‹ Bibliothèque des croisades (volume 3)Chapitre 4 sur 55 · S TV · texte numérisé non relu

S TV

Suite d« la première etoisMla.

Les chronitiues arabes , très-defectueases pour les eWnemens qui précèdent | le sont encore plus pour oeilJi qui suivent; il suffira donc d'en offinr une coarte anidjse.

An 493 [i099] et années suivantes , Telle était, selon Kemal-eddin^y Is^ terreur qu'avaient inspirée les succès des Francs , que le prince d'AIep , nomme Redouan , craignant une invasion de leur part, fit enlever les récoltes d'une partie de ses sujets. Le pays JFui bientôt en proie & la famine , et la terre resta sans culture. Dieu susoita vers le même temps une epideidie qui fit des ravages , sur-tout parmi les Arabes de la oon^^e* Pour comble de maux , Redouail ^ aj4|nt voulu tecouvrcr les villes qu'il avait perdues, fut battu , et les clu*etieds s^emparèretid de toute la partie de sa principauté qui avciisînait Antîoche, Les Francs vinrent même former le siège d'Alep; à leur tête se trouvaient Boemond et Tan^ède s ils ne furent éloignes que par ià nouvelle d'une irruption faite par lès Turcomans sur les terres possédées par les ohreUens vers le nord de la Syrie.

La ville de Malatia, ou de Me'ùtène, appartenait à cette époque à un prince arménien appelé Grâbrrel. Ce- prince, ayant été attaqué, par un ohef des Turcomans nommé Kemeschtekin (l) , implora le secours des croisés. On lîl 4aDs Ibn-alatir, que Boémond accourut avec cinq mille bommes. Le combat s'engagea dans le territoire de Marasch ; mais les chrétiens furent vaincus et Boémond fait prisonnier.

En ce momettt, de nouvelles armées de croisés traversaient l'Asie mineure pour se rendre en Syrie. Ibn-alatir

létii.iilA Mii.-w »■■ M«— ».^M^r

(i) Ce chef ^it fils â*nn hotame qui avarit ^té maître ^Vcolc chez IctTorcoaiaiis , et <)ai avait reça de lU'fe titre persan de danùchmend •a docteor. Le fils fut appelé en eonsc'queflct; le fils du docteur^ Ibndmiflchmend , mats dont ies fl^ntetrrsi cHri'tlens ont fai( par corruption Dooimfui.

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rapporte que sept comtes francs s'avancèrent poar délivrer Boemond. Ils se rendirent à un château où commandait le fils de Kemeschtekin et l'y assiégèrent. Kemeschtekin arriva sur ces entrefaites et leur livra combat Pendant qu'on en était aux mains, quelques troupes qu'il avait placées en embuscade, tombèrent sur les chrétiens. II en peVit, suivant l'auteur, trois cent mille, et i\ ne s'en sauva que trois mille, qui étaient blesses et qui profitèrent des ténèbres de la nuit Après ce succès, Kemeschtekin se rendit maître de Mala* tia (l). Ibn-alatir fait encore mention d'un corps de trois cent mille chrétiens qui était commande' par le comte de Saint-Gilles , et qui fut battu par Kiiig-arsian , sultan dlcone. A l'en croire, le comte ne se sauvaf qu'avec trois cents hommes.

Pendant que ces evenemens se passaient au nord de la Syrie, les chrétiens s'emparaient de Cfufa, dans le voisinage d'Acre, de Cesare'e, d'Arsouf et d'autres villes. Ils voulurent entrer également dans Gible, située sur !a côte, au nord de Tripoli; mais, suivant Ibn-aiatir , celui qui y remplissait les fonctions de oadi et qui exerçait toute l'autorité, «ut recours à l'artifice suivant. Par ses ordres , les chrétiens de la ville écrivirent aux Francs pour offrir de leur livrer une tour qu'il désigna. Les Francs envoyèrent trois cents de leurs guerriers. Les chrétiens montèrent l'un après l'autre à l'aide de cordes; mais, arrivés sur le rempart, ils trouvèrent, au lieu d'amis, le cadi, qui, à mesure qu'ils paraissaient, leur faisait couper la tète. Néanmoins , comme les Francs revinrent plusieurs fois à la charge , le cadi se retira avec ses .richesses à Bagdad, et les habitans se donnèrent au. prince de Tripoli.

Les Francs s'étaient emparés d'Edesse, sur Pinvitatioii des Arméniens qui composaient presque toute la population de la ville. Cette année, ils se rendirent maîtres de la ville de Saroug, située dans le voisinage, et en ce moment possédée par Sokman, fils d'Ortok, qui, au milieu du désordre

(i) Si Ton en croit Abonifamge dam sa Chronique syriaque, le prince de Malatia , après avoir appelé les chrétiens , les avait trahis, d*accord en cela avec d'autres princes arméniens du voisinage , et ainsi il avait été cause de sa propre ruine. Le récit d'Aboulfarage se trouve démenti par celui de Guillaume de Tyr et d'Albert d*Aix. Voyes aussi le témoignage de Mathieu d'Édesse.

