‹ Bibliothèque égyptologique (volume 3)Chapitre 8 sur 171 · La Revue archéologique · texte numérisé non relu

La Revue archéologique

DE PHILIPPE-JACQUES DE HORRACK

mis à l’appréciation de Chabas, qui proposa les dernières retouches1 ; la conscience de l’auteur pouvait être enfin satisfaite2 3. On sait que l’étude sur l’hypocéphale parut dans la Revue archéologique, au mois de septembre 1862. Peu de jours auparavant, M. de Horrack avait fait à Paris la connaissance de Brugsch ; il écrivait à Chabas, le 10 août 1862 :

J’ai bien reçu votre intéressant mémoire sur les Inscriptions des

Mines d’or b dont je vous remercie infiniment. Votre traduction

me paraît excellente, et vos notes contiennent des données cu-

rieuses-, la rectification de la traduction des mots ff „ et

Y J est très importante... Je suis allé voir [M. Devéria] il y

a quelques jours, au Musée du Louvre, où j’ai eu le plaisir de faire la connaissance de M. Brugsch, qui m’a fait l’impression d’un bon et charmant garçon...

J’ai reçu avant-hier la feuille d’épreuve de ma « Note sur un hypocéphale », que j’ai corrigée et renvoyée à la Revue... La santé de notre ami 4 va très bien ; sa famille demeure à Fontainebleau, où il passe aussi quatre jours de la semaine, du jeudi au lundi, en travaillant après 1 e Rituel hiératique de M. de Rougé...

1. Lettres de M. de Horrack à Chabas, du 5 et du 9 avril 1862. Dans ses lettres du 25 mars et du 9 avril, M. de Horrack offrait à Chabas de transcrire autographiquement le texte du papyrus Anastasi I, pour la publication du Voyage d’un Égyptien.

2. Cependant des lettres du 11 et du 16 avril 1862 nous montrent qu'il soumit encore à Chabas une dernière retouche ; une lettre du 30 juin, datée de Bade où il était allé prendre quelques jours de repos, demande quelques renseignements pratiques pour la publication.

3. M. de Horrack était allé au Louvre, en mai 1862, comparer la copie de la stèle de Kouban, dont se servait Chabas, au moulage de cette stèle exécuté par Prisse (lettre du 19 mai 1862). Il s’occupa aussi des corrections à apporter à la lithographie de la stèle (lettre du 20 août 1862).

4. Devéria. Celui-ci, qui avait passé en Égypte auprès de Mariette l’hiver de 1861-1862, avait été fort souffrant après son retour en France (lettre de M. de Horrack à Chabas, du 19 mai 1862) ; mais l'été avait mis fin à cette crise.

NOTICE BIOGRAPHIQUE

Devéria écrivait lui-même à Chabas, le mois suivant’, pour louer le mémoire sur l’hypocéphale. Un peu plus tard, ce fut Brugsch , qui, pressé par M. de Horrack d’entrer en correspondance avec Chabas, se décida à écrire le 30 octobre 1862. M. de Horrack l’annonçait par une lettre du 2 novembre :

En même temps que votre aimable lettre d’hier, je viens d’en recevoir une de M. Brugsch, renfermant l'incluse que je m’empresse de vous expédier de suite ; M. Brugsch sera enchanté d’entrer en correspondance avec vous...

Et, dans sa réponse à Brugsch, le 8 novembre 1862, Chabas écrivait :

Je suis extrêmement reconnaissant à mon ami M. de Horrack d’avair contribué à me mettre en relations avec vous ; parmi les innombrables services que sa présence à Paris l'a mis à même de me rendre, voici à coup sûr le plus signalé...

La première lettre de Brugsch à Chabas contenait des observations lexicographiques sur les Mélanges* ; dans sa lettre du 2 novembre, M. de Horrack faisait aussi une ob-

servation sur le mot

Voici une preuve assez décisive pour la signification de votre

mot

que je viens de trouver dans Hérodote. On y

lit au chapitre xxx du livre second, la mention suivante : « En continuant à naviguer au-dessus de Méroé, vous atteignez le pays

1. Lettre du 9 septembre 1862. V oir Bibliothèque ègyptologique, t. IX, p. xlii-xliii.

3. Ce mot est écrit en hiératique dans la lettre de M. de Horrack. Il publia cette observation sous le titre de « Lettre à M. le Directeur de la Revue archéologique à propos d’un mot égyptien signifiant la gauche ».

DE PHILIPPE-JACQUES DE HORRACK

des transfuges égyptiens, dans un temps égal à celui que vous avez mis à vous rendre d’Éléphantine à la métropole des Éthiopiens. Ces transfuges portent dans leur langue le nom d’Asmach, qui, traduit dans la nôtre, signifie : Ceux qui se trouvent à la gauche

du roi, -

CE

PkiLvri

Dans cette même lettre du 2 novembre 1862, M. de Horrack reparlait à Chabas d’un projet qu’il lui avait déjà soumis1, en lui rendant compte d’un article publié par Zündel, dans Heidelberger J ar bûcher , sur le Papyrus magique Harris de Chabas, et sur les résultats fournis par l’étude des hiéroglyphes. Bien que l’article fût particulièrement élogieux pour Chabas, il n’était pas de nature à attirer les étudiants allemands vers l’égyptologie ; et M. de Horrack regrettait pour ceux-ci qu’il n’existât aucun traité qui pût les mettre au courant de l'ensemble des résultats déjà obtenus, et exciter leur curiosité. « J’ai bien pensé, écrivait-il alors, à Y Introduction to the study of hiéroglyphe, de M. Birch, qui a dû rendre de grands services en Angleterre, et l’idée m’est déjà venue plusieurs fois de la traduire en allemand 2 ; mais il n’est pas possible d’adopter à la lettre l’alphabet incomplet au dernier degré, et les traductions souvent très obscures et incompréhensibles de M. Birch. Quelle est votre idée à ce sujet? » Et, dans sa lettre du 2 novembre, M. de Horrack ajoutait :

Avant de demander l’autorisation de M. Birch pour la traduction de son Introduction, je ferai un essai pour voir si la tâche n’est pas au-dessus de mes forces. Le tableau des signes hiéroglyphiques donné par M. Birch est bien incomplet ; il en est de même

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