AR-TY (?) SU(TN) A’NH’-TY
... les yeux du roi de la région supérieure, les oreilles
h’b mr ht’ n nb
du roi de la région inférieure, le chargé du trésor du seigneur
te-ty (?)
des deux mondes, etc.
C’était une manière métaphorique d’exprimer un fonctionnaire observateur de ses devoirs et attentif à remplir ses fonctions, et c’est ainsi qu’il faut le considérer dans le cas qui nous occupe.
M. Mariette a bien voulu me rappeler que nous possédons au musée du Louvre un autre vase d’albâtre qui porte aussi
table à libations du Sérapéum. Or, dans ce dernier, l’aspiration initiale du nom d’Apis (ha’py) est exactement rendue par un n. Si le nom d’Osiris avait eu une aspiration initiale, les transcri pteurs phéniciens ne l’auraient donc pas négligée. Dans le deuxième exemple de cette dernière inscription, le rt qui suit les deux premières lettres iü, est certainement fautif, et l'espace laissé par le graveur lapidaire après ce caractère, au commencement de la dernière ligne, en est la preuve.
1. Louvre, n" 2252; musée de Lyon, n” 236; Prisse, Monuments , pl. XXXI11. Le nom du personnage est Râmès, fils de la dame Tjesmehperou.
LE BASILICOGRAMMATE THOUTH OU TETI
le nom d’un basilicogrammate appelé Toutty i ; je ne doute pas d’après ce titre et le style des caractères de sa légende, qu’il ne provienne aussi du tombeau du même personnage. C’est un beau vase haut de 27 centimètres, de forme ovoïde, à large encolure, avec deux anses fixées sur la panse. Il contient une matière calcaire qui paraît analogue à celle que renferme celui du musée de Leyde. Cette circonstance peut faire supposer que ces deux vases avaient été employés en guise de canopes, dont l’usage n’a peut-être été généralement adopté qu’à une époque postérieure. Celui-ci porte aussi par devant deux colonnes d’hiéroglyphes bien gravés et peints en bleu; je les transcris en sens inverse, c’est-àdire de gauche à droite :
TATA-T P-T KME-T TE (?) N k’e
Les dons du ciel et les créations 2 de la terre à la personne
N SU'l'N a’n3 n mr-k tt-ty.
du grammate du roi qui l'aime, Teti.
Les premiers mots do cette légende font partie cl’une formule dont on retrouve d’autres extraits dans les inscriptions des deux vases que j’ai décrits plus haut, et sur laquelle j’aurai l’occasion de revenir tout à l’heure,
1. Il vient de la collection Drovetti (n° 238). — Nu 1731 de l’inventaire Louis-Philippe et 1127 de l’inventaire actuel.
2. Productions ou bien jouissances (?); le mot lune parait avoir ces deux significations.
3. 11 y a évidemment ici une ineersion de majesté, c’est-à-dire que le mot sutn, qui grammaticalement devrait être placé après le signe a’n pour s’accorder avec les mots suivants, a été mis avant par respect pour la personne du roi. Il n’y a pas d’autre moyen d’expliquer cette légende sans supposer une faute. Cf stèle de Ramsès XV [stèle de la princesse de Bakhtan], 1. 10-11.
ex
/WVS/VA
A/WVVA
LE BASILICOGRAMMATE THOUTH OU TETI
Un quatrième objet du musée de Leyde présente deux fois le nom du basilicogrammate Teti'. C’est un simulacre de palette de scribe, en talc; les deux godets propres à contenir les encres noire et rouge sont entourés de l’anneau symbolique Q; une colonne d’hiéroglyphes se lit de chaque côté de la cavité dans laquelle on plaçait les pinceaux ou plutôt les roseaux qui servaient à peindre et à écrire \
Les palettes funéraires, qui ne sont parfois, comme celleci, que des simulacres dont on ne pouvait pas se servir, étaient déposées dans les tombeaux parce que les défunts devaient, ainsi que nous l’apprend le titre du chapitre xciv du Rituel funéraire, adresser une prière à Thoûth (dieu de l'écriture) avec une palette et un godet à la main 3. Ce chapitre du Rituel fait aussi mention des livres d’Hermès; ainsi, à la première colonne, il est question des gardiens de ces livres, ary-u s’a’-u nt tt ('?), et à la seconde, le défunt dit : . . . je suis muni moi aussi des écrits du dieu Thoûtli, etc., a’ p r k’ua m sh’e-u (?) n tt*. On comprend que c’est un des chapitres du Rituel qu’on devait le moins négliger, surtout dans les funérailles d’un basilicogrammate,
1. Leemans, Monuments égyptiens du musée des Pays-Bas , 2e partie, pl. XCV, I, 287.
2. Voir le Catalogue de la collection Passalacqua, 1826, 8°, p. 274.