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général I était parTenn à se former ane principauté en Mésopotamie.

Sur ces entrefaites, Grodefroi , roi de Jérusdiem, mourut Ibn-alatîr dit, par erreur, qu'il avait été atteint d'une flèche en aUant attaquer la ville d'Acre. Baudouin, son frère, comte d'Edesse, qui lui succéda, ne tarda pas à remporter une Tictoire sur les troupes d'Egypte : l'action eut lieu entre Jaffa et Ramla. Les Égyptiens étaient commandés par un chef nommé Saad-eddaulé. Les astrologues avaient prédit à Saadeddaulé qu'il mourrait d'une chute, c'est-à-dire, d'une chute de cheval. Nommé plus tard gouverneur de Beryte, dont le terroir est pierreux, il avait fait enlever les pierres de peur d'une chute; mais, dit l'auteur, cette précaution ne servit de rien contre le décret de Dieu. Dans le combat dont nous parlons , Saad-eddaulé tomba dans sa fuite avec son cheval et se tua (1).

An 495 [1102]. Cette année , au rapport dlbn-alatir, le <H>mte de Saint-Gilles, qui n'avait pu se sauver qu'avec tjp6is cents hommes dans sa marche à travers l'Asie mineure , fut attaqué à son passage devant Tripoli par Jes troupes de cette TÎUe, ainsi que par celles de Damas et d'Emesse. Saint-Gilles opposa cent de ses soldats aux Tripolitains , cent aux guerriers de Damas et cinquante à ceux d'Emesse ; il ne garda avec lui que les cinquante autres. Les troupes d'Emesse plièrent d'abord; celles de Damas firent de même ; restaient encore les Tripolitains, qui se défendaient avec courage. Le comte de Saint- Gilles se précipite sur eux avec tout son monde et en tue sept mille. Alprs il tenta de faire le siège de Tripoli. Les habitans des montagnes voisines et les paysans , qni étaient presque tous chrétiens , vinrent se joindre à lui. Mais bientôt il se contenta d'une somme d'argent et de quelques chevaux que. lui donna Je prince de Tripoli , et se porta vers Tortose, qui ouvrit ses portes.

Vers le même temps, Boémoi>d recouvra la liberté, moyennant cent raille pièces d'or, et la délivrance de la fille de Bagui-sian, ancien prince d' A ntioche, laquelle était toujours retenue captive eatre . les mains àts chrétiens.

(l) Sur Ut opinions astrologiques des Orientaux , on peut consulter notre Descrijiûon des Monumens tausulmans du cabinet de ilf. ie duc de Blaeus, U 11 , p. 366 et suiv.

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La préberîcé de Boémond rendît le courage aux chrétiens d'Antîoche.

Ce qui favorisait sur-tout iés chrétiens , c'est Pesprit de désunion qui régnait parmi les musulmans. Cette année, Genah-eddauié, prince d'Ëmesse, qui, suivant la remarque d*Ibn-giouzi , était brave et zélé pour la cause de ilslamisme, fut poignardé un vendredi , en allant à la mosquée, par trois baténiens ou assassins déguisés en derviches. Kemal-eddin rapporte que Redouan , avec lequel Genah-eddauié avait été long-temps en guerre, et qui protégeait ouvertement les baténiens , fut soupçonné d'avoir machiné sa mort

Les ennemis les plus redoutables pour les Francs étaient les souverains de l'Egypte. Afdal, visir du cdlife, envoya une nouvelle armée en Sjrîe pour venger les échecs préoédens. L'armée était commandée par son fils. Les denx partis en vinrent aux mains aux environs de Ramia. Les chrétiens ayant été battus, Baudouin se cacha au milieu des broussailles et se retira ensuite dans Ramia (l). Le fib d'Âfdal s'avança jusqu'à un château voisin , ou s'étaient enfermés sept cents chrétiens, et s'en empara. Quatre cents chrétiens furent mis à mort; les autres envoyés en Egypte. Le fils d'Afdal forma alors la résolution d'aller attaquer Jérusalem^ ou du moins Jaffa. Mais pendant qu'il délibérait, il arriva par mer une grande multitude de pèlerins. chrétiens qui venaient pour visiter Jérusalem. Baudouin les engagea à se joindre à lui. Le (ils d'Afdal^ retourna alors en Egypte. En vain le père envoya un nouveau détachement de trois 'mille hommes de cavalerie; en vain il fit partir une flotte qui vint jeter l'ancre devant JafFâ : les dissensions qui s'âevèrent parmi les chefs rendirent cette expédition inutile.

En ce moment, d'après la remarque d'H>n-aIatir et de Kemal-eddin , les Francs étaient en possession de Jérusalem et de toute la Palestine, à l'exception d'Ascalon; en Çhénicie, il ne leur manquait plus que Tyr et Tripoli; du câté cTAntioche , ils s'avançaient jusque sur les terres de la principauté d'AIep , et Redouan leur payait un tribut annuel de sept mille pièces^ d'or et de dix chevaux; en Mésopotamie, ils occupaient Edesse et Saroug.

