CHRONIQUES ET PIÈCES DIVERSES
Nous avons rendu compte de toutes les chroniques d'Europe qui parlent des croisades, et qui appartiennent aux différentes collections que nous venons de parcourir : maintenant il nous reste à faire connaître ceux de nos vieux historiens des croisades qui ne font partie d'aucune de ces collections » ou que nous avons oubliés dans les nombreux recueils qui ont passé sous les yeux de nos lecteurs.
Chronique de Guillaume de Nangis > moine de Saint-
Denis (1).
Dans notre article sur le spicilège de d'Achery, nous avons omis de rendre compte de la chronique de Guillaume de Nangis , qui se trouve rapportée textuellement au troisième volume de cette collection ; pour réparer cette lacune , nous allons présenter ici une analyse de l'ouvrage de Guillaume ; nous avons eu occasion de parler de cet auteur , en donnant l'extrait de la vie de saint Louis, qu'il nous a laissée. La chronique de Guillaume de Nangis n'offre pas beaucoup de matériaux à l'historien des croisades ; elle se contente d'indiquer les événemens , et rarement elle donne de longs récits. Cet ouvrage , qui remonte à l'origine du inonde, commence, dans le texte de d'Achery, à l'année 1 1 1 5 et va jusqu'en 1 500 ; elle a eu deux continuateurs , qui l'ont poussé jusqu'à Tan 1568. L'auteur a mis un soin scrupuleux à séparer par des dates les divers événemens qu'il raconte. Cette marche régulière rend son histoire facile à suivre. Guillaume , comme tous les chroniqueurs du moyen âge, ne craint pas d'interrompre son récit pour faire mention des phénomènes du ciel etdela terre, des comètes à la sinistre chevelure, des secousses qui ébranlent le monde, des ravages de la foudre , des inondations , des chaleurs dévorantes , des rigueurs du froid. Nos crédules et pieux historiens regardent toujours ces événemens comme des signes précurseurs de