‹ Bibliothèque des croisadesChapitre 5 sur 17 · NES CHOIS A 1) F. S · texte numérisé non relu

NES CHOIS A 1) F. S

horreurs de la faim. La fatigue d'une longue route et l'excessive chaleur du soleil leur donnèrent une soif ardente. « Quelques - uns , dit notre auteur , se couchaient sur les » cadavres des chevaux qui succombaient en chemin , et » cherchaient dans le sang de ces animaux un soulagement » à leur soif dévorante. L'empereur,, qui les vit , fut touché » de pitié'. On dit qu'il adressa ces paroles aux soldats : Braves » guerriers y arrêtez-vous, car ces infortunés ne songent plus qu'à »> mourir. Ferions au secours de nos frères pour qu'ils ne péris- » sent pas et ne soient pas tués par les ennemis qui nous suivent. »

L'armée campa dans un lieu stérile, sans pâturage et sans verdure. On mit un soin extrême à fixer les tentes avec des cordes , à cause des attaques extérieures des barbares , et les pèlerins du Christ passèrent la nuit sur ces bords déserts. « Mais quelle nuit douloureuse ! dit la relation ; au lieu de >» repos , ils n'éprouvèrent que fatigue et disette; ils ne firent » entendre que plaintes et gémissemens. Les uns cherchaient n du soulagement à leur soif en tirant du sang des veines » de leurs chevaux; les autres en buvant leur urine; d'au- » très en mâchant le gazon. L'ardeur de la soif paraissait » diminuer le tourment de la faim. »

Le lendemain, les pèlerins reprirent tristement leur route , abandonnant les chevaux et les bêtes de somme qui périssaient de faim et de soif. Ayant aperçu de loin un marais, ils y coururent avec précipitation , comme le cerf qui, fuyant les chasseurs, court après les fontaines. L'eau, quoique marécageuse et corrompue, parut du nectar aux malheureux croisés. 11 y avait là un peu de gazon pour se rafraîchir. L'armée y passa deux nuits , toujours assiégée par les ennemis. Comme les pèlerins manquaient de bois pour faire du feu , ils brûlèrent leurs propres vêtemens , leurs ustensiles et les selles de leurs chevaux , et firent cuire comme ils purent la viande de cheval et d'âne. Grands et petits se nourrirent de ces alimens mal cuits , qu'ils mangèrent sans sel et sans poivre. Quelques-uns se contentèrent d'herbes et de racines.

Des députés du Soudan vinrent proposer la paix à l'empereur. « Nous sommes envoyés , dirent-ils , par le grand sou- « dan et les satrapes pour vous dire que si vous désirez jouir n de leur paix et de leur miséricorde , vous ayez à leur en- » voyer trois mille pièces d'or; autrement, demain, sans » faute , vous serez attaqués par toutes leurs forces. »

L'empereur fit à cette proposition la réponse que nous avons déjà vue dans Tagenon. Les députés s'étant retirés, les pèlerins furent très-inquiets. On délibéra sur le meilleur

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