(i) Si Ton en croit Ibn-grouii , les mosiiIiiiaDs avaient mis le feu aux bfotiflsatlles , et Baudouin en sortit à moitié -brâle'.

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Suite du même sujet. — Entrée des chrcfiens dans Tripoli.

An 497 [H04]. Cette aaoee, ieç Francs essajèrent de prendre Hai^an, en Mésopotamie, qui était alors en proie à des dîvisioqhS intestines. Cet ^'veoemeot est ainsi racoivte .paj* Ib^-alatir. « JBnoémond , prince d'Api^Pcbe , Tanor^e et Baudouin , comte dlÊdesse, maroh^r^^t contre Haraii a«èc leupcs Iroupi^. A cette i¥>aveUey<80oman, fils d'Ojrtok ^ prÂac^ de Maridin^dans le Foisinage^ et Gek^n;pis(çh»,i|.Mi,.4Qpi|i^ deux ans, avait succ^tfde à Kqrboga ; dans Ja prim^ipuut^ '4^ MoOssoul, firent trêve h leurS' querellée particulier^. et,.jur rèr^at d'agir deconcert fpiour Ja causp de Dieu. Socmai^'ai^ avec lui sept mille cayaliêrs tiarconuM^, et G^kcycaii^ch troi/i ilàille cavaliers turcs ^ ourde» et ^airabesi. 11$ fi'avanqçrent^ntre farinée chretierine, et campcr/çntfur les bords du, 3alikb, oou loin deTËU^brace. Lbs dctt:( armées' en etas^t ▼£nue3 aux liiaios^les musulmans feîjinireùt d'abcrd de preudreffbfuke f^t se laissèrent poursuivre jusqu'à UAc certaiue dîM^T^ce^ Mh^ laiaaat -tout d'un Coup volte-facç, il$ tuèrent. Iqs db^^tiens )qaa»fiie ib Toului^ent. Ceux-ci étaient alors fort «joignes ^ leurs bagogies ; ies Turcomaus se portèrent de ce cpte et les prirent sani: résistance. Pendant ce temps ^^opoiond et TAucrèda se: tenaient à Tecarty sur le revers d'uja^ montagne i pour attuquer. les musulmans par iderrièrC) lorsque Je oorobat. serait écbaufië. duand ils virent leur armq^ defaite et les bagages .pcis, ils demeurèrent à i(i .m^fpcpfece, et attendirent jusqu'à .la nuit pour prendre la fuite ;'9iiais en iuya^t^ ils furentpcUf suivis par les Turcumuas ( les m^iue^ ;qui avaieàtndejà pris les baga^ de i'fltrmée .clu|étiei|ne } , let ne se^auvèrenft qu'Avec six cavidiers' seu|i9me.nt.; I^is jks alitrea fdireot tuesotufaits prisonniers^JLesTuccoiUfips prireut 4aâfu6 Qatidci|atn.,^èt.Ia'OOuduistf!eat àilalieftte de Si>cman, leur chef, qui était aussi en ce moment à la poursuite de feiNiieuil^

« Quand les soldatii de Gekermisch furent de retour, et quWjse virent le» laain» vides, .taadis-que les Turf?qiniins tu^^ieot fail* ttif riche; butin , îk, dir^t & leur chef : «De «iqfaeHerépyatatiou aUttOS-noua jouir auprès, des uâtre^'.et

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V des Tnrcomans, si ceax-cî ont tout le butin? « Gekermisch se laissa persuader, et, pour avoir sa part du butin, il alla enlever Baudouin de la tente où il était prisonnier. Socman , à son retour, fut très-irrîte de cette violence. Ses gens voulaient courir aux armes ; il les en empêcha et leur dit : « Les musulmans ne goûteraient pas toute' la joie qu'ils y» doivent avoir de notre victoire, s'ils apprenaient qu'il 9 s'est e1evc des dissensions parmi nous. J'aime mieux re- 9 tenir ma colère , que d'exposer l'islamisme aux insultes yf des chrétiens. « En même temps ^ il fit apporter les armes et les étendards des Francs ; il fit revêtir leurs habits à ses troupes, et se porta en toute hâte vers le château de Schihan , vers le comte d'Ëdesse. La garnison crut d'abord que c'e^ taient les chrétiens qui revenaient vainqueurs ; elle sortit à leur rencontre, et fut massacrée. Pendant ce temps, Gekermisch e'tait allé s'emparer de Haran , et de là s'était porte vers Edesse. Il assiégea quinze jours cette ville et revint enfin à Moussoul, emmenant avec lui le comte Baudouin prisonnier. Ce comte se racheta plus tard, au prix de trente^ cinq mille pièces d'or , et donna la liberté à cent soixante prisonniers m\isulmans. II périt en tout près de douze mille chrétiens dans cette expédition. »

