‹ Bibliothèque égyptologique (volume 5)Chapitre 195 sur 237 · Littéralement : « comme il est dit · texte numérisé non relu

Littéralement : « comme il est dit

7. Le roi ordonnait et un de ses officiers faisait exécuter l’ordre. Le (2

n’est peut-être pas un personnage nouveau pour nous. Sa stèle funéraire, qui est au Musée Britannique, a été publiée par Sharpe, Egtjp -

capitaine Mahou, ^f)

qui est chargé de ce soin,

SUR LES CAMPAGNES GE TIÎOTHMÈS lit

Bien peu de textes historiques de l’ancienne Egypte se présentent à nous sous une forme aussi claire et aussi simple. Ce style, dépouillé d’ornements, se retrouve cependant sur les monuments de la XVIIIe dynastie et notamment dans les biographies des deux Ahmès; niais, dès l’accession des Ramessides, on voit apparaître le style prétentieux, ampoulé, chargé de métaphores dont l'usage ne se perdit plus en Egypte et qui eut son plus grand développement sous Ramsès III et ses successeurs.

Le fait le plus important, consigné dans l’inscription nouvelle, consiste dans la fixation précise de la durée du règne de Thothmès III, qui a été de cinquante-quatre ans et sept mois si l’on compte le règne depuis le commencement de la première année, ou de cinquante-quatre ans et onze mois si l’on prend pour point initial le jour du couronnement qui eut lieu au mois de Pàshons. On ne connaissait pas de date supérieure à l'an 47. Dans son Kônigsbuch , M. le docteur Lepsius n’attribue à 'fhothmès III que trente-huit ans de règne, dont douze en association avec Thothmès II. Ces calculs exigent, on le voit, des rectifications considérables. Je ne saurais trop insister sur la nécessité de s’en tenir, en matière d’archéologie égyptienne, à l’explication soigneuse des textes et au classement des faits reconnus; les vues d’ensemble ne peuvent encore être tentées avec chance de succès; les systèmes théoriques seront inévitablement contredits.

Le règne glorieux de ce pharaon nous a laissé un grand nombre de monuments historiques, dont j’espère publier avant peu une traduction complète. Nous savons que Thothmès III avait fait graver sur une des murailles de Karnak un

tian Inscriptions , 2e série, pl. LXXXIX; cette stèle appartient à l’époque des Thothmès autant qu’on en peut juger par le nom de Ncferari, commun à cette époque. Si ce n’est pas positivement le même personnage, il est certainement de la même famille.

SUR LES CAMPAGNES DÉ THOTIIMES III

résumé de ses campagnes depuis l’an 22 jusqu’à l’an 42 de son règne, avec le compte des tributs qu’il avait perçus sur les peuples vaincus. Dans ces longues guerres., le conquérant égyptien porta ses armes jusqu’aux limites des pays du Ruten supérieur et du Ruten inférieur, qui comprenaient certainement le nord de la Syrie, la Babylonie et l’Assyrie et peut-être quelques régions de la Batanée et de la Palestine. Nous possédons des listes considérables des villes et des pays alors soumis à l'Egypte; mais il n’en est pas une qui soit complète, ce qui tient principalement à l’état de détérioration dans lequel les monuments nous sont parvenus. Toutefois nous pouvons nous former une idée de l’immense développement de la puissance de l’Égypte en rappelant à la fois les noms de ITamath, Qodesli sur l’Oronte, Balul, Ninive, Damas, Joppé, Béryte, Gérar, Rabba, etc.

L’inscription d’Amenemheb ajoute quelques faits nouveaux à ceux qui nous étaient déjà connus des annales de

Le premier nom géographique qu’il nous fait connaître

est celui de

AMAAA n

Nekeba. Notre soldat de fortune fit dans ce pays trois prisonniers, que le texte nous dit positivement être de la race des Amous. Séduits par le rapprochement de ce nom avec l’hébreu aw, negheb, « le midi ». MM. de Rongé et Brugsch ont supposé qu’il s’agissait du midi de la Palestine, souvent nommé le Neghebah dans l’Écriture. Notre texte ne nous permet pas de nous arrêter à cette supposition, car il place Nekeba en Naharaïn et non loin de Khaleb (Alep). Cette ville de Nekeba est comprise dans la liste de Karnak et se retrouve encore dans celle des conquêtes de Shishak Ier.

