Dümichen, loc. laud 1. 31, 32 et
SUR QUELQUES INSTRUMENTS ÉGYPTIENS
connaissance d’une mesure importante de capacité égale à 40 fois 46 centilitres, c’est-à-dire à 18 litres 10 centilitres.
Une observation qu’il est utile de faire ici, c’est que les noms égyptiens des mesures de capacité sont empruntés à ceux de vases d’un usage habituel, et qui ne furent d’abord pas calibrés en mesures, c’est ainsi que le mot hin se dit quelquefois de toute espèce de vase en général; de même apet était aussi une désignation de certains vases sans relation avec la mesure de ce nom. Le calendrier de Médinet- Abou contient plusieurs fois la mention de vases de ce nom, avec quelques variations de forme dans le déterminatif. Dans les résumés, ces vases sont comptés par leur nombre avec d’autres vases, et avec les miches ou gâteaux de pains sacrés, comme on le voit à la planche XV, en b. Ailleurs les pains sont comptés à part, comme à la planche XXIV, dont les treize premières colonnes contiennent les nombres de miches ou gâteaux s’élevant ensemble à 1237 ; viennent ensuite (lig. 14 et 15) deux entrées de skaï, l’une de 20,
l’autre de 30, que le résumé totalise en 50 (J ^ ^fp, c’est-à-
dire, non pas 50 mesures de 18 litres 40 centilitres, mais 50 vases remplis des pastilles allongées c=, nommées sliaï. Dans cette acception, le mot égyptien apet a été rapproché, avec beaucoup de raison, du copte *.uot, scyphus , caliæ. On peut faire, à l’égard de certaines mesures modernes, une remarque analogue; par exemple, les mots pot et coupe, qui se disent de vases de diverses formes et de contenances variées, ont été les noms de deux instruments de mesurage. Dans l’explication des textes, il sera donc indispensable de distinguer avec soin ce double emploi du mot apet.
Passons maintenant aux mesures fp et .
Nous avons dit déjà qu’elles sont employées au calendrier de Médinet-Abou, pour le dénombrement des céréales mises en oeuvre dans la préparation des pains sacrés du temple. Indépendamment de la totalisation en fp et /"û, les ré-
DE MESURAGE
sumés donnent la somme exacte des miches, gâteaux ou pastilles de chaque espèce, sous le titre de pains divers des divines offrandes : si l’on pouvait se former une idée du poids de chaque niche, on arriverait facilement à une évaluation approximative de la valeur des deux mesures étudiées; mais ce que je connais du poids des pains égyptiens démontre qu’il n’y a aucun fonds à faire sur une supputation de ce genre; il y avait sans doute des pastilles de quelques grammes et des pains de plusieurs kilogrammes; il faudra conséquemment chercher un autre élément d’appréciation. Comme nous connaissons la mesure apet et la mesure tena, nous devons conclure a priori que les mesures f\ et .•'"ü ne portent pas les mêmes noms.
Mais que 1 -pj- soit égal à 4 .■*" , c’est ce qui est au-dessus
de toute discussion. Sauf pour les noms, les constatations de M. Diimichen sont parfaitement exactes’. Malheureusement je ne connais, quant à présent, aucun moyen d 'évaluation pour arriver à découvrir la contenance de ces mesures, et je ne suis pas à même d’en signaler les expressions phonétiques. Les groupes qui ont pour déterminatif le signe fp sont assez nombreux; je ne vois pas de raison décisive pour guider mon choix. Provisoirement j’appellerai boisseau la mesure i.",ü, et quadruple boisseau la mesure pp
Au temps des Thothmès, ces deux mesures étaient déjà en usage avec les mêmes valeurs ; les inscriptions de Karnak nous fournissent l’indication du quadruple boisseau dans le groupe très significatif | pp et cette unité de mesure sert à la supputation des grains enlevés par Thothmès III, dans la plaine cultivée de Mageddo, en Palestine; la quantité s’élève à plus de 208,000 quadruples boisseaux 2.
1 . Voir les calculs reproduits par cet habile égyptologue, Zeitschrift , 1866, p. 13. On peut voir un autre calcul, donnant la même proportion,
Kalender-Inschriften, XII, 1. 10, A : / 2. Lepsius, Denhmàler , III, pl. 32
T + ftl
fh
SUR QUELQUES INSTRUMENTS ÉGYPTIENS
Le boisseau, instrument ordinaire pour le mesurage des céréales et des graines ou tubercules de toute espèce, a été employé aussi pour le charbon à brûler; il en est de même de la mesure que j’appelle le boisseau égyptien. Dans plusieurs papyrus de comptes, on trouve le charbon mentionné à la suite du bois à brûler, ^ amwa ' [^. Le ca-
lendrier de Médinet-Abou le cite une seule fois, parmi les denrées qui se distribuaient mensuellement, non pour la consommation totale du temple, mais pour un service spécial dont l’indication a disparu. Voici cet article :
charbon,
boisseaux
A O I par mois;
fait par an
nnnnnnn i i
J’ai expliqué le mot dans ma traduction du
Papyrus Anastasi L; c’est le copte ^wq, combustio, qui a formé méfiée, carbo. Cette substance commune n’a jamais dû être mesurée au moyen d’un instrument de très petite capacité. Le moclius romain contenait un peu moins de 9 litres, notre ancien boisseau 13 litres; peut-être ne s’égarerait-on pas beaucoup en estimant à un décalitre approximativement la contenance du boisseau égyptien, si l’on tenait à se rendre compte des quantités de denrées exprimées dans cette sorte de mesure. Dans cette hypothèse, la quantité de blé rapportée par Thothmès III de Mageddo serait de plus de 83,000 hectolitres.
Deux autres instruments de mesures de capacité sont très fréquemment mentionnés par les textes, le men et le
a, caissette ou boîte.
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Le men servait au mesurage du vin, de l’encens, du miel, du bitume, etc. On trouve des quantités d'encens qui ne sont pas moindres de 800 men; le bitume ou résine est une