Avant d'aller plus loin, nous devons insister de nouveau sur l'état de défectuosité où nous sont parvenues fa plupart des chroniques arabes. L'époque dont nous traitons ici est stérile en evénemens importans. Quel moyen de donner à de petits faits l'intérêt qui leur manque? Le peu qu'en rapportent les auteurs arabes est si incomplet et si oomuS', qu'on a le plus souvent beaucoup de peine a savoir ce qu'ik. veulent dire. En général, nous relèverons de préférence les faits de quelque importance, soit en eux-mêmes, soit par les rapports qu'ils ont avec le récit des auteurs chrétiens. Seulement, nous ferons observer que, comme les auteurs que nous allons mettre à contribution n'ont pas par-tout eu soin de marquer les années, il ne nous a pas toujours été possible de fixer les dates. Nous allons laisser parier Kemai» eddin.

« La même année , quand Redouan apprit la diffahe de l'armée chrétienne au-delà de l'Euphrate, il envoya aux musulmans qui habitaient les villes de ia principauté a Alep, occupées par ies Francs , l'ordre d'égorger les chrétiens; oe qui fut exécuté. C'est ainsi qu'il rentra dans ses anciennes

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possessions. On n'épargna que ceux qui ne firent pas de résistance, qu'on emmena à Alep» charges de chaînes. La tranquillité se rétablit dans le pajs , et les musulmans y à qui la crainte avait fait prendre la fuite j retournèrent dans leurs foyers. Redouan poussa même ses courses jusqu'aux portes d'Antioche. Boemond n'e'tant pas en e'tat de s'y défendre, à cause du desastre de Haran, se détermina ù* aller chercher du secours dans son pays , et laissa Tancrède pour gouverner Antioche. Tancrède était déjà chargé de la défense du comté d'Ëdesse , en l'absence de Baudouin , qui était toujours prisonnier. «

An 498 [H 05]. Kemal-eddin ajoute que les Arméniens de la ville d'Artsdi , dans la principauté d'Antioche , lassés du joug des Francs , se révoltèrent cette année, et se don^ nèrent à Redouan. Tancrède » instruit de cette rébellion , accourut pour reprendre Artah ; il battit Rcdonan , puis il s'avança contre Alep , mettant tout à feu et à sang.

La même année, au rapport d'Ibn-moyassar , tandis que ces événemens se passaient au nord de la Syrie, Afdal, visir d'Egypte, prit à sa solde un grand nombre d'Arabes et envoya en Syrie une nouvelle armée commandée jmu* son fils. II avait* écrit à Togdekin , qui, depuis la mort de Deecac , et pendant ue son fils était encore en bas âge , était atabec ou régent e la principauté de Damas , pour lui proposer de s'unir ensemble contre les Francs. Togdekin était alors occupé à ' soumettre un de ses émirs, qui entretenait des intelligences arec les chrétiens. Il se contenta d'envoyer quelques troupes an secours de l'armée égyptienne. L'action eut lieu entre Ascalon et Jaflfa. Les musulmans furent défaits et le commandant d'Ascalon fut tué.

An 499 [1106], A cette époque la Syrie était en proie à de violentes divisions , et plusieurs des chefs qui y commandaient se livraient à leurs passions tyranniques. On lit dans Kemal-eddin, sous la date de cette année, qu'un certain Ralaf, commandant d'Apamée, devenu odieux à tout le monde par ses brigandages , fut tué par des baténiens ou assassins. La mort de Kalaf avait été machinée par quelques habitans d^Apamée, entre autres par un baténien de la ville , appelé Abou-taher. A la nouvelle de ce meurtre, Tancrède s'avança contre Apamée, et leva sur les habitans une somme d'argent, Comme il se retirait, un des fils de Kalaf vint le joindra avec quelques troupes, et l'engagea à retouruer sur

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ses pas pour prendre la ville. Taticrède attaqua donc de nouveau Apamee, et la prit par capitulation (1).

Ce fut cette même année que mourut le comte Raymond de Saint-Gilles. Aliouiféda rapporte que a ce comte , après s'être emparé de Gibio , était «Hé encore «ine fois assiéger Tripoli. Il bâtit tout auprès un château avec <des maisons à Pentonr : mais, dans une sortie, les assiégés y mirent le feU^ le comte, que Dieu maudisse! fut surpris sur un toit par les flammés et tomba avec la charpente. Il mourut au bout de dix jours; son corps fut porté à Jérusalem pour y être enseveli. » Le siège de Tripoli fut néanmoins continué, et la ville réduite à une* grande misère.

