‹ Bibliothèque égyptologique (volume 3)Chapitre 48 sur 171 · Le Papyrus magique Harris, p · texte numérisé non relu

Le Papyrus magique Harris, p

3. Voyages au pays des Mormons, par M. Jules Remy, 2e vol., p. 463 [; cl. Th. Devéria, Mémoires et fragments, t. I, p. 195-201 J .

NOTE SUR UN HYPOCÉPHALF

mentaire à un mémoire de M. Migliarini sur le déroulement d’une momie à Florence. Ce savant a le premier reconnu et expliqué, d’après les textes du Rituel, la valeur mystique de l’hypocéphale.

L’exemplaire soumis aux yeux du lecteur appartient, comme la plupart de ces disques funéraires, à la basse époque de l’empire égyptien. Il est divisé en quatre compartiments ou tableaux, dont deux sont opposés aux deux autres, comme pour représenter les deux hémisphères célestes : l’hémisphère supérieur, qui est au-dessus du monde terrestre, et l’inférieur, qui est au-dessous. L’ensemble et les détails des scènes qui composent ces quatre tableaux se rapportent tous à la résurrection ou à la nouvelle naissance après la mort. C’est l’idée principale, qui est symbolisée ici plus particulièrement par la course du soleil, image vivante de la génération divine. La période humaine se trouve ainsi continuellement comparée à celle de l’astre solaire, dont les différentes phases sont à leur tour personnifiées sous des types divins.

L’un des deux hémisphères porte en haut, dans un compartiment spécial, une petite légende qui paraît servir de titre à l’amulette même. Nous commencerons donc par cette partie de l’hypocéphale, c’est-à-dire par l’hémisphère inférieur ou le ciel nocturne, d’où le soleil était censé être sorti pour marquer le commencement du temps.

Voici d’abord la traduction de la petite inscription : « Hypocéphale1 d’Osiris2 Tatu, la justifiée. »

1. | , ha, derrière, dessous, et substantivement l’objet qui est

sous (ia tête). C’est l’hypocéphale, nommé d’après la position qu'il occupe; il a le déterminatif des objets sacrés ou divins j^. A la place de ha, la légende de l’hypocéphale de la momie de Florence porte

□ .J P ^ GS ^ Gr aP6’ aU ^roul',e ^ ^ ® 9 clui

se trouve dans le titre du chapitre ld3 du Rituel et que M. Birch a traduit avec raison par : « producteur de la chaleur sous la tête du défunt, ou hypocéphale ». Cette expression sert principalement à ex-

NOTE SUR UN HYPOCÉPHALE

Sur la première vignette, on voit l’âme justifiée du défunt en épervier à tête humaine, adorant une vache coiffée du disque et de deux plumes. Derrière l’âme est inscrit le signe qui signifie V ombre3 ;dans les textes mystiques, l’ombre et l’âme sont distinguées l’une de l’autre. Les attributs dont la vache est couronnée font reconnaître en elle la déesse Hathor, dont elle est l’emblème ordinaire. Cette divinité avait le rôle important de mère céleste, et symbolisait l’hémisphère inférieur ou leciel delanuit ; c’est dans son sein que descendait le soleil pour en sortir le lendemain, après y avoir pris nouvelle naissance. En cette qualité, elle recevait sous la forme d’une vache le défunt arrivant à l’occident, et, sous ce type, elle prend souvent le nom de Noub. Ici, c’est l’âme du défunt qui demande à renaître dans le sein de la mère céleste. Les vignettes des chapitres 71 et 162 du Rituel représentent la figure de cette vache, et le texte qui s’y rapporte prescrit, comme nous le verrons plus loin, d’en placer au cou du défunt une image faite en bon or, et de la peindre aussi sur l’hypocéphale. Au chapitre 17 elle est appelée Meh-ur, l’Ut’a du soleil4. Ce symbole, écrit en égyptien

primer Y efficacité qui était attribuée à l’amulette. M. de Rougé a signalé une autre variante de la même formule, celle de -<e>- ^ J1 ®

ar hcs ha ope , observée par lui dans les inscriptions circulaires des hypocéphales du Musée du Louvre, par laquelle ce savant a fait voir

que la valeur phonétique ordinaire du signe y es^ BES- Nous revien

drons plus loin sur l’explication que l’éminent égyptologue donne de ce mot. (Comparez E. de Rougé, Étude sur une stèle égyptienne de la Bibliothèque impériale , p. 114.)

2. Cette assimilation des défunts des deux sexes avec Osiris est un trait caractéristique de la croyance égyptienne, pleinement confirmé par les nombreux papyrus funéraires, qui appellent le défunt invariablement Osiris un tel, le justifié.

3. Chabas, Mémoire sur les esprits, dans le Bulletin archéologique, 1856, p. 44 [; cf. Œuvres diverses, t. I, p. 86-87],

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