‹ Bibliothèque égyptologique (volume 3)Chapitre 89 sur 171 · L-fl · texte numérisé non relu

L-fl

[sont] à savoir : j’ai été domestique à lui et l’autre

m’a tourmenté.

La phrase « Il ne sait pas, il ne sait pas » est rendue par le papyrus à la deuxième personne, ce qui donne le même sens. On remarquera que le scribe du texte Cailliaud avait également employé le verbe © à la troisième personne, mais s’étant ravisé il a changé le en par un gros trait de plume.

DU MUSÉE DU LOUVRE

Il s’agit ici encore d’une accusation du maître ; il traite son disciple d’ignorant après lui avoir reproché sa paresse, son inertie.

A cela le disciple rappelle les efforts qu’il a faits pour se concilier son maître : « j’ai été son domestique », dit-il, « et l’autre me tourmente». Tel est, du moins, le sens apparent de la phrase ; le génie de la langue égyptienne s’accommodait parfaitement de ces changements de personnes.

Le mot 0-^“ a été rendu par « caresser, cajoler,

flatter», par M. Chabas ( Voyage , n° 656). M. Brugsch ( Dict ., p. 258) propose le sens « converser, conversation », qui ne me semble pas convenir dans les phrases où ce groupe

se rencontre. Quant au terme

ou

selon

le papyrus, l’idée « serviteur, domestique » paraît ressortir d’un passage du Papyrus Anastasi I, p. 5, 1. 5 où on lit :

« Voici que tes serviteurs se tiennent debout derrière toi. » La suite présente, sur l’ostracon du Louvre, une particularité très remarquable, dans l’introduction, plusieurs fois répétée, du déterminatif , qui semble attribuer au roi les titres énumérés par le texte. Dans l’état de détérioration des deux autres manuscrits, il était impossible de se rendre

compte de cet arrangement, non plus que de la coupe de la

Qu°i qu’il en soit, on lit sur

phrase après (j notre ostracon

Les ordres du seigneur au nom victorieux [sont] dominants;

ses lois

iim il

très immuables, comme Thoth.

SUR UN OSTRACON

La formule que je traduis « très immuables » est

A ^iiiiiiu^ <-— ■'

sur l’ostracon, et«v» sur le papyrus. M. Cha-

/WVW\ \££/

bas a fait ressortir plusieurs fois la valeur de ces termes et démontré que la jonction de deux qualificatifs est l’expression ordinaire du superlatif en égyptien.

Il semble que l’écrivain critiqué fasse appel à la volonté royale, aux décrets souverains qui Iul ont conféré des titres contestés à tort, et qui ne sont pas l’apanage ordinaire des hommes sans courage et sans instruction.

En continuant cet ordre d’idées, j’admettrais que la phrase suivante :

Je suis

un soutien

de

famille

toute

se réfère à un titre, à une fonction réellement exercée par l’écrivain en vertu d’un ordre royal. Mais ni le mot -5- (|[| ^ (qui se trouve déjà au Papyrus Anastasi I, p. 5, 1. 7) ni le mot ifîlî (dont on connaît de

nombreux exemples) ne nous ont encore livré assez exactement les nuances de leur signification pour qu’il nous soit possible d’arriver au sens exact. La version : « Je suis un soutien de famille » ou « d’une famille entière », n’est qu’une hypothèse que j’abandonne à la sagacité de mes collègues.

Suit une date que je lis : « Phamenoth, jour 29e ».

Si les résultats de cette courte étude sont de quelque utilité pour la science, il est juste de dire qu’ils sont dus presque entièrement aux indications précieuses que j’ai puisées dans les nombreux ouvrages philologiques deM. Chabas, ce savant désintéressé et dévoué aux intérêts de la science, qui se montre toujours disposé à seconder les travaux de ses confrères en égyptologie, en mettant à leur disposition, de la manière la plus libérale et la plus amicale, les ressources

DU MUSÉE DU LOUVRE

de ses vastes index. Son beau travail sur le Papyrus Anastasi I, fruit de la collaboration du savant égyptologue de Chalon avec M. Goodwin, notre maître à tous dans la littérature hiératique, a bien certainement rendu à la science un service signalé, et est digne à tous égards de la réputation justement méritée de son auteur.

Agréez, Monsieur, l’assurance de ma parfaite considération.

Paris, le 10 décembre 1867.

J. DE HORRACK.

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