‹ Bibliothèque égyptologique (volume 4)Chapitre 10 sur 35 · Prony, professeur à l’École polytechnique · texte numérisé non relu

Prony, professeur à l’École polytechnique

INTRODUCTION

zodiaques. Il ne doute pas qu’on ne rapporte des dessins qui feront mieux connaître l’architecture égyptienne que les jolies vues deDenon, et que tous les travaux réunis ne fassent un ouvrage magnifique. Mais le premier Consul et le Ministre de l’intérieur n’étant pas à Paris, il ne se fera rien. Tu n’as donc pas besoin de te presser beaucoup ; seulement tu ferais bien d’être à Paris, quelques jours avant le retour du premier Consul, afin de prendre langue.

» Former, que je n’ai pas encore pu voir, a été très bien reçu par le premier Consul. Il a déjà fait plusieurs leçons à l’École polytechnique. Girard a parlé aussi au premier Consul. Il a lu, dans une séance particulière de l’Institut, un mémoire sur le Mekias de l’ile d’Éléphantine. Il se propose d’en lire un autre et de profiter du mouvement d’enthousiasme que tout ce qui est relatif cà l'Égypte occasionnera pendant quelque temps. Monge est bien malade. On espère cependant le sauver. Hier, il allait un peu mieux. »

De Villiers à Jollois

22 nivôse (12 janvier 1802).

« Le projet de réunion des travaux de la Commission est, à ce qu’il me paraît, définitivement arrêté. Berthollet, Laplace et Fourier sont à peu près convenus de leur fait. L’ouvrage sera composé d’une partie historique que rédigera Fourier, de descriptions de monuments accompagnés de dessins, et de divers mémoires des membres de la Commission. On obligera ceux d’entre eux, dont les travaux sont absolument nécessaires à la confection de l’ouvrage, à les apporter. Les autres soumettront ce qu’ils voudront faire comprendre dans cet ouvrage à une Commission composée de cinq membres, savoir: Fourier, un astronome Delambre, un architecte Legrand, un naturaliste Cuvier et un antiquaire.

» Seront obligés d’apporter leurs travaux : Dutertre,

Lepère, Redouté’, Balzac1 2, Joraard, Lancret, Chabrol, toi et moi. On continuerait leur traitement aux uns ; on obtiendrait pour les autres de les faire employer à Paris. Cela ne paraît pas souffrir de difficultés. La description des monuments serait confiée à différentes personnes qui signeraient individuellement.

» Toutes ces choses m’ont été confiées par Fourier, qui m’a recommandé de n’en pas parler trop publiquement. Fourier m’a chargé de te dire que ce n’était nullement de son fait que l’on avait annoncé dans un Moniteur du mois dernier qu’il s’était chargé de recueillir et de dessiner luimême les zodiaques de la Haute-Égypte. Je l’ai bien tranquillisé sur l’inquiétude qu’il paraissait avoir que cela ne te fît de la peine. Fais en sorte d’être ici avant la fin du mois. »

Fidèle au rendez-vous, Jollois accourut à Paris et se mit presque aussitôt à la tâche. Au mois de vendémiaire, il se trouvait en Bourgogne, où l’avait appelé un deuil de famille, quand il reçut de de Villiers les lignes suivantes :

« J’ai fini hier un grand dessin. Je l’aurai demain et mer- » credi le présenterai. Je vais m’occuper à réduire le plan » de Philæ, comme nous en sommes convenus. Monge » nous a prévenus, à la dernière assemblée, que le pre- « mier Consul désirait insérer dans l’ouvrage de laCommis- » sion une histoire de la partie militaire de l’expédition, » écrite par lui-même. Il a, pour cela, écrit à chacun des » corps revenant d’Égypte, pour avoir l’historique de leurs » travaux en ce pays. Les secrétaires rédacteurs sont, dit- » on, déjà nommés. Ce travail, outre l’avantage d’ajouter » beaucoup à l’intérêt de l’ouvrage, a encore celui d’assurer » le désir que Bonaparte aura de voir achever notre besogne,

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