'armée, j appelé Téman , et prince de Racca sur l'Euphrate , étant \ tombé malade, ce qui Tailligea le plus , ce fut de ne pouvoir ''plus servir l'islamisme; cette idée lui causa une tristesse morlelle , et il regretta de n*âtre pas mort martyr. Dans sa
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dottleuTyii dît à ceux qui reotouraîent : a Qu*on m'amène mon v cheval de bataiik; que je prenne encore ane fois part à Pac- 9 tion , et que je neure martjr ; |e veux combattre jusqu'à la 9 mort Que mon sort est à plaindre ! que |e suis malheureux » de mourir dans mon lit , moi qui ai toujours ete inacces- 9 sible a la crainte , moi dont le couraj^e e'tait connu de tous ! « L'auteur arabe ajoute que Teman mourut quelques jours après y et que Dieu le reçut au paradis; mais il ne dit pas s'il mourut de mort naturelle ou de la main des chrétiens.