Dümichen, Kalendcr-Inschriftcn, pl. II
DE MESURAGE
Ces lignes se rapportent à trois espèces de parfums1, ainsi qu’on peut la voir en composant les autres tableaux, où ces sortes de substances sont constamment notées après le vin.
Des trois articles qui concernent les parfums dans ce passage, le premier était probablement noté en poids outen ou en mesures tous les chiffres en ont disparu. Du second, on distingue la quantité annuelle, qui est de 2190 teno , c’est-à-dire de 6 tenci par jour; et le troisième donne un produit de 3650 tenci par an, à raison de 10 tenci par jour.
Additionnés ensemble, ces deux articles forment un total de 5840 teno, qu’il faut porter au moins à 6000 tenci, pour tenir compte de l'encens mesuré en boîtes p-^!.
Je démontrerai tout à l'heure que la mesure apct
était de la contenance de 18 litres 40 centilitres. Si le tenu
valait 4 apet, il serait donc égal à 73 litres
60 centilitres, et les 6000 tenci de parfums ne représenteraient pas moins de 4300 hectolitres!!! La production du monde entier n’aurait pas suffi, à beaucoup près, à la consommation annuelle d’un seul des temples de l’Égypte.
Si l’on supposait que le tena est le quadruple, non de Y apet, mais de la tasse et valût conséquemment 61 centilitres, la quantité totale serait réduite à 36 hectolitres environ, chiffre qui n’a plus rien de disproportionné. 11 ne faut pas, en effet, juger de l’emploi de l’encens dans les cultes antiques, d’après ce qui se pratique dans les religions modernes, notamment dans le catholicisme; nos plus grandes cathédrales n’en consument pas plus de 3 kilogrammes (environ 3 ou 4 litres). Mais aujourd’hui libations, onctions et fumigations sont plutôt indiquées que réellement effectuées, tandis que l’encens et les autres parfums brûlaient en abondance dans les cérémonies antiques. Le culte que Salomon
1 . Les hiéroglyphes sont oblitérés, sauf à la ligne 9, où la fin du roupe est encore distincte.
SUR QUELQUES INSTRUMENTS ÉGYPTIENS
institua employait aussi beaucoup de parfums. Parmi les présents que ce monarque fastueux reçut de la reine de Saba, figuraient des aromates en quantité énorme : « Jamais, )) dit le texte biblique, imitant ici le style égyptien, jamais » il ne fut apporté plus cl’ aromates que n’en donna la reine )) de Saba au roi Salomon' . »
Mais s’il est vrai que la contenance de 61 centilitres pour
le H A- tena donne ici un résultat acceptable, cette con-
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tenance ne repose sur aucune preuve directe. Les documents que j’ai étudiés ne m’ont fourni l’indication d’aucun multiple, ni d’aucun sous-multiple de cette nature, que le texte de Médinet-Abou distingue avec soin de la mesure -pj-, ainsi qu’on peut l’observer dans les résumés de chaque jour; cer-
taines substances y sont toujours nombrées
en
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d’autres en [j ^ , mais les indications -pj- et .•'”lp~) sont
presque uniquement employées pour deux espèces de céréales ,[i] et , qui sont toujours totalisées ensemble sous la rubrique commune de I > c’est-à-dire de
grains 2.
Du reste, une preuve rigoureuse de la non-identité des mesures [1.0. et -pj- se trouve à la planche XV du calendrier de Médinet-Abou. En A, trois espèces de pâtes ou pastilles sont comptées en (1.0.; les trois forment ensemble 45 tena , et leur produit en gâteaux ou pastilles est additionné pour 260 dans le total de 355 pains sacrés donné par le résumé; or, le même résumé, réduisant en -pj- et
1. Rois, I, chap. x, v. 10. L’encens était aussi d’un usage fréquent dans les cultes syriens. Séduit par ses femmes étrangères, Salomon adora leurs dieux devant lesquels l’encens brûlait (Rois, I, chap. xi, v. 2). L’un des crimes d’Achaz fut d’avoir élevé des autels pour brûler l'encens ( Paralip ., II, chap. xxvm, v. 25).
2. Plusieurs textes nous montrent que ce groupe représente les denrées dont les greniers étaient remplis.
DE MESURAGE
toutes les céréales employées, ne donne que 30 f-j- pour le tout. En B de la même planche, 30 tena, ayant produit 200 pastilles, sont compris dans 375 pains sacrés, pour lesquels on a employé en tout seulement 11 f-j- de céréales.
La distinction que j’ai voulu faire ressortir entre les
(1 j2l et -pj- est donc nettement établie; l’observation que j'ai empruntée à M. Dümichen doit, par suite, être rectifiée; il en est de même de celle qui m’est propre et qui est relative au groupe ° ^j,1. Ce groupe peut très bien désigner une espèce de céréale nommée grain du Midi, de même que
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semble désigner le grain du Nord; dans ce cas, il serait l’équivalent de tl[^.
Il résulte aussi de l’étude qui précède que la mesure 0 -Cl était de petite capacité.
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Examinons à présent la mesure n apet.
Nous ferons d’abord remarquer, à l’appui de la distinction que nous venons de démontrer, que cette mesure est fréquemment exprimée en nombres considérables, plusieurs centaines par exemple, et toujours sans réduction en unités supérieures de mesure. Nous sommes donc suffisamment autorisés à penser que Y apet n’avait pas de multiples. Mais il avait pour sous-multiple le hin, l’une des mesures de capacité dont il m’a été possible de déterminer la contenance.
Je rappellerai, au sujet de cette détermination, qu’elle résulte de preuves concordantes, résultant de la connaissance du poids outen, de la pesanteur spécifique de denrées bien connues, et enfin de mesurages opérés sur des vases antiques calibrés2.
Le tableau de Médinet-Abou, que j’ai précédemment
1 . Détermination métrique de deux mesures égyptiennes de capacité, p. 17 [; cf. p. 88 du t. III de ces Œuvres diverses]-
2. On peut recourir à mon mémoire spécial pour le dérail de ces démonstrations.
SUR QUELQUES INSTRUMENTS EGYPTIENS
cité1, contient trente-trois articles d’objets ou denrées employés journellement pour le service du temple; pour chaque article, le montant annuel est donné sous cette forme prise pour exemple :
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jour, fait par an et 5 jours,
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On voit que le texte indique avec précision qu’il s’agit bien de l’année de 365 jours, ce que le calcul démontre du reste surabondamment.
Ces supputations ne présentent pas un grand intérêt quand le produit est exprimé dans la même unité de mesure que le facteur; mais il en est tout autrement lorsque cette unité change. Tel est le cas pour les articles dont la quantité quotidienne est exprimée en hin et la quantité annuelle en apet. Trois articles étaient délivrés à raison de ra , 0 T hin par jour, ce qui faisait par an 182 hin y; mais le produit est indiqué en (j ,."ü, au nombre de 4 et une fraction; on voit sur-le-champ que le multiple est 40, car 182 y divisés par 40 donnent 4 y; la fraction y est exprimée par les signes
Nous appliquerons cette proportion d’un apet pour 160 hin au compte du miel, qui comprend quatre articles et leur totalisation, aux lignes 26, 27, 28, 29 et 30; quelques restitutions de signes sont exigées par le contexte et les calculs ;
26 Miel pour s haï. . . 6 hin par jour, fait pour 365 jours ; apet 60 ^
27 Miel, désignation effacée y — — 365 - A 9 54
28 Miel, pour ka.. . . 1 — — 365 — — 9y ^
29 Miel pour /mai. . . y — — 365 —
30 Total du miel. 8y
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