Lucien, Le Menteur, chap. xxxiv
Bibl. égypt., t. xii.
l’époque ne recherchât avidement ces merveilles, et n’ajoutât foi à la science qui se flattait de les produire1.
Du reste, les hommes les plus distingués par l’intelligence n’étaient pas toujours exempts de faiblesse. C’est ainsi, par exemple, que le philosophe Proclus observait les jours considérés comme néfastes par les Égyptiens avec plus de soin que les Égyptiens eux-mêmes2. Plotin reconnaissait bien que les astres n’ont aucun pouvoir sur l’homme, mais il croyait que l’avenir pouvait être prédit d’après le cours, la station ou la rétrogradation des planètes, de la même manière, dit-il, que les oiseaux nous annoncent l’avenir qu’ils ignorent, soit par leur vol, soit par leur voix3.
On trouve la trace des superstitions astrologiques jusque dans la Bible ; Isaïe mentionne les pronostics tirés de l’observation des astres et du calendrier4. Dans son savant traité De antiis climactericis , Saumaise donne le tableau suivant des jours maudits que Dieu aurait révélés au prophète Esdras, et pendant lesquels les Hébreux devaient s’abstenir d’avoir commerce avec leurs femmes, d’enter les plantes, de saigner, et de beaucoup d’autres actions ;
Janvier,
le
et
le
Février,
le
et
le
Mars,
le
et
le
Avril,
le
et
le
Mai,
le
et
le
Juin,
le
et
le
Juillet,
le
et
le
1 . A notre époque, il existe encore un public pour des absurdités presque aussi fortes.
2. Marinus, Vie de Proclus; Saumaise, De annis climactericis. Jusqu’à sa conversion, saint Augustin s’adonna avec passion aux spéculations de l’astrologie judiciaire; voyez Confessions, liv. IV, chap. ni.