‹ Bibliothèque des croisades (volume 4)Chapitre 3 sur 88 · OBSERVATIONS PRELIMINAIRES. VÎ · texte numérisé non relu

OBSERVATIONS PRELIMINAIRES. VÎ

matériaux : il fit prendre copie, par un homme d' A lep, des passages qui lui semblèrent dignes de voir le jour; il en commença ensuite une traduction latine. Déjà on s'occupait des moyens de préparer l'impression des extraits, lorsqu'on s'aperçut qu'on manquait de caractères orientaux : ce fâcheux contre-temps découragea D. Berthereau. La révolution vint ensuite, qui dispersa toutes les communautés religieuses; D. Berthereau se vit sans ressources, et mourut, en 1794, avec la douleur de n'avoir fait profiter en rien le public du fruit de ses veilles (1).

Les matériaux rassemblés par D. Berthereau , ouvrage de trente années , se rapportent à plusieurs objets diflcrens; nous nous bornerons à ce qui concerne les croisades.

Les extraits arabes des croisades forment à-peu-près onze cents pages in-folio. On devinera sans peine la difficulté qu'il y aurait eu à recommencer une pareille collection. Le nombre des ouvrages mis à contribution par D. Berthereau est, comme on le verra, considérable; le nombre de ceux que D. Berthereau a parv courus, et qu'il a jugés inutiles à ses vues, ne l'est pas moins.

Il est cependant vrai de dire que ces matériaux étaient dans un état peu satisfaisant. D'une part , cette masse d'extraits présentait de nombreuses répétitions : en effet, l'imprimerie n'étant pas connue à l'époque où écrivaient les auteurs dont il y est question, les plagiats étaient fort communs. Cet inconvénient existe pour les chroniques latines du moyen âge comme pour les chroniques arabes.

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(i) Voyez la notice que M. Silvestrc de Sacy a publiée sur ce respectable religieux, Magasin encyclopédique, anne* vif, t. If, p. 14$.

Viij OBSERVATIONS PRELIMINAIRES.

Aussi , malgré un premier choix fait par D. Berthereau , trouve-t-on quelquefois dans ses extraits dix pages de suite qu'on avait lues ailleurs. D'un autre côté, plusieurs morceaux importans lui avaient échappé ou n'étaient pas encore découverts, et il était essentiel de les mettre à leur place.

Les traductions latines de D. Berthereau sont dans un état encore plus défectueux : non-seulement les passages obscurs sont omis ou traduits d'une manière infidèle ; mais, dans les morceaux faciles, les mêmes endroits sont souvent; rendus d'une manière différente, ce qui prouve que D. Berthereau n'avait pas encore commencé à mettre ses extraits en rapport les uns avec les autres. Ajoutez à cela que son écriture est si difficile a lire, que quelquefois il faudrait recourir à l'arabe pour ia déchiffrer. Enfin , par la manière dont les extraits sont disposés, les recherches étaient fort pénibles; ces extraits étant placés à la suite les uns des autres, il fallait, pour le moindre fait , parcourir toute la collection (l).

La plupart de ces défauts, et d'autres encore, se faisaient remarquer dans la première édition de cette partie de la Bibliothèque. Non-seulement les extraits étaient présentés dans le même désordre et d'une manière quelquefois inexacte; mais encore , l'ensemble s'étant trouvé beaucoup plus considérable qu'on n'avait cru d'abord , on se décida, vers la fin du volume, à resserrer ou même à supprimer plusieurs extraits très-importans , ce qui ôta à l'entreprise £a plus grande partie de ses avantages.

Cette nouvelle édition paraît devoir remédier à tous

(l) II n'est pas besoin de dire que les extraits et les tradactions de D. Berthereau se conservent à la Bibliothèque du Boi : de tous les ouvrages qu'on cite ici , il n'en est que très-peu qui aient été tirés d'aï Heurs , et ton aura soin de les indiquer.

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