‹ Bibliothèque égyptologique (volume 3)Chapitre 4 sur 171 · Lettre du 22 avril · texte numérisé non relu

Lettre du 22 avril

NOTICE BIOGRAPHIQUE

dans les notions précédemment acquises. Dussiez-vous même, après tout, progresser plus lentement, n'en persistez pas moins dans une étude qui est la mine la plus féconde, la plus inexplorée, la plus merveilleuse qu’il ait jamais été donné à l'homme d’approfondir... Je suis du reste tout à votre disposition pour les conseils que vous pouvez avoir à me demander dans le cours de vos études...

M. de Horrack se laissa persuader. Il écrivit qu’il était décidé « à reprendre ses études égyptiennes avec de nouvelles forces », et qu'il serait très heureux de recevoir les conseils de Chabas. Il était au courant des résultats alors acquis par les égyptologues ; il s’agissait maintenant de progresser par lui-même, en suivant une méthode qui lui permît de ne travailler que dans la mesure de scs forces, et cependant d’obtenir de bons résultats.

Le 17 mai 1859, Chabas répondit par l’envoi d’un plan d’études. Le principal caractère de ce plan, c’est que l’étudiant devait commencer la préparation d’un dictionnaire sur fiches; ou d’un dictionnaire où les mots se succéderaient sans ordre apparent, mais pourraient être aisément retrouvés au moyen d’un répertoire ou index alphabétique b Il devait consacrer au moins une page de grand format à chacun des mots qu’il rencontrait dans chaque texte analysé. La même page, complétée au besoin par plusieurs autres, devait recueillir tous les exemples de ce mot que l’étudiant rencontrerait dans le même texte ou les autres textes qu’il analyserait ensuite. Par cette méthode, les progrès ne devaient pas être d’abord extrêmement rapides ; mais ils devaient être durables ; et le travail pouvait sans inconvénient être momentanément interrompu1 2.

1. Le dictionnaire manuscrit de Chabas est organisé d’après ce système.

2. Par cette même lettre du 17 mai 1859, Chabas adressait M. de Horrack à Théodule Devéria, au Musée égyptien du Louvre.

DE PHILIPPE-JACQUES DE HORKACK

Avec cette méthode, écrivait Chabas1, on a toujours à faire et toujours la facilité de travailler, car il n’y a aucun inconvénient à passer d’un texte à l’autre. Toute bonne observation se classe immédiatement ; rien ne se perd, et la multiplicité des répétitions finit par faire une profonde impression sur la mémoire et sur l’intelligence.

Je vois avec infiniment de plaisir, écrivait-il encore, que vous appréciez mon système d’étude. Mais c’est surtout au bout de quelques mois que vous en reconnaîtrez la valeur.

Une lettre du 30 septembre 1859 rassura Chabas sur la constance du zèle de son disciple et sur le succès de sa méthode. M. de Horrack lui annonçait qu’il irait au Musée du Louvre noter pour lui des variantes du chapitre 90 du Rituel dès que Devéria serait de retour. Il ajoutait :

Je ne puis assez me louer de l’extrême complaisance que M. Devéria a mise à me laisser prendre des copies de plusieurs exemplaires du chapitre 1 du Rituel, de l'inscription d’Alnnès, de celle de Radesieh, etc., que j’ai analysées en essayant en même temps de les traduire. Dans ce moment-ci, j’ai sous la main le chapitre 17 du Rituel; il est vrai que je n’avance que très lentement; mais en revanche je suis moralement certain du succès que promet votre excellente méthode, et je travaille avec plaisir...

Je poursuis2 mes études égyptiennes avec empressement ; tout le temps dont je puis disposer est employé par l’analyse des textes d’après la méthode que vous avez bien voulu m’indiquer. Je marche lentement, car je ne suis qu’à la fin du chapitre 18 du Rituel, que j’ai mis souvent de côté pour attaquer des textes historiques dont le sens est plus facile à saisir... Je vous remercie de votre bonne volonté pour m’être utile dans mes études; j’en ferai usage en vous envoyant sous peu une petite liste de mots qui m’embarrassent... Jusqu’à présent, j’ai négligé l’étude de l’hiératique, faute de textes clairs et faciles; je suis donc bien aise d’apprendre la publication prochaine du papyrus de Mmd d’Orbigny.

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