‹ Bibliothèque égyptologique (volume 3)Chapitre 41 sur 171 · Lettre de M. de Horrack à Chabas, du 1er décembre · texte numérisé non relu

Lettre de M. de Horrack à Chabas, du 1er décembre

NOTICE BIOGRAPHIQUE

raitre parmi les vivants sous la forme qu’il lui plaît de prendre. Je crois que les anciens Égyptiens en savaient bien plus long que nous. L’esprit porte dans sa main une espèce de lampe, avec laquelle il s'illumine. C’est un corps dur qui sonne, quand John frappe sur la table ou au plafond... Un des initiés m’a dit que John King avait été gouverneur de la Jamaïque sous Charles II..., qu’il avait commis de nombreuses atrocités qu’il n’a pas encore expiées.

Quand paraîtra un compte rendu plus scientifique à ce sujet, je vous l’enverrai... Ci-inclus la photographie de Williams avec l’ombre de John King, tenant à la main sa lampe phosphorique.

On voit quel changement s’était produit dans les idées de M. de Horrack, depuis le jour (2 janvier 1870) où il s’était amusé à prévoir les rapprochements que Lauth serait capable d’imaginer entre le magnétisme animal et spirituel, et les idées des anciens Egyptiens. Il reconnaissait bien luimême combien il avait changé, et accueillait sans impatience les objections de Chabas, qui lui répondait le 13 mai 1874 :

... Ces effets sont connus depuis longtemps, depuis Robert Houdin et Ilamilton, qui les donnaient pour ce qu'ils valent, c’est-àdire pour des tours de passe-passe... Je m’en amuserais comme je me suis amusé et étonné de la seconde vue de Robert Boudin, miracle fait en plein jour devant 500 personnes, annoncé comme un tour, et que, malgré tout, un docteur-médecin, M. Serrand (en ce moment à la tête d’un hôpital homéopathique à Paris), et un ancien officier d’artillerie, élève de l'École polytechnique, ont hautement et publiquement reconnu comme un effet de magnétisme animal, de spiritisme, etc... En est-il revenu un seul, de ceux qui sont entrés dans le cercueil? Ah! s’il en revenait vraiment, que de choses du passé nous pourrions apprendre! Peut-être apprendrions-nous aussi quelques-unes des circonstances de l’Avenir... Mais soyez tranquille; de niliUo nihil!... A la prochaine occasion, portez une lampe de poche, et au milieu de l’opération allumez-la; vous pourrez alors voir toutes les ficelles...

DE PHILIPPE-JACQUES DE HORRACK

M. de Horrack ne se fâcha pas de l’incrédulité de son ami; mais il chercha de nouveau à le persuader, en lui écrivant le 15 mai 1874 :

Je vous remercie de votre longue dissertation sur mon « Spirit » ; mais elle ne m’a pas convaincu. Je me rappelle parfaitement le temps où, ainsi que vous, j’ai rejeté comme absurdes toutes ces histoires qui touchaient au merveilleux. Je n’y croyais pas, tout bonnement parce que cela me paraissait absurde comme étant contraire aux lois fixes de la nature. C’était là... une assez pauvre argumentation ; car, après tout, rien ne prouve que nous connaissions toutes les lois de la nature... Votre de niliilo nihil me semble beaucoup trop absolu... Les manifestations spirites existent; il est impossible de les nier. L’antiquité les connaissait; elles se sont produites à toutes les époques... Ce sont des faits naturels dont la cause n’est pas connue ; qu’elles soient contraires aux lois, dites fixes, de la nature, ne prouve rien, du moment que nous ne sommes pas sûrs de connaître toutes les lois... Vous reviendrez un jour de tout ce que vous avez dit à ce sujet dans votre « papyrus Harris1 »...

... Est-ce que je vous ai dit2 que je suis retourné voir le « Spirit » de John King ? Répétition des mêmes phénomènes. Séance extrêmement curieuse. J’ai concentré toute mon attention. C'est un Kliou ou un Sahou, en un mot une apparition intelligente qui a le pouvoir de se matérialiser momentanément, à l’aide du fluide qu’elle tire du médium...

... Je vous envoie ci-inclus le récit de mon expérience spirite 3, ainsi qu’une lettre de ma femme que j’ai reçue ce matin, et qui contient une narration d’une séance spirite bien autrement intéressante que celle à laquelle j’assistais. Veuillez me renvoyer la lettre quand vous l’aurez lue. Vous pouvez faire l’usage que bon vous semblera de ces deux histoires spirites ; mais ne vous en moquez pas trop, je vous en prie, car vous reviendriez un jour de toutes les idées erronées que vous avez à ce sujet... Les noms

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