Tant de revers avaient (été l'abattement dans l'esprit des princes musulmans de Syrie. On lit dans Ibn-giouzi que TôgdekSn et le prince de Tripoli écrivirent plusieurs fois à ce sujet au sultan de la Perse, pour l'instruire des pertes de l'islamisme. Le sultan résolut enfin d'envoyer en Syrie une puissante armée, composée de troupes turques ç un certain Giavali Sacva en avait le commandement ; mais cette expédition ne changea rien à l'état de la Syrie. Le sultan voulait profiter de cette expédition pour punir Gekermisch , prince de Moussoul, dont il était mécontent. Il ordonna à Giavali de commencer la campagne par chasser Gefcermiscfa , et occuper lui-même la principauté de Mousson! a sa place» Aussifêt Gekermisch prit les armes et voulut se maintenir par la force. Comme il fut vaincu et tué , son fils eut recours a Kiiig^arslan , prince dlcone (9). Kilig-arslan s'avança doao avec son armée en Mésopotamie. Dans l'action qui eut lieu non loin du Kabour, il fut défait, et se noya dans sa fuite, en voulant traverser le fleuve a la nage. L'armée du sultan prît ensuite Moussoul. Là se termina cette expédition (3).

a Cependant, continue Ibn - giouzi , les Francs étaient toujours devant Tripoli. Celui à qui appartenait alors cette

(l) Albert d*Aiz est entre dans de longs dëtmik sor cet événemeuC Voyez son Histoire, liy. x, cbap. il etsuiv.

(s) Cest le même Kilig-aralan qui ayait causé tant de maux aux croisés dans leur passage à travers FAsie mineure,

(3) Kilig-arslan , au rapport du même auteur, avant de se rendre en Mésopotamie , avait laissé quelques troupes en Asie mineure , pour y faire, de concert avec les Grecs, la guerre au< Francs. If i}oute méine que ces troupes remportèrent de grands snccès sar M

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vtile ^'appelait Facr'elmoic - ibn - ammar. Couiine il n'ëtaîl pas en état de repousser les chrétiens, il se rendît a Ikunas avec des richesses considérables , dans le. dessein d'implorer l'appui deTogdekin. Delà il alla à Bagdad, afin de demander du secours au sultan et de lui faire connaître l'état déplorable delà Syrie. Le sultan promit d'envoyer bientôt une nouvelle armée contre les chrétiens. Ibn -ammar retournait plein d*esperancc : tout-à-coup son cousin, Abou-menakeb, qui jCoipaMndait en son absence dans Tripoli , se révolta, et fit arborer l'étendard égyptien. Le visir^Afdal fit partir en même temps un émir qui, prenant possession de Tripoli , s'empara des femmes d'Ibn-ammar , de ses enfans , et les envoya en Egypte, n

An 50% [1109]. tt Toutes les forces chrétiennes étaient en ce moment rassemblées devant Tripoli, Le fils de Raymond <le Saint-Gilles attaquait cette ville par mer avec soixante ▼aisseaux, pendant que Tancrède et Baudouin , roi de Jérusalem , l'attaquaient par terre. Les assiégés attendirent longtemps une flotte égyptienrte : ils perdaient enfin toute espérance, lorsque la (lotte. d'Egypte parut à la vue de la ville; mais à chaque fois qu'elle essayait d'entrer, elle était repoussée par les vents contraires. Les Francs, faisant alors un dernier e&rt, emportèrent la ville et la livrèrent au pillage. Le len- -demain , la flotte s'avança jusqu'à l'entrée du port : jamais on' n'en avait vu d'aussi considérable» Comme elle trouva la ville prise, elle regagna le .large et retourna en Egypte, n

Un autre auteur arabe, nommé Novaïri, dit, en parlant du siégç de Tripoli, nue ce fut. le peuple qui plaça mo^ mentanément cette ville sous l'autorité du calife d'Egypte , et que ce qui le porta à cette action , c'est qu'Abou - menakeb, qui y avait le commandement, un jour qu'il avait réuni les principaux de la ville chez lui, tua un des assistans qui f avoit repris dans son discours. Là-dessus , le peuple se saisît de lui et l'enferma; puis demanda du secours au visir d'Egypte. Novaïri ajoute qu'à l'arrivée de la flotte égyptienne, celui qui la commandait s'appropria les richesses de la ville , et 6ta aux hâbitans ce qui faisait leur défense. Les habitans

chrétiens occidentaux , et qu'elles s'en retournèrent dans Ican ptrovinees cbargées dey prësens de iempcrear de Constantinople. II existait donc à cette^ époque on traité d'aUiance entre rempereur Alexis et les mvsulmans.

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étaient décourages et abattas par la longueur du siège. Ils n'avaient plus d'espoir que dans l'Egypte, lorsqu'on vit entrer un vaisseau dans le port : tous crurent qu'il venait a leur secours, n en sortit un homme qui dit (1) : « Le calife a appris m qu'il y a dans Tripoli une esclave fort belle, qui convient à • son service. Il nous a commande delà lui amener; envoyez- » lui aussi du bois d'abricotier ; il en veut faire des luths pour » ses concerts de musique. 9 A ces mots , les habitans virent qu'if n'y avait plus de salut pour eux ; les esprits s'abattirent et la ville fut prise.

