‹ Bibliothèque des croisades (volume 4)Chapitre 11 sur 88 · XXX OBSERVATIONS PRELIMINAIRES · texte numérisé non relu

XXX OBSERVATIONS PRELIMINAIRES

ailleurs. C'était supposer qu'Abouïféda était Tautorité principale sur ces matières (l). Mais, telle est l'abondance de la mine que nous exploitons ici, que le récit d'Aboulféda nous a à peine fourni quelques pages.

Aboulfarage (Grégoire) était né de parens syriens, à Malatia en Asie mineure, et était chrétien du rite jacobite. Son père, d'extraction juive, était médecin de profession. A 1 âge de dix-huit ans , Aboulfarage se rendit , en 1244, à Antioche, puis à Tripoli. Successivement évèque de Gouba et d'Aiep, il devint primat des chrétiens jacobites, et mourut en 1286.

Aboulfarage est auteur de deux histoires universelles commençant à la création du monde, et écrites l'une en arabe et Fautre en syriaque. La chronique arabe, qui se termine à Tan 1 2 8 4 de notre ère , a été publiée avec le texte et une traduction latine (2). H en est de même de la chronique syriaque (3); mais celle-ci a été continuée jusqu'en 1 297, et la fin est d'un autre auteur.

Aboulfa^ige avait débuté par sa chronique syriaque , et il avait cherché à se rendre utile aux chrétiens syriens ses compatriotes. Ce ne fut que plus tard que , voulant satisfaire quelques-uns de ses amis , il se décida à en publier une version arabe. Mais il paraît qu'à cette occasion , il puisa à de nouvelles sources; car souvent le second récit est très-différent du premier.

L'une et l'autre chronique ont d'ailleurs l'avantage de

(l) Le prix fut remporté par M. Wilken, qui, depuis, a publié une savante histoire des croisades en allemand.

(s) Le titre est Historia compendiosa dynastiarum ; deux volumes, in-l°; Oxford, 1663. L'éditeur est le savant Pococke.

(3) Le titre est Chronicon syriacum; deux volumes iu-i°, Leipsic, 1789. Les éditeurs sont MM. Kirsch et Bruns; mais {'édition , tant pour le texte que pour la traduction , fourmille de fautes.

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renfermer des détails peu connus sur les guerres des Mogoïs et des Tartares, en Asie mineure, en Syrie et en Mésopotamie. Les chrétiens orientaux avaient en général peu d'éloignement pour les Tartares, d'abord ennemis mortels de l'islamisme, et ils firent cause commune avec eux. D'ailleurs i'auteur, par sa position, avait pu facilement s'instruire de ce qui les concernait.

Nous avons eu occasion de citer quelquefois une histoire particulière du sultan Bibars, le même qui commandait les mameloucks lors de la descente de S. Louis en Egypte, et qui porta ensuite un coup mortel aux colonies chrétiennes. H existe une histoire de la vie de Bibars, décrite année par année, et même jour par jour; l'auteur est Mohi-eddin Aboulfadl Abd-allah, secrétaire intime du sultan , et son ministre dans quelques-unes de ses négociations (l). Mais ici, c'est un simple abrégé de la relation de Mohi-eddin ; le titre est : Traité des vertus secrètes de Bibars, extrait de sa vie particulière (2). L'abréviateur se nomme Schafi , fils d'Ali ; il était contemporain de Mohi-eddin , et c'est Mohi-eddin lui-même qui l'engagea à cette entreprise. Il écrivait vers Tan 1315 de notre ère. Malheureusement son abrégé paraît fait sans goût et sans critique (3).

Nous avons également cité une histoire de Kélaoun , autre sultan mamelouck, qui ne causa pas moins de dommage aux colonies chrétiennes. Cette histoire ne

(i) Voyez ci-après, p. 514.

(î) o^ftUrfl y *cj£clt ibJlJt o^^î c->U£=>

Manuscrits orient, de la Bibliothèque du Roi, ancien fonds , n° 803.

(3) Il existe deux autres vies de Bibars par Ezz-eddin Ibn-scheddad et Soyouthi ; mais ni l'une ni l'autre ne nous sont parvenues.

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renferme pas seulement les détails relatifs à la personne du prince; on y trouve le texte des traités de paix rédigés sous son règne, ce qui donne à cette chronique un avantage sur toutes celles de la même époque (lj. C'est probablement Mohi-eddin qui en est l'auteur. La copie en est faite avec le plus grand soin, et paraît avoir appartenu à quelque prince ; mais il manque des cahiers, et il est impossible de rétablir la suite entière du récit (2).

On connaît un abrégé d'histoire universelle, par un chrétien d'Egypte appelé George Elmacin , ou plutôt Elmakin. Elmakin remplissait les fonctions d'écrivain à la cour du sultan. H naquit en 1223 de notre ère, et mourut en 1273. Sa chronique, en partie publiée en arabe et en latin, commençait à la création du monde et finissait en 1260. Il en existe une continuation faite vers le milieu du XVe siècle; le titre est , la Voie droite et la Perle unique (3).

