‹ Bibliothèque égyptologique (volume 5)Chapitre 140 sur 237 · Papyrus hiératique de Leyde I. 346, pl · texte numérisé non relu

Papyrus hiératique de Leyde I. 346, pl

3. Cherchant à justifier les menaces adressées aux dieux par les magiciens égyptiens, Jamblique explique que, dans le système de la doctrine égyptienne, les Aat'ixoveç sont mêlés aux dieux.

ce sont les mânes. Ce mot désigne l’état auquel

l’homme parvient après la mort; c’est un état secondaire supposant une existence antérieure.

Mais le mot

uTp, en copte nom-e, quoique signifiant

dieu , ne comportait nullement d’une manière exclusive l’idée d’unité, d’éternité, de puissance absolue, qui seule caractérise la divinité, même dans la doctrine égyptienne; la signification du mot avait varié dans la proportion de l’extension donnée à son emploi. Aux êtres intermédiaires que nous nommons esprits, génies, anges, etc., les Égyptiens donnaient le nom de dieux, et c’est à ces dieux secondaires qu’ils ne craignent pas de prêter tous les sentiments humains, même celui de la peur, tous les besoins, même la faim et la soif, et jusqu’aux accidents vulgaires de l’existence.

C’est ce qui explique le mélange continuel d’idées en apparence contradictoires dans les textes mythologiques; les hymnes aux dieux, par exemple, revêtent parfois la forme la plus élevée et ne sont pas au-dessous des plus belles inspirations bibliques; mais on y trouve en même temps des défaillances singulières : le dieu omnipotent n’est plus qu’un fils, un héritier, qu’un autre dieu protège et qui finit par triompher de ses ennemis et par être mis en possession de la royauté de son père. L’esprit des scribes se porte, sans ménager les transitions, du type principal aux soustypes, et même aux subdivisions inférieures; il semble que l’idée pure de la divinité soit trop élevée pour le langage humain, et qu’il soit nécessaire en quelque sorte à’ humaniser dieu pour le rendre plus accessible aux mortels.

Ces personnifications multipliées paraissent, en effet, avoir été imaginées pour rapprocher dieu de l’homme; le dieu unique caché au fond de la doctrine, ce dieu qui existait avant toutes choses, en qui toutes choses étaient comprises; ce dieu, dont la forme sera éternellement ignorée et

de l’année égyptienne

qu’aucun symbole ne représente véritablement1, était trop loin de l’humanité. Dans ce Ptah primordial, qui créa le monde en donnant une forme à ses membres répandus dans l’univers, l’homme reconnaissait bien la force providentielle qui conserve la création, harmonise les astres, maintient les éléments de la vie universelle; mais il lui fallait des protecteurs plus à sa portée dans les accidents de l’existence. Jéhovah se manifestait au génie supérieur de Moïse; mais les Hébreux réclamaient des dieux marchant devant eux'2 ; ils préférèrent le culte du veau d’or à l’adoration du dieu invisible du tabernacle.

Chez les Égyptiens, comme chez la plupart des peuples de l’Asie, l’existence du mal dans le monde donna naissance à la doctrine du dualisme. Ce dédoublement de la divinité en bon et en mauvais principe remonte aux temps les plus anciens. Aucun des textes qui nous sont parvenus ne nous parle d’une époque antérieure à l’établissement de cette doctrine.

Le Lucifer du système égyptien est, au ciel, le serpent Aapap, que Plutarque a cité sous le nom d’Apophis. D’après cet auteur, Apophis était le frère du Soleil ; mais ce lien de parenté n’est pas constaté par les textes originaux.

Aapap fit la guerre à Rà, le dieu soleil, dont il chercha à arrêter la marche afin de replonger l’univers dans les ténèbres et dans le chaos; plusieurs dieux, entre autres Horus et Sebak, défendirent Râ, et le serpent, percé de glaives, fut précipité dans l’espace et tomba dans la mer, à l’heure de la nouvelle année3.

De même que la légitimité d’Osiris fut contestée par Set, celle de Râ fut l’objet des accusations d’ Aapap. Les textes

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