Ce même Novaïri a parle du zèle qu'avait la famille dTbnammar pour les sciences. Cette famille était depuis longtemps maîtresse de Tripoli. Elle commença d'abord par y exercer l'autorité de cadis ou Juges , sous les califes égyptiens, et s'y rendit ensuite indépendante, en se transmettant le pouvoir de père en fils. Ces princes avaient formé à Tripoli une riche bibliothèque , composée de plus de cent raille volumes. C'est ce qui a tait dire à ^macin que Tripoli était à cette époque une ville remplie de savons (2).

Ibn-giouzi , après avoir raconté la prise de Tripoli , dit

?ue Baudouin et le fils de Raymond de Saint Gilles protèrènt de ce succès pour étendre leurs conquêtes dans les contrées voisines. Ils allèrent attaquer Beryte, de concert avec les Génois , qui avaient avec eux quarante vaisseaux. Cette ville fut soumise ; ensuite Baudouin alla attaquer Sidon. Les habitans lui payèrent une somme d'argent , et il retourna à Jérusalem. Quelque temps après, Gervais, comte de Tibériade, fut battu par Togdekin ^ et fait prisonnier avec plu-

MiB— ri !•-■ i r^i ■ ■ ■ ■ ■ Il - ■ I I -I - - ~ Ti

l^mjt eU> OS*S t/XJI {^\0^ ^^ fÂ-M

(s) NoTBiri remarque enioite qae ceini qui STait conquis TripoK s*appeiait Sardani ( Joardaia , neven de Raymood) , et qa*il avait dëjà pris poMession de la yille , lorsqu'on vit arriver tout-à-coap par mer un fila de Raymond, nomme Bertrand, accompagne de ploaienn serviteurs de son père. En vain Jourdain Tonlut se maintenir dans sa conqnéfe : les troapes se dëciarèren» contre lui, et Bertrand fait reconnu comte de Tripoli. On peut comparer ce passage de Noyafr' avec le récit de Fouchcr de Chartres, dans Bûngars , pag. 4tO.

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sieurs de ses officiers : il offrit vainement de se racheter; on l'envoya en présent an sultan avec ses compagnous (1). Ensuite le roi ae Jérusalem fit la paix avec Togdekin , et se fit céder .quelques petites villes de la Cœlésyrie et des provinces voisines de Damas.

Vers ce même temps , selon Kemal-eddin , s'éleva une querelle entre Tancrede j régent de la principauté d'Antioche, et Josselin, seigneur de Tell-^fischer , sur les bords de l'Enphrate. Josselin se ligua avec Giavali, prince de Mousson! , et Tancrede avec le prince d'Alep. Au milieu de l'action , tandis que les deux partis en étaient aux mains , Giavali tomba sur les Francs , ses alliés , et les extermina. Les troupes de Tancrede éprouvèrent aussi de grandes pertes, et presque toute l'armée chrétienne fut détruite (S).

(i) Albert d*Aiz rapporte, au contraire, qa'il fut condatt à Damas, oà il mourat, perce de flèches, aa miliea de la place pabliqne.

(s) Ce qae dit ici Kemal-eddin sur h querelle entre Tancrede et Josselin , est assez conforme an récit de Guillaume de Tyr et d'Albert d*Aiz. Gss deux auteurs rapportent que Tancrede , qui avait gouyemë quelque temps le comté d'Edesse en Fabsence de Baudouin du Bourg, témoigna ensuite de la répugnance à rendre à ce prince ses états, quand il se fut racbeté des mains des musulmans ; et que telle fut l'origine des dissensions qui B*éleyèrent entre Tancrede d'un côté et Baudouin arec Josselin de fautre. Mais Abouifarage , dans sa Chronique sjriaque , assigne à ces divisions une cause qui , si efle était vraie , justifierait ton t-à- fait les chefs des chrétiens. Si Ton en croit Aboidfîarage, Baudouin, après le combat de Haran en 497, fut emmené à Monssoal, et y demeura prisonnier, jusqu'à ce qu'enfin Giavali, prince de cette yille , lui rendit la liberté , moyennant une somme d'argent et la promesse de le secourir dans toutes »€» guerres. CoDune, sur ces entrefaites, Giavali et Redouan se firent la guerre, le second appela à son secours Tancrede , son allié; en même temps, Giavali réclama Tappui de Baudouin et de Josselin. Et voilà comment les chrétiens tournèrent leurs armes les uns contre les autres. Selon Abouifarage, Tancrede avait mis tant de bonne foi dans ses relations «f«c Baudouin , qu'il consentit à payer une partie de sa rançon. Le même auteur parie ensuite d'un avantage remporté par Tancrede sur Josseiin, seigneur de Teil-bascber. Guillaume de Tyr a fait mention de ce fait, lib. xii, cap. 8.

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s VI.

Le sultan de Perse envoie ses armées contre les Francs*.