Novaïri (Schehab-eddin Ahmed), auteur d'une espèce d'encyclopédie historique très- célèbre, était originaire d'Egypte , et mourut vers l'an 1 33 2 de J. C. Son ouvrage porte le titre de Terme de l'intelligence relativement aux divers genres de sciences (4). 11 en existe un exemplaire complet dans la bibliothèque de Leyde, et Reiske en a donné une notice fort étendue (5). Quant à l'exem-

(l) Manuscrits orient, de la Bibl. du Roi, fonds Saint-Germain, n° 1 1 8 B.

(t) Hadji-khalfa cite une antre histoire de Kélaoon et de son fils Malek-aschraf , qui prit Saint-Jean d'Acre , par le cadi Fadcl.

(3) o*jjsJ\ jjJlj <>.%.ù m H £àJ! ■ Voyes Mon. orient, de lu Bibl. du Roi. ancien fonds, n°6i9.

(5) Voyei ses Prodidaçmata ad tabulas Uadji-khalfa.

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plaire de la bibliothèque du roi, ii consiste dans quelques volumes détachés ( 1 ).

Déhébi (Schems-eddin Mohammed), né.à Damas en 1274 et mort en 1347, a composé, entre autres ouvrages, une chronique intitulée Chronique de l'islamisme (2), et qui est une espèce de dictionnaire des écrivains musulmans rangés par siècles. La Bibliothèque du Roi n'en possède que deux volumes.

Ibn-férat (Mohammed), né en 1335 de notre ère, et mort en 1 40 5, est auteur d'une chronique universelle fort étendue ; c'est une compilation dans le genre de celle des Deux Jardins, avec cette différence quelle ne se rapporte pas seulement à certains personnages ni à une époque déterminée, mais qu'elle embrasse à-la-fois tous les temps et tous les lieux. Cette compilation est peut-être le recueil historique le plus considérable et le plus complet qui existe en Orient. Il en existe dix volumes dans la bibliothèque impériale de Vienne, et ces dix volumes ne contiennent qu'une petite partie de l'ouvrage. Le premier commence vers lan 1104 de notre ère, et le dernier se termine avec le XIVe siècle. On voit que du moins ces volumes renferment la période historique des croisades; seulement ils sont déparés par quelques lacunes.

Ces dix volumes, par suite des vicissitudes de la guerre, ayantété apportés en 1 809 à Paris, feu M. Jourdain , orientaliste laborieux , en fit un extrait considérable qui est déposé à la Bibliothèque du Roi. La plus grande

( 1 ) Voyez l'ancien fond» , n°» 683 et 7 Oî. ( * ) rX,VI *>l3 . Voyez le» Man. orient, de la Bibl. du Roi

646 'et 753.

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partie est traduite en français ; le reste est transcrit textuellement. Comme le manuscrit est retourné en 1 8 1 5 à Vienne, il est à regretter que M. Jourdain n'ait pas étendu son travail à toute la durée des croisades. Ses extraits n'embrassent que ïe treizième siècle ; encore il y manque îa première croisade de S. Louis. On doit désirer que quelqu'un, à portée de consulter le manuscrit original, achève la tâche de M. Jourdain. A en juger par le morceau que nous connaissons , il n'est pas douteux que le reste ne contienne des faits aussi nouveaux qu'importans. Réduit à nous servir de l'extrait de M. Jourdain, nous avons traduit la partie qui ne fêtait pas encore; nous avons corrigé ïe reste à l'aide de passages d'autres chroniques ; et l'on verra que ce n'est pas la portion la moins curieuse de cette partie de la Bibliothèque.

Makrizi (Taky-eddin Mohammed) naquit au Caire vers l'an 1365, et mourut en 1442. Sa famille prétendait descendre du calife Ali, gendre de Mahomet, par la branche qui donna le jour aux princes fatimites. Il fut, à diverses reprises , revêtu de la charge de mohtessib ou commissaire de police du Caire , et exerça d'autres emplois; mais ayant de bonne heure contracté le goût d'une vie retirée et studieuse, il trouva le temps nécessaire pour la composition de ses nombreux ouvrages. Les deux qui intéressent les croisades sont, 1° une histoire d'Égypte, à partir de Saïadin jusqu'au temps où vivait l'auteur : elle est intitulée Traité de la route qui mène à la connaissance des dynasties royales (1), et nous a été fort utile depuis fa sixième croisade jusqu'à Fentière

M JJJft Jj3 LÏjmJL SjUI vLé=> . Voyez les Manusc. arabes de ta Bibl. du Roi, ancien fonds n° G7 2.

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