Voir Bibliothèque ègyptologiquc, t. IX, p. xliii
5. Lettre à Chabas, du 22 août 1861. L’bypocéphale en question, donné au Musée du Louvre, y est exposé sous le n° 1251.
NOTICE BIOGRAPHIQUE
je les aurai recueillies, je terminerai ma notice pour vous la soumettre...
Je reste maintenant 61, rue Taitbout, où j'ai loué un joli petit appartement faisant face à l'Est. Mon petit salon est garni d'un bureau construit exprès pour l'étude des hiéroglyphes et surmonté d'une espèce d’étagère qui contient seulement des ouvrages égyptiens. Je vous prierais de m'adresser vos lettres aux soins de MM. Tiffany, Reed et Cie ; mais les brochures... au n° 61 de la rue Taitbout... Je dois éviter tous les indices qui pourraient... faire soupçonner que mes goûts se portent plutôt vers l’égyptologie que vers la science de faire de l’argent...
Cependant la crise causée par la guerre de la Sécession aurait pu lui procurer des loisirs pour l’étude. Une lettre à Chabas, du 4 novembre 1861, nous montre qu’il regrettait les heures perdues à la fois pour les affaires et pour l’égvptologie :
Les affaires, en Amérique sont bien plus tristes que celles en France. Nous ne faisons rien, absolument rien. Malheureusement je suis obligé d'être au bureau quand même, sans pouvoir m'occuper d'autres choses1 2.
L’affaire du Trent, après avoir failli causer une guerre entre l’Angleterre et l’Amérique, parut à peu près arrangée au commencement de l’année 1862. La notice sur l’hypocéphale avait été cependant rédigée au milieu de ces agitations. Mais M. de Horrack l’avait mise de côté; car, aussi modeste que difficile pour son propre travail, il n’en était pas encore satisfait. Il fallut que Chabas demandât à la voir. M. de Horrack lui répondit le 16 janvier 1862 :
1. On sait que la maison Tiffany, dont M. de Horrack était un des représentants à Paris, avait son siège en Amérique.
2. La même lettre faisait connaître à Chabas l’explication des premières lignes du Conte des Deux Frères, telle quelle était alors donnée par E. de Rougé.
DE PHILIPPE-JACQUES DE HORRACK
... Je vous envoie ce que j'ai produit... je vous prie de regarder cet essai plutôt pour le thème d’un écolier, fait pour sa propre instruction, et non pas pour être publié. Ne me ménagez donc pas... je suis prêt à recommencer; je regrette seulement la peine que je vous donne-
J'analyse dans ce moment-ci votre papyrus magique. Je navance que lentement dans ce travail ; mais mon Dictionnaire prend des proportions de plus en plus volumineuses, et me donne beaucoup de satisfaction.
Chabas lut le travail sur l’hypocéphale, et le renvoya a l’auteur, avec quelques observations dont celui-ci profita pour retoucher et compléter son œuvre. Le mémoire fut alors soumis à l’appréciation d’E. de Rougé1 2. Mais, pour prendre patience en attendant la réponse du maître, M. de Horrack étudia, d’après les indications de Chabas , une lettre des papyrus Anastasi, antérieurement traduite par Goodwin. Tout en se défendant d’avoir eu l’idée de faire mieux que le savant anglais, il s’écarta quelquefois de la traduction de celui-ci, pour donner son interprétation personnelle. La discussion du texte avec Chabas ! l’amena à présenter encore d’autres remarques, notamment sur les mots jl zij Q , ^ et | ~—n . Chabas répon-
dit en envoyant le premier volume de ses Mélanges ; son disciple lui exprima en ces termes son admiration :
Mon dimanche n'aurait pas pu être mieux employé qu'avec la lecture de votre intéressant ouvrage, qui a surpassé toutes mes at tentes. Je n’ai pas bougé de chez moi, jusqu’à ce que je l’eusse dévoré entièrement ; mais ce matin j'en ai commencé l'analyse régulière3... Je travaille soir et matin après vos Mélanges, qui sont vraiment d’une importance extraordinaire pour l’étude des hiéroglyphes1.