‹ Bibliothèque égyptologique (volume 3)Chapitre 9 sur 171 · Lettre du 20 octobre · texte numérisé non relu

Lettre du 20 octobre

2. Chabas avait publié une traduction en français du même traité dans la Revue archéologique, 1857 (voir Bibliothèque égyptologique, t. IX, p. xvi) ; M. de Horrack ne donna pas suite à son projet de traduction en allemand .

NOTICE BIOGRAPHIQUE

delà partie grammaticale; mais où me mènera l’étendue qu’il faudra nécessairement donner à ce petit traité ?

Une lettre du 26 novembre 1862 montre aussi que M. de Horraclc venait alors de donner à la Revue archéologique son article sur un mot égyptien signifiant « la gauche » ; il annonçait à Chabas que l’article paraîtrait probablement en décembre, l’épreuve étant déjà corrigée. En même temps, il racontait une visite qu’il avait faite au Louvre à Devéria. Il avait été surtout question, dans leur conversation, des prochaines publications de Mariette, et de ses récentes découvertes ; on sait que Devéria venait de passer en Égypte l’hiver de 1861-1862. M. de Horraek devait aussi chercher

au Louvre des exemples du mot pour le compte de

Chabas; celui-ci préparait alors son mémoire : Recherches sur le nom de Thèbes, qui parut à la fin du mois d’avril 1863. Le 18 décembre 1862, M. de Horraek lui rendait compte d’une nouvelle visite faite la veille au Louvre, pour la même recherche. Il avait rencontré, dans le cabinet de Devéria, AL Yaldemar Schmidt, qui se disposait à partir pour l’Italie, et avait discuté avec lui' sur la valeur du mot ^ ^ ®

pour lequel il hésitait à admettre le sens « nouveau, renouveler », proposé par Brugsch. Chabas se déclara en faveur de Brugsch, mais eut quelque peine à faire entendre raison à son disciple, qui lui répondait encore le 30 décembre 1862 :

Vous avez affaire à une tète des plus carrées, et je vous prie de vouloir m’excuser si je vous dis que votre aimable explication

de y !U\. ne m'a pas convaincu. Le sens terminare, finire,

vitam deponere, s’adapte parfaitement aux phrases que vous citez pour justifier le sens « nouveau »...

1. Il discutait aussi, en finissant cette lettre, des transcriptions de signes hiératiques.

DE PHILIPPE-JACQUES DE HORRACK

J’irai voir M. Devéria pour lui remettre vos empreintes arabes... Le cours de M. de Rougé ouvrira au commencement du mois prochain ; j’assisterai aux premières leçons, afin de savoir au juste où l'on en est, dans la grammaire et dans le papyrus des Deux Frères...

Il écrivait, le 14 janvier 1863

... Le cours de M. de Rougé est ouvert depuis le 7 de ce mois. M. de Rougé expliquera, le mercredi, les monuments qui se rapportent au règne de Ramsès II, ses conquêtes en Syrie, la race et le caractère du peuple de Cheth, etc., en commençant par la stèle des Mineurs d’or, et en passant en revue l’inscription d’Ibsamboul, le papyrus Sallier III, le traité de paix avec les Cliétas, etc. Le vendredi, il continuera d’analyser le papyrus des Deux Frères, à partir de la page 7, ligne 6. M. de Rougé a donc commencé parle premier monument du règne de Ramsès II, la stèle des Mineurs, en prenant pour base votre copie, et en critiquant votre traduction ainsi que celle de M. Brugsch. Il a déclaré la vôtre la meilleure, mais il a singulièrement appuyé sur un « tort considérable » qu’il vous reproche, c’est de ne pas avoir dit un mot du travail de M. Brugsch1. Voici quelques détails qui vous intéresseront peutêtre :

. Le sens (< tremPe 11 n’est Pas admissible; c’est

plutôt couleurs (d’après Brugsch), ou mieux encore forme (de R.). © ^

1 ensemble des dieux adorés dans un temple.

« méprisable, vil », non pas « défaillant ».

ra . Ce mot est un verbe déterminé par l’animal

représentant Set ; il n’a rien à faire avec le « griffon », mais veut dire bouleverser, détruire, massacrer , ou quelque chose de semblable, l’animal déterminant les actions violentes.

