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tabtab-u, cf. le copte TefirTCofe, or tiare.
5. Ou éprouvé : ce mot tracé en rouge paraît être stp, sotep, écrit avec le caractère que Champollion appelait Yèprouvctte.
(1. Depuis que mon travail est à l’impression, M. Chabas est arrivé de son côté au même résultat, à l’aide d’autres textes, et il a pu fixer la pesanteur du kiti et de la livre égyptienne au moyen d’un poids antique
LETTRE A M. CAILLIAUD SUR UN OSTRACON ÉGYPTIEN 141
Revenons maintenant à notre ostracon; après le groupe kt n u h , drachmes d'or qui était peut-être suivi d’un chiffre, on trouve à la dernière ligne les signes an-n-n-a n . . . , m'ont apporté les ... ou j’ai apporté a ... ; le dernier mot a disparu avec un éclat de la pierre, mais il est facile d’en deviner le sens. Les mots qui restent ne peuvent, en effet, se rapporter qu’à la drachme d’or, prix de la dîme des filets ou du droit de pêche, qui devait être versé par les pêcheurs entre les mains d’un officier civil chargé de la perception des impôts, et cet officier civil s’est nommé lui-même à la deuxième ligne, le scribe Newerhotepou. Il faut donc lire sans hésitation : Dîme des filets, drachme d’or, m’ont apportée les pêcheurs, et cette formule finale répond exactement il l’acquit d’une àr.o-fi dans les ostraca grecs. Ce fait est important à constater sur un monument de la XIXe dynastie ou de la XXe au plus tard, car, je le répète, la forme de l’écriture de cet ostracon, aussi bien que les noms propres qu’on y rencontre ne me permettent pas de lui attribuer une époque moins ancienne.
Si l’on récapitule les nombres de poissons apportés par les pêcheurs, on a :
De Séti . 90
De Bekouerue . 840
D'Ousei'-neklit . 830
De Boutou-ker . 70
Qui forment un total (le . 1830 poissons.
Une provision aussi considérable devait sans doute être préparée d’après les procédés dont vous avez vous-même, Monsieur, copié la représentation dans les bas-reliefs d’un tombeau voisin des pyramides 1 et qui consistaient à les
dont il a publié l’inscription hiéroglyphique clans le premier numéro de la Reçue archéologique de l’année 1861.
1. Cailliaud, Arts et Métiers; Wilkinson, Manncrs and Cusloms, 1" éd., vol. III, p. 56.
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fendre dans leur longueur et à les saler peut-être, pour les faire sécher au soleil et les conserver ensuite ou bien poulies vendre et en tirer bénéfice.
La pêche a de tout temps été une des richesses de l’Égypte1 2; les listes des nombreux poissons dont on se servait comme aliment ou qu’on oiïrait aux divinités ! en font foi; et une curieuse inscription qui nous donne le détail du personnel d’une colonie d’exploitation composée de 8308 hommes, et envoyée par Ramsès IV dans une localité appelée Boukhen, porte à 200 le nombre des patrons de l’art de pêcher les poissons (Lepsius, Denkm., III, 219, e). Hérodote3 et Diodore de Sicile 1 nous apprennent aussi que la pêche du lac Mœris rendait au trésor royal un talent d’argent par jour, et on affirme que maintenant la pêche dans le Nil est imposée des neuf dixièmes par le gouvernement égyptien.
Votre ostraeon, Monsieur, nous apprend de plus aujourd’hui que la pèche était déjà une importante exploitation dans un temps qui n’est pas éloigné de celui où vivait Moïse, et qu’à cette époque reculée, l’État avait taxé le droit de jeter les filets à un prix assez élevé pour qu’il pût produire un important revenu.
Veuillez agréer, etc.
Paris, 15 juiu 1859.
1. Voir Diodore de Sicile, 1, 36, et sur l’abondance actuelle du poisson dans les lacs de l’Egypte, et particulièrement dans le Menzaleh, un intéressant, article dans le numéro 3 du Bulletin de l’Institut d’Égypte, année 1800.
2. S. (î. Wilkinson, Manncrs and Customs, lr° éd., vol. III, p. 58; Bircli, Mémoires de la Société des Antiquaires de France , vol. XXIV, p. 38.