XX OBSERVATIONS PRELIMINAIRES
qui avait déjà été dit par Boha-eddin , Ibn-alatir et autres, nous avons eu rarement à le citer. H ne nous a été vraiment utile que pour la première période des croisades , époque où nous manquions de tout témoignage contemporain (l).
Abou-schamé ( Schehab-eddin Abd-alrahman) fîorissait à Damas dans ie milieu du XIIIe siècle, au moment *de la première croisade de S. Louis. On a de lui une compilation historique des événemens du règne de Noureddin'et de Saladin, intitulée les Deux Jardins (2). C'est la repr&duction , année par année, de tout ce qui était parvenu à Fauteur relativement à ces temps mémorables. Le plus souvent, il se borne à répéter mot à mot ce qui avait été dit avant lui. A la fin est un petit appendice faisant connaître ce qui se passa de plus remarquable sous les enfans de Saladin.
Outre les écrits de Boha-eddin , d'Ibn-alatir et d'Emadeddin, Abou-schamé a mis à contribution, 1° une histoire de la ville de Damas, par Aboulcassem lbn-assaker, qui vivait vers l'an 1 160 (3) : cette histoire, qu'on dit très- volumineuse , ne nous est point parvenue (4); 2° une histoire de la même ville, par Abou-yaly, fds
(i) M. de Sacy , dans sa jeunesse , avait traduit pour l'usage de D. Bcrthereau toute la partie de l'histoire d'Alcp qui se rapporte aux croisades ; il remit , iï y a près de vingt ans , ce travail au savant M. Wiikcn, qui s'en est servi pour l'histoire allemande des croisades qu'il public en ce moment.
Cl) (J^j^\ j {J^°j^ <jUi=>- Voyex les Manus-
crits orientaux de la Bibliothèque du Roi, ancien fonds arabe, n° 707 A.
(3) l^oyet ci-après , p. 1 69.
(4) Elle se trouve dans les deux bibliothèques de Constantinople <f Atbif et iTIbrahim-pacha ; dans l'une elle forme sept volumes infolio, et dans l'autre onze.
OBSERVATIONS PRELIMINAIRES. Xxj
de Kélanessy; 3° une relation de la fin du règne de Noureddin et du commencement de celui de Saladin, par Ibn-abou-thay. Cet écrivain était contemporain des événemens qu'il raconte : son père , un des principaux citoyens d'Alep, ayant manifesté des doctrines religieuses contraires à celles de Noureddin, avait été chassé de la viHe (1) ; aussi le fils n'a-t-il pas épargné la mémoire de ce prince.
Pour rendre son recueil encore pïus complet, Abouschaméa rapporté, année par année, la correspondance politique de Noureddin et de Safadin. C'est là qu'on trouve les lettres de Saïadin au calife de Bagdad et à d'autres souverains , lettres qui furent rédigées , les unes par Emad-eddin, les autres par un ministre du sultan, appelé le cadi Fadel, et qui jettent le plus grand jour sur les intérêts politiques de cette époque (2).
Abou-schamé est encore auteur d'une histoire qui s'étendait jusqu'à son temps, et qui ne nous est connue que par les extraits qu'en ont donnés d'autres écrivains (3).
Abd-allatif(Mouaffik-eddin) est le nom d'un médecin de Bagdad qui obtint l'estime de Saladin et de ses enfans, et qui paraît avoir fait de grands progrès dans Fhistoire naturelle. Il nous reste de lui une relation de ce qu'il avait obseivé en Egypte; et cette relation renferme des détails d'un grand intérêt sur le.tat de i'Égypte au moment de la cinquième croisade : elle a été imprimée dans le texte original, et traduite en français, en latin
(0 Voyez , sur ces opinions, ci-après, p. 108, note.
(2) M.Siivestre de Sacy avait également traduit dans sa jeunesse une partie des Deux jardins; cette traduction se trouve aussi entre les mains de M. Wilken.
(3) Voyez ci-après, p. 47 1.
Xxij OBSERVATIONS PRELIMINAIRES.
et en allemand (l). Abd-allatif a composé d'autres ou vrages qui nous sont inconnus.
Le livre que nous avons cité sous le titre d'Histoire des patriarches a" Alexandrie , et qui a été écrit pour les chrétiens coftes d'Egypte, est la vie de tous les prélats qui ont occupé le siège de cette ville , depuis S. Marc jusque vers le milieu du XIIIe siècle (2). La juridiction des patriarches d'Alexandrie s'exerce non-seulement sur l'Egypte, mais sur la Nubie , ta Cyrénaïque , et jusqu'en Abyssinie ; et , à cette époque , le nombre des chrétiens de ces contrées était beaucoup plus considérable qu'aujourd'hui. On trouve dans cette histoire, à partir du règne de Saladin , des détails importans sur les guerres des croisades. L'ouvrage, commencé dans le Xe siècle par un évêque égyptien appelé Sévère , a eu plusieurs continuateurs. Nous ignorons le nom de celui qui a décrit le règne de Saladin ; nous savons seulement qu'il vivait au commencement du XIIIe siècle. Sans doute , à l'exemple de beaucoup de chrétiens du pays, il occupait un poste d'intendant ou de secrétaire auprès de quelque grand ou de quelque gouverneur de province ; du moins, en toute occasion, il cherche à faire ressortir les bonnes qualités du sultan. Quant à celui qui a raconté la sixième croisade , il s'appelait Mauhoub , fils de Mansour. Il se trouvait en ce moment au Caire ; et sans lui , nous manquerions de détails très-piquans sur cette expédition.