Am 504 [1iH]. Au milieu de ce» suocis varies , il est cependant facile de voir que les chrétiens avaient l'avantage. Toute la Sjrie était alors en proie à la discorde et à la faiblesse. Les longs troubles qui l'avaient de'soiee pendant la décadence des califes d'Egypte et au moment de l'établisse^ ment des princes sdgioukides dans la contrée, y avaient produit denx espèces de divisions bien funestes > les divisions religieuses et les divisions politiques* De là cette animosite' des esprits y et l'audace des bate'niens ou assassins, qui, d'abord simples partisans de la doctrine egjtienne, finirent par se porter à toute sorte de crimes, et formèrent un parti très-puissant On a du< voir par ce qui précède combien ces bate'niens furent utiles aux succès des chrétiens. Une autre cause qui leur fut encore très-avantageuse, c'était la situation politique des princes musulmans de Syrie. Tous ces ebefs étaient originaii*ement dépendans du sultan de Perse ; ils tenaient leur autorité de ce prince , et leurs états relevaient de son domaine ; ils étaient réellement ses feudataires. Malbeureosement pour le9. sultans de Perse, ils furent, depuis le commencement des croisades , presque toujours occupés à se tléfendre contre des rebeHions'domestiques. Les chefs profitèrent de ces troubles pour se rendre presque indépei^ dans. II est vrai qu'ils recoururent quelquefois au sultan ^ comme le seul capable par sa puissance de les protéger con» tre les Francs; mais le mpment du danger passé, ils reprenaient leurs sentimens de méfiance. Ils firent plus : ils s'allièrent plusieurs fois avec les chrétiens, et s'en firent un uppui contre le sultan. Ce n'est pas que les musulmans, leurs sujets, fussent tous indifférens à une telle conduite; ceux sur-tout qui suivaient la doctrine du calife de Bagdad, regrel» taient rautorité du sultan, et ils n'eussent pas mieux demandé que de voir ses troupes occuper la Syrie et chasser les Francs du pays. Ce fut justement cette raison qui porta quelques-uns de ces chefs à favoriser de tout leur pouvoir les baténiens , et , Il se remettre à eux du soin de leur propre défense , comme les ennemis naturels du calife et du sultan. Ce qui justifiait

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en quelque sorte leurs craintes, c'est que les sultans,. sous i

Ï retexte de combattre ies chrétiens et de faire ce qu'ils appellent la guerre sacrée, avaient manifeste plusieurs fois l'intention de réunir toute ta Syrie à leur domaine, eu du Moins d'en remettre les principautés à des feudateîres pins somnis. Par exemjdey au moment qoe ks ehrétieas assiégeaient Tripoli,Togdekin., régentdelaprificifMuitédeDamas,eut un moment, selon Ibn-gîouzi, ia pensée de porter dn secours à cette ville; il se mit même en rente pour aller instruire le sultan de Fétat de la Syrie et le presser d^envoyer du secours aux musulmans ; mais en chemin il apprit que le sultan voulait lui ôter Damas pour en investir un autre, et làdessus il retourna chez lui , sans s'inquiéter du danger qui menaçait Tripoli. Un motif semblable retenait Redouan^ prince d'Aiep : aussi il aima mieux se laisser dépouiller d'une partie de ses domaines par les princes d'Antîoche, et leur payei* un tribut annuel, que de se remettre entre les mains du sultan. La même connision régnait dans les provinces musulmanes de la Mésopotamie qui auraient pu inquiéter le comté d'Ëdesse. Voyons quelles furent les entreprises suc*" cessives du sultan pour faire cesser ce désordre.

On*Kt dans Kemal-eddin que le sultan de Perse ordonna à Socman, prince de Rhdat, dans la grande Arménie, et à Maodoud, qu'il venait de nommer prince de Moussoul^ide se mettre en marche avec leurs troupes, ilgazi, prince de Ma* ridin, se joignit à eux avec jtes Turcomaas, et ib allèrent tons ensemble former le siège d'Ëdesse. Les Francs l'ayant^ appris, suspendirent leurs querelles particulières et oublièrent leurs torts réciproques. Baudouin , Tancrède et le fils de Raymond de Saint-Gilles se jréconcilièrent et marchèrent promptement au secours ^fËdesse. A leur approche^ les musulmans abandonnèrent le siège.. Apprenant ensuite que les Francs se disposaient acquitter Edesse pour retourner en Syrie 4 ils se mhrent à leur poursuite et en surprirent plusieurs, qu'ils massaerèrent sur la rive orientale de l'Eu? phrate. De là ils retournèrent vers Édesse, piQS»sedisperf seront (1).

(i) Voyez, sur oètts «pédition, Gnillaninê de Tjr, lib. at.cvp. 7» et le récit de Hathieu <rEdeasc, auteur armëaien, dSDsia A'Mûk tkèque des Croisades, t III.