Dans la même campagne, Amenemheb combattit encore

dans un pays nommé

i zr ,

oQ

, le district

de la terre de l’arbre ouan. Je crois que l’arbre ouan est le même que le

A/VWV\

Q , àoun, dont parle le Vogage

BlIIL. ÉGYPT., T. XII.

SUR LES CAMPAGNES DE THOTHMES III

d’un Égyptien en l’associant au chêne et au cèdre. Le déterminatif O montre qu’il s’agit d’un bois compact et solide, et les circonstances de l’itinéraire suivi par le Mohar voyageur prouvent que c’est un des arbres abondants du Liban; le pays de Ouan peut être cherché sur les dernières pentes septentrionales du Liban, à l’ouest d’Alep, ainsi que le dit le texte; ce pays était également habité par la race des Amous.

De là, notre héros va combattre à Kirkamasha ou Ivarkemish (Circesium); il y traversa ce qu’il appelle l’eau de Naharan; c’est probablement l'Euphrate, dont le nom n’a pas encore été reconnu avec certitude dans les hiéroglyphes. La grande distance qu'il y a entre Alep et Circesium pourrait faire quelque difficulté; mais Thothmès III avait plusieurs corps d’armée et se transportait promptement de l’un à l'autre; nous avons vu notamment que c’est en son absence qu’eut lieu le combat de Nekeba; Amenemheb ne put lui présenter ses prises qu’à son arrivée en Naharan.

D’ailleurs, nous serons forcé de reconnaître tout à l’heure (j ne le pharaon, après la prise de Qodesh, a fait un nouveau voyage beaucoup plus long encore que celui de Karkemisch.

Ensuite Amenemheb assista à de nouveaux combats dans le pays de Sentzar ’ . Ce nom de Sentjav ou Sentzar,

n’a pas encore été rencontré dans les hiéro-

glyphes; mais je crois que c’est une transcription spéciale

ri AA/VW\ ! \ \

de celui que nous connaissons sous les formes y ^ I ,

AAOAAA 1 Ç \ <• \ û î ! 3 <T

é,nO& , A,' ‘o='®jà I Àn’ Senltarct même

Sakar, et qu’on a assimilé au ■uw, Skinghar de la Bible; les Septante l’ont transcrit Ssvaxp en supprimant le son aspiré guttural, aussi difficile a rendre en grec qu’en égyptien; on connaît l’extrême affinité des articulations coptes •x, à et k. Shinghar était sur la route de Ninive, et Karke-

1. Le préambule de ce passage est interrompu par des lacunes.

SUR LES CAMPAGNES DE THOTHMÈS III

misli doit sc trouver entre Shingar, d’une part, et Alcp et Qodesh, de l’autre. M. Maspero a donc eu raison de contester l’identité de Karkemish et de Circesium, situé à l’emboucluire du Khaburh

Cette expédition sur l’Euphrate termina la campagne; mais Amenemheb continua à accompagner Thothmès III dans ses guerres; il ne s’écarta pas de la personne royale

nous montre avoir eu lieu en l’an 30 h Ce fut le premier fait militaire de la sixième campagne; par conséquent, les expéditions précédentes d’Amenemheb tombent dans les cinq premières.

La ville de Qodesh, dont il est question ici, doit être Qodesh sur l’Oronte, l’un des centres principaux de la résistance des peuples asiatiques contre l’Égypte, aussi bien sous Thothmès III qu’aux temps de Ramsès II. En l’an 23 de Thothmès III, le prince de Qodesh avait pris l'initiative de la révolte, s’était renfermé dans Maggedo et avait appelé à lui les chefs de tout le pays compris depuis l’eau d’Égypte jusqu’à Naharan, qui faisait également partie de la confédération. « Aussi, dit le texte de Ivarnak, prendre Maggedo, c’était prendre mille villes. »

Maggedo se rendit la même année (l’an 23) ; mais les textes sont si incomplets que nous n’y trouvons plus rien de ce qui concerne les trois campagnes suivantes. Dans la cinquième, Thothmès s’empara de Tounep en Naharan, au sud d’Alep, d’Aradou, qu’on croit être Arad, et perçut des tributs dans tout le pays de Tsalii. Ce ne fut que dans la campagne suivante qu’il mit le siège devant Qodesh. La ville fut prise et saccagée. Amenemheb y lit prisonniers deux chefs ennemis. Nous voyons plus loin que Qodesh se releva de ses ruines et se fortifia de nouveau.

Page 1