Étude sur une stèle de la Bibliothèque impériale, p
46 LES LAMENTATIONS DISIS ET DE NEPHTHYS
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fils d’Ammon, émané du soleil .
CINQUIÈME PAGE IVe Section
[Ligne 3] Invocation de Nephthys. Elle dit :
O excellent souverain ! Viens à ta demeure ! Ounnefer justijïé, viens à Tattou. [1.4] O taureau fécondateur, viens à Anap. Bien-aimé de l’Adytum, viens à Kha; viens à Tattou, lieu que préfère ton âme. Les esprits de tes pères te secondent ; [ 1.5] ton fils, l’adolescent Horus, fils de tes deux sœurs, est devant toi. Au lever de la lumière, je suis ta sauvegarde chaque jour. Je ne me sépare jamais de toi.
O dieu An, viens à Sais ! Sais est ton nom. [1.6]. Viens à Aper, tu verras ta mère Neith. Bel enfant, ne t’arrête pas loin d’elle. Viens à ses mamelles (pour) t’y abreuver. Frère excellent, ne t'arrête pas loin d’elle! O fis, [I. 7] viens à Sais.
Osiris-Tarut, surnommée Naïnaï, fille de Persaïs, justifiée, viens à Aper, ta ville. Ta demeure est Tab. Tu [i/] reposes auprès de ta mère divine pour [1. 8] toujours. Elle protège tes membres, elle disperse tes ennemis, elle est la sauvegarde de tes membres à jamais.
O excellent souverain! Viens à ta demeure; seigneur de Sais, viens à Sais !
Cette invocation s’adresse encore à Osiris, dont elle fait ressortir la manifestation solaire. Le dieu revenant à la vie est assimilé au soleil diurne et, suivant notre papyrus, sa
1. Obélisque de Luxor, côté sud. — Chanipollion, Notices , p. 73 et 121.
LES LAMENTATIONS D ISIS ET DE NËPHTHYS
mère devient alors Neith, la déesse-mère et la mère du soleil par excellence. D’après une observation deM. Devéria, Neith paraît s’identifier plus particulièrement avec le ciel du jour, tandis que Nu-t, qui représente aussi la voûte céleste, est considérée comme le type du ciel nocturne et, dans cette qualité, remplit le rôle de mère d’Osiris, lorsque celui-ci est assimilé au soleil de la nuit, c’est-à-dire au soleil quand il parcourt l’hémisphère céleste au-dessous de la terre. Ces vues ingénieuses me paraissent admissibles pour l’époque relativement récente du grand développement du culte de Neith, à laquelle la rédaction de notre papyrus est encore postérieure. Remarquons en passant qu’à la ligne 6 notre texte fait allusion à la formation nouvelle de l’Osiris terrestre par sa sœur Isis, dont parle V Hymne à Osiris en ces termes : Elle a emporté les débris de son corps et lui a donné la mamelle en secret. On ne connaît pas le lieu où cela se fit' .
Les localités A nap, Kha, Tattu, Sais, Aper et Tab, avec lesquelles Osiris est mis en rapport, étaient situées dans la Basse Égypte1 2. Elles n’ont pas été identifiées, à l’exception de la ville de Saïs.
Après l’invocation au dieu, Nephthys s’adresse, non pas à la défunte Tentrut, comme on devait s’y attendre, mais à sa sœur Tarut, à laquelle la partie hiéroglyphique du papyrus est consacrée. Est-ce là encore une erreur du scribe?
La traduction de cette section n’offre aucune difficulté.
Je considère le groupe il o, à la fin de la quatrième ligne, comme une variante de 11 sen, s’associer, s’allier, seconder. Ce dernier mot rend très exactement l’idée du verbe égyptien.
1. Chabas, Hymne à Osiris, pl., lig- 16 [; cf. Œuvres diverses, t. I,
pl. II, 1. 16].