1. Voir, sur l’incident auquel cette observation donna lieu, notre Notice biographique de F.-J. Chabas, dans ia Bibliothèque ègyptologique, t. IX, p. xlvi-xlvii.

Bibl. égypt., t. xvii. **

XVIIÎ

NOTICE BIOGRAPHIQUE

j est un substantif' ; le premier signe a été confondu

avec ^j. Il doit exprimer l’état de l’àme des personnes qui se

trouvent dans certains dangers. Il est très rare; mais voici un exemple tiré de Lepsius, Denkm., III, 195 :

Le roi massacra ses ennemis

2HI j 'WVWk comme le vent qui brise ou,

secoue les... effrayés (?) sur la mer. 2114" est le copte tht,

□ — 1 1 . . , =1 le copte noo; la prononciation du signe J

n’est pas connue.

L'explication des mots ci-dessus a rempli la séance de ce matin.

Quant au papyrus d Orbiney, M. de Rougé a commencé par la

/WWA a û û- o-n a(2-^~

ligne 6 de la planche 7 :

, et

il est arrivé au mot

Ml

de la ligne suivante. Rien de

nouveau. Différences dans la prononciation de û D ; écrit — 0

= ma; ^ 0 = ta. Le mot amamu de ci-dessus = le copte «Aie,

le mot nui le copte n^-vi, lance, javeloti En allant de ce pas, M. de Rougé n’arrivera pas à la fin de la page 8 dans ce semestre.

Vous avez probablement connaissance des publications suivantes, qui viennent de paraître simultanément, savoir :

1° Bak-en-Chonsou, de M. Devéria. L’explication du mot ®

proclamer me semble juste, et je crois que la phrase de Sallier I, citée dans vos Mélanges , doit être traduite : Ils proclamèrent d’une seule bouche qu’ils ne savaient pas, etc.

2° Deuxième partie du Recueil de Brugsch, qui contient entre autres le fac-similé du Papyrus médical, ainsi que les inscriptions du temple de Qournah, traduites par M. Devéria, p. 20 de son Bak-en-Chonsu. Il est intéressant de comparer entre elles copies

1. Voir dans le Recueil de Travaux relatifs à la philologie et à l’archéologie égyptiennes et assyriennes , volume X, p. 64-66, une note sur le signe 3 ou J par M. Guieysse.

DE PHILIPPE-JACQUES DE HORKACK

et

traductions. Le fameux mot

s’y trouve, et M. Brugsch

insiste plus que jamais que le sens de ce mot est nouveau, mais sans rien prouver. Je préfère infiniment la traduction de M. Devéria, mais pour la première inscription seulement ; les autres ont été mieux interprétées par M. Brugsch.

3° Note on some négative particles, par M. Le Page Renouf. C’est un égyptologue de premier rang, à en juger d'après ce petit mémoire, que j’ai trouvé fort intéressant. Il dit, page 2 : « I hâve

elsewhere explained the relationship between the forms and , which are never interchangeable. » Savez-vous ce que c'est

que cet « elsewhere »? Je voudrais bien en faire l’acquisition.

4° Article de M. Baillet, dans la Revue. Je viens de faire la connaissance de l'auteur, un jeune homme qui suit le cours de M. de Rougé depuis fort longtemps...

M. Auguste Baillet ne tarda pas d’ailleurs à se présenter lui-méme à Chabas 1 2 3, en lui offrant des tirages à part de ses articles.

Dans des lettres du 21 et du 31 janvier 1863, M. de Horrack continua à transmettre à Chabas le compte rendu des cours d’E. de Rougé. Mais, le 13 février, il lui annonçait qu’il était sur le point de se rendre en Allemagne pour six semaines ou deux mois. Il allait d’abord à Francfort-surle-Mein b mais il comptait aussi passer à Munich pour vériiier le texte de l’inscription de Bak-en-Chonsu , étudiée par Devéria. De retour à Paris4, il écrivit à Chabas, le 15 avril 1863 :

Je suis de retour à Paris depuis quelques jours, très content de mon voyage; je regrette seulement de n’avoir pu passer par Berlin pour causer avec M. Brugsch ; mais, en revanche, j’ai eu le

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