Todtenbuch, ch. xvn
NOTE SUR UN HYPOCÉPHALE
ut’a, est l’œil mystique d’Horus
, dont l’image
est figurée ici dans un disque qui remplace la tête d’une déesse. C’est à la bienveillance de M. de Rougé que nous devons les indications précieuses qui vont suivre sur le sens mystique de la scène intéressante qui nous occupe.
Une stèle du Musée de Naples, publiée par M. Brugsch1, dit bien que les deux ut’a sont le soleil et la lune, mais cette attribution ne se trouve que dans les basses époques; plus anciennement, on y rattachait habituellement l’idée du renouvellement d’une période, comme la pleine lune, les équinoxes, le solstice, etc. Ici, l’œil mystique désigne l’accomplissement de la période de la résurrection, toujours assimilée au renouvellement annuel et diurne du soleil; c’est ce qu’indique la déesse Ut’a, qui tend le lotus, symbole d’une nouvelle naissance, sur la vache, mère de ce nouveau germe où l’âme renaîtra. Le dieu à corps d’épervier est une forme d’Ammon générateur; il tient le bras avec le fouet dans l’attitude consacrée, symbole mâle de cette même générat ion ; c’est pourquoi le serpent ithyphallique lui rend aussi l’Ut’a. Ce serpent à tête d’épervier et à jambes humaines, est une variante du même symbole, faisant allusion au pouvoir générateur. On voit donc, dans cette scène, d’un côté le principe femelle, et de l’autre l’élément, mâle, pour exprimer ensemble l’idée de la génération éternelle.
Le second tableau montre le soleil dans sa barque, sous la forme de Noum-Ra 2 à tête de bélier, type qu’il prend ordinairement quand il traverse l'hémisphère inférieur du ciel pendant les heures de la nuit. L’astre est accompagné de six personnages divins, qui forment, pour ainsi dire, sa suite, mais les fonctions ne sont pas encore bien déterminées.