Littéralement : « qui demeure dans l’Occident
3. Le titre de dieu An, sous lequel Osiris est invoqué, se rencontre au chapitre lxxxix du Rituel funéraire, où le défunt adresse à An la prière de réunir son âme à son corps dans la région des ombres.
LES LAMENTATIONS ü’iSIS ET DE NEPHTHYS 85
Mon cœur est dans l’amertume à cause de toi : mes yeux te cherchent. Je te cherche pour te voir. Tarderai-je à te voir ; tarderai-je à te voir, ô excellent souverain ; tarderaije à te voir? Te voir, c’est le bonheur; te voir, c’est le bonheur ! ô dieu An, te voir c’est le bonheur ! Viens à celle qui t’aime. Viens à celle qui t’aime. Viens à celle qui t’aime, ô Ounnefer, justifié. Viens à ta sœur. Viens â ta femme. Viens à ta femme, ô Ourthet ! Viens à ton épouse. Je suis ta sœur par ta mère. Ne te sépare pas de moi. Les dieux et les hommes (tournent) leurs faces vers toi pour te pleurer, tous, à la fois, depuis qu’ils me voient poussant des plaintes jusqu’au haut du ciel ; et tu n’entends pas ma voix. Je suis ta sœur qui t’aime sur la terre, personne autre ne t’a aimé plus que moi (ta) sœur, (ta sœur)'.
Évocation de Nephthys
Elle dit :
O excellent souverain, viens à ta demeure! Réjouis-toi, tous tes ennemis sont anéantis. Tes deux sœurs sont auprès de toi, en sauvegarde de ton lit funèbre, à t’appeler en pleurant, toi qui es renversé sur ton lit funèbre. Tu vois (nos) tendres sollicitudes, parle-nous, ô chef suprême, notre seigneur. Détruis toutes les angoisses qui sont dans notre cœur. Tes compagnons, qui sont les dieux et les hommes, lorsqu’ils te voient (s’écrient) : à nous ta face, ô chef suprême, notre seigneur ; la vie pour nous, c’est de voir ta face ; que ta face ne se détourne pas de nous ; la joie de notre cœur est de te contempler, ô souverain ; notre cœur est heureux de te voir.
1. Ce paragraphe rappelle la scène bien connue de la momie étendue sur son lit funèbre, auprès duquel se tiennent, dans l'attitude du deuil, Isis et Nephthys veillant sur le défunt et se lamentant, comme elles l’ont fait , disent les légendes, pour leur frère Osiris.
86 LES LAMENTATIONS ü’iSIS ET DE NEPHTHYS
Je suis Nephthys, ta sœur, qui t’aime. Ton ennemi a succombé ; il n’existe plus. Je suis avec toi en sauvegarde de tes membres à perpétuité et éternellement.
Invocation d’Isis
Elle dit :
O dieu An, tu brilles pour nous, au ciel, chaque jour.
Nous ne cessons plus de voir tes rayons. Thoth est pour toi en sauvegarde ; il élève ton âme dans la barque Ma-at, en ce nom, qui est le tien, de dieu Lune. Je suis venue pour te contempler ; tes beautés sont au milieu de l’œil sacré’, en ce nom, qui est le tien, de seigneur de la panégyrie du sixième jour. Tes compagnons sont auprès de toi ; ils ne se séparent plus de toi. Tu t’es emparé du ciel par la grandeur des terreurs que tu inspires, en ce nom, qui est le tien, de seigneur de la panégyrie du quinzième jour. Tu nous illumines comme Ra\ chaque jour; tu brilles sur nous comme Atoum1 2 3. Les dieux et les hommes vivent parce qu’ils te voient. Tu rayonnes sur nous, tu éclaires les deux mondes. Le double horizon sans cesse te livre passage. Les dieux et les hommes (tournent) leur face vers toi ; rien n’est nuisible pour eux quand tu brilles. Tu navigues en haut du ciel et ton ennemi n’existe plus.
Je suis ta sauvegarde chaque jour. Toi qui viens à nous en fils aîné de l’éternité, nous ne cessons plus de te contempler. Ton émanation rehausse l’éclat des étoiles de Sahou au ciel, en brillant et en disparaissant chaque jour.
Je suis la divine Sothis derrière lui ; je ne me sépare pas de lui !