‹ Bibliothèque égyptologique (volume 5)Chapitre 182 sur 237 · PI. VI, lignes 5 à · texte numérisé non relu

PI. VI, lignes 5 à

HÈBRÆO-ÆGYPTIACA

» Ammon-Râ ! le monde est devant sa face, ses paroles » sont pour le cœur.

» Il désigne le coupable, et il est pour la chaudière; le » juste, et il est pour la droite. »

Il est impossible de ne pas être frappé des analogies de cette prière avec les paroles de l’Evangile : « Au jugement » dernier, le Fils de l’homme séparera les humains : il » placera les brebis à sa droite, et les boucs à sa gauche. » puis il dira à ceux qui sont à sa droite : Venez, les bénis » de mon père; possédez le royaume qui vous a été pré- » paré dès le commencement du monde; car j’ai eu faim » et vous m’avez donné à manger; j’ai eu soif et vous » m’avez donné à boire; j’ai été errant et vous m’avez » accueilli; j’ai été nu et vous m’avez vêtu, etc.

» Puis il dira à ceux qui sont à sa gauche : Retirez-vous a de moi, maudits; allez au feu éternel... »

D’après la doctrine égyptienne, ceux qu'Ammon dispensera du feu et placera à sa droite devront se rendre le même témoignage : qu’ils ont donné à manger à qui avait faim, à boire à qui avait soif, etc., absolument dans les termes mêmes dont se sert l’Evangile. Il y a là évidemment quelque chose de plus qu’une communauté accidentelle d’idées ’.

Sans doute, les tortures du feu ont dû être généralement considérées comme un des agents des vengeances célestes, .mais l’enfer égyptien admettait tous les genres de tourments : il avait des zones brûlantes, des abîmes de feu, des eaux de flamme, seul breuvage offert à la soif des damnés, des salles dont le plancher était d’eau, le plafond de flammes et les parois d’aspics vivants; il y avait là des grils, des chaudières, des glaives, des gênes de toute espèce.

1. Un jeune archéologue, M. Henri de Longpérier, décrivant dans le Magasin pittoresque de 1870 un ivoire du XI" siècle, qui représente les œuvres de miséricorde, a fait ressortir l’analogie du texte chrétien et de l’antique texte égyptien.

HEBRÆO-ÆGYPTIACA

La tradition hébraïque ne nous parle pas des peines éternelles de l’autre monde : mais c’est avec le soufre et le feu que Jéhovah détruisit les villes infâmes’. C’est encore le feu qui consuma les deux cent cinquante complices de la révolte de Coré, et ce feu est dit sortant de Jéhovah \ Jéhovah juge par le feu, s’écrie Isaïe1 2 3, et, en parlant des prévaricateurs, il dit que leur ver ne meurt et que leur feu ne s’éteint pas.

L’idée cl’un enfer de feu est, au contraire, nettement exprimée dans l’Evangile qui le nomme gclienna ignis, caminum ignis, gehenna ignis inextinguibilis, etc. C’est par le feu que le mauvais riche est tourmenté dans l’enfer :

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Toutefois, la circonstance de l’homme reconnu innocent, placé à la droite de son juge, est plus singulière encore que celle du coupable puni par le feu, bien que les Égyptiens aient considéré de toute antiquité la droite comme le côté d’honneur, ainsi que le faisaient les anciens Hébreux. Pour eux, le soleil et le jour étaient l’œil droit, la lune et la nuit l’œil gauche. C’est de la main droite que les rois tenaient le hik ou sceptre de la royauté. De même chez les Hébreux, la suprématie résidait dans la main droite. Joseph, voulant faire bénir ses deux enfants par son père, fait tenir Ménaché, son ainé, du côté de la main droite de Jacob, mais celui-ci plaça cette main sur la tête d’Éphraïm, le plus jeune. Croyant à une méprise de son père aveugle, Joseph veut reporter la main droite de Jacob sur la tête de Mé naché; mais Jacob refuse, en déclarant positivement qu’Ephraïm sera plus grand que son frère aîné.

Mais il y a quelque chose de trop spécial dans le statuens in parte dextrci des hiéroglyphes, pour qu’on n’y voie pas

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