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Ibn-giotizi s'exprime sur cette expe'iiition ft-peu-près de la même manière ; puis il ajoute que ie roi Baudouin , en revenant des rives de l'Euphrate, se porta de nouveau vers Sidon. Les habitans lui députèrent le cadi et les notables de la vMIey pour demander la vie sauve; ils l'obtinrent, et se retirèrent à Damas , sans être troubles dans leur marche.^

Kemal-eddin reprend ensuite en ces termes : u Quand Redouan eut appris le massacre des chrétiens de l'autre c6te de l'Euphrate , il se hâta de conquérir les places de sa principauté qui avaient ete soustraites à son ooeissancé. Il poussa même ses courses jusqu'aux portes d'Antioche. Comme il existait un traite de paix entre lui et cette ville , les habitans lui écrivirent pour lui faire des reproches à ce sujet, et lui rappeler ses sermens. Cependant Tancrède était revenu de son expédition d'Edesse, et il alla attaquer Atareb. Il dressa contre la place plusieurs machines, parmi lesquelles était un bélier d'une grandeur colossale. Le bruit qu'il faisait s'entendait d'un demi • parasange ( d'une lieue ) à la ronde. Quand la brèche fut assez large , Rcdouan offrit à Tancrède vingt mille pièces d'or s'il voulait se retirer. Tancrède s'j refusa, car Atai*eb était hors d'état de faire une longue résistance : une partie de la garnison passa du câte des Francs, et ceux qui restaient écrivirent à Redouan pour l'instruire de leur situation. Us placèrent la lettre sous l'aile d'un pigeon ; mais en volant le pigeon fut atteint d'une flèche : il tomba aux mains des Francs , et la lettre fut remise à Tancrède. Ce fut

fieu de temps après que la place ouvrit ses portes. La capituation fut respectée, et les musulmans purent sortir en liberté'. Enfin Redouan obtint la paix de Tancrède, moyennant la somme de vingt mille pièces d'or et dix chevaux. Atareb était une place importante et d'une grande ressource pour la ville d'Alep.

u Quelque temps après, Tancrède vint reclamer le tribut que lui payait Redouan. Non content de cela, il exigea que les femiQes des paysans musulmans d'Atareb, qui avaient pris la fuite pendant qu'il faisait le siège de cette place, et qui s'étaient reYugiees dans Alep, fussent renvoye's dans leurs foyers. On lui accorda tout. Bientôt après , cette cite fut désolée par la famine, et Redouan obligé de vendre une partie de ses domaines à vil prix, soit pour fournir aux besoins du trésor, soit peut-être pour retenir ses sujets dans le pays , à la garde de leurs propriétés. Dans cette conjoncture , pla*

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sieurs se rendireat à Bagdad , avec le dessein dappeier les roasulmans aux armes. Là, les jours de vendrpdî , àl'heare de la prière y ils se répandaient dans les mosquées, pleuraient, gémissaient en invoquant le secours des soldats de Tislamisme, et troublaient par leurs cris les prédicateurs dans les chaires; les chaires mêmes furent mises en pièces au milieu du tumulte; et le sultan se vit i la fin force', pour faire cesser ces desordres, d'envoyer de nouveau ses armées à la guerre sacrée. 9

Mais cette expe'dition fut sans résultat considérable. II est dit dans Kemal-eddin que Maudoud , prince, de Moussoul , s*empara d*abord de quelqnes places chrétienaes en Mésopotamie, et que de là il vint attaquer Tell-bacher , de concert avec Ahmed-yel le Curde et Socman, prince de Kfaelat dans la grande Arménie. La division ne tarda pas à se mettre parmi les chefs; presque tous songèrent à leurs intérêts particuliers , et montrèrent bien peu de .zèle, pour la cause de l'islamisme. Socman mourut sur ces entrefaites , et les chefs se dirigèrent vers Alep pour engager Redouan , prince de cette ville , à se joindre à eux. Redouan , au grand scandale de ses sujets, s'j refusa, et les chefs indignés dévastèrent les campagnes d'Alep. Ensuite ils se portèrent du c&té de Marra. La plusieurs aentre eux se laissèrent corrompre par Redouan, et s'en retournèrent en' Mésopotamie. Il ne restait plus que Maudoud et Togdekin. Ils secendirant tous deux sous les murs de Schaixar sur l'Oronte , ou l'armée chrétienne s'était rassemblée ; et après, de petits combats livrés de part et d'autre, ils se retirèrent. .Ainsi se.teenttiM cette exf>edition. > . : '

An 505 [1112]* Ces divisions nuisirent beBUÇjaiip aux princes musulmans de Syrie. Kemal-eddiu nous apprend que Redouan était tombé dans une telle faiblesse, qu'il offrit a Tancrède delui payer un tribut annuel de vingt aiUe piièces .d'or, s'il voulait faire avec lui un traité d'alliance. -Tancrède demanda qu'on lui remit de plus la ville d'Ezaz; et:Ie traiéé n'eut pas lieu» / . .

Il par^t qu'en effet Tancrède' avait porté la. principauté d'Antfoche à un havit degré de puissance. OnJifcdanftlbngiouzi que ce prince ne cessait d'étendre ses conquêtes, qu'il alla jusqu'à Tarse en Cilicie , et soumit au tribut Schaizar et plusieurs autres contrées.

La même supériorité se faisait remarquer chez les chré-

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