‹ Bibliothèque égyptologique (volume 3)Chapitre 3 sur 171 · Lettre du 22 février · texte numérisé non relu

Lettre du 22 février

DE PHILIPPE-JACQUES DE HORRACK

alors sur le point de renoncer complètement à ses études égyptiennes. Par une lettre du 18 avril 1859, il en avertit Chabas. Celui-ci, sans vouloir combattre une résolution dont il n’était pas en mesure de discuter la nécessité, regretta simplement que cette résolution fût aussi radicale, et demanda si M. de Horrack ne pourrait pas suffisamment ménager ses forces en organisant autrement son travail. M. de Horrack répondit 1 :

Croyez bien qu’il m’en coûte beaucoup d'abandonner mon étude favorite, et de me séparer de mes livres au moment où j 'étais dans la bonne voie. Depuis la réception de votre aimable lettre, je suis devenu irrésolu... Je m’en vais suivre votre conseil, et tâcher de mieux diviser mon temps... Comme vous, je suis dans le commerce, et occupé pendant la journée. J’aime l’étude des hiéroglyphes, la plus intéressante que je connaisse, et il a fallu certainement une raison très grave pour m’en détourner.

— Je ne saurais trop vite, répondit Chabas, dès le 24 avril 1859, vous féliciter du retour que vous semblez avoir fait sur vousmême à propos des hiéroglyphes. Soyez convaincu que, plus tard, vous regretteriez amèrement l’abandon que vous avez un instant projeté.

Cet excellent M. S. Birch, .. qui, dans sa correspondance, se plaint quelquefois de ses soucis de famille, m’écrivait dernièrement, à propos de l’étude de l’égyptien : « It grows upon one and is a great alleviation of domestic cares. » Cette pensée est très vraie, et la portée doit même en être étendue à tous les ennuis, à toutes les déceptions de la vie...

Mais cette haute valeur de la science qui nous est commune ne doit pas nous entraîner au delà des limites d’un travail raisonnable et proportionné à nos forces. Un travail outré est mauvais à tous égards, même au point de vue des progrès. J’ai remarqué bien des fois qu’après des interruptions nécessitées soit par la fatigue, soit par les affaires, je reprenais l’étude avec plus de facilité, et que, loin d’avoir oublié, il se trouvait que j’avais introduit de l’ordre

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