(1) l,i traduction française, qui est fort estime'e, et qui est de M- Silvestrc de Sacy , a paru en 1 810, et forme un volume in-4°.
(2) Le titre est OjUaJf L»Vf <>L*= . Voyez les Man. or. de la Bibl. du Roi, ancien fonds arabe ,* nos 139 et MO ; et le fonds Saint-Germain, n° 352 : c'est de là que l'abbe Renaudot a tire la meilleure partie de son Historia patnarchantm atexandrinorum ; Paris, 17 13, un volume in- w
OBSERVATIONS PRE* LIMINAIRES. ISÎij
lbn-giouzi (Schems-eddin Abou-modaffer Youssouf) descendait d'un fameux imam ou ministre de mosquée du même nom ( 1 ) . II embrassa aussi la carrière ecclésiastique, et parvint à la dignité d'iman de la grande mosquée de Damas. II vivait dans la première moitié du XIII* siècle. C'est lui qui , au moment de la sixième croisade , lorsque les chrétiens menaçaient de subjuguer toute l'Egypte, fut chargé par son souverain d'appeler les musulmans de Syrie et de Mésopotamie aux armes (2). Plus tard , quand ïa ville sainte fut remise par le sultan d'Égypte à l'empereur Frédéric II, il prononça un discours dans la grande mosquée de Damas pour réchauffer le zèle des musulmans (3). II mourut en 1258.
lbn-giouzi a laissé après lui une chronique universelle intitulée Miroir des temps (4), et qui s'étendait jusqu'à sa mort. Nous n'avons que le commencement de la partie qui traite des croisades. L'exemplaire de la Bibliothèque du Roi s'arrête à l'an 5 1 7 de l'hégire , 1119 de J. C. (5); encore cette partie se trouve dans le plus grand désordre, et les événemens sont tous confondus. Quant aux faits que nous avons empruntés à cet auteur, et qui sont postérieurs à cette époque, nous les avons tirés d'autres ouvrages.
Ibn-moyassar ( Mohammed ) a composé une histoire d'Égypte, qui fournit quelques faits pour la première
(l) Voyez les Annales d'Aboulfeda, aux années 697, 626 et 656 de l'he'girc.
(î) Voyez ci-après, p. 410.
(3) Voyez ibid. p. àiâ.
(«) 0LJ] ïfj,.
(d) Voyez les Manuscrits orientaux de ia Bibliothèque du Rot , ancien fonds arabe, n°641.
xxiv OBSERVATIONS PRELIMINAIRES.
partie de l'histoire des croisades ( 1 ). 11 en est de même dïhn-zoulac (2).
Ibn-khallecan (Schems-eddin Aboul-abhas Ahmed ) , connu par son dictionnaire des hommes illustres de l'islamisme , était né h Arbèles , au-delà du Tigre , en 1211. Il prit d'abord des leçons de Boha-eddin à Alep. Il fut dans la suite nommé cadi du Caire , et plus tard grand cadi de Damas. Il mourut en 1282.
Son dictionnaire est intitulé Décès des hommes éminens , et relation des personnes gui ont figuré dans l'histoire (3). Ce n est qu'une compilation ; mais comme l'auteur avait eu à sa disposition une immense quantité de livres, on trouve là des notions qu'on chercherait vainement ailleurs. Nous lavons cité pour l'article consacré à Saladin.
Yaféi (Hassan Ibn-ibrahim) est le nom qu'on lit en tête d un volume qui porte le titre de Compilation des chroniques égyptiennes , relativement à l'histoire des rois, des califes et des sultans (4). Ce volume, commençant avec l'année 621 de l'hégire [1223 de J. C], se termine à l'an 679 [128 Oj. L'auteur dit, dans sa préface, qu'il écrivait dans cette même année 679 ; qu'il a dédié son ouvrage au sultan Kélaoun , qui en effet régnait alors sur l'Égypte , et qu'il est parvenu à recueillir des
(i) Man. ar. de la Bibl. du Roi, n° 80! , A. (s) Ibidem, fonds Saint-Germain , n° 368.
(3) 0LjJl \jJ Uiïj 0UV( o^3,' Voyex les Man. or. de la Bibl. du Roi, supplément arabe.
fcOUfl efckàjlj • Voyez ibidem.