Lepsius, Auswalü, pl. XII
SUR LES CAMPAGNES DE THOTHMÈS III
L’expédition à Ninive eut lieu en l’an 33; car il est très vraisemblable que c’est la même dont il est fait mention sur la muraille de Karnak, où nous voyons que Thotlimès passa à Ninive en revenant, et que c’est à cette occasion qu’il plaça sa stèle à Naharan pour porter jusque-là la frontière de 1’Égypte1. Le texte de Karnak, pas plus que l’inscription d’Amencmheb, ne mentionne aucun acte de guerre de la part de Thotlimès III sur le territoire ninivite; mais nous y trouvons les débris de la liste des tributs fournis par les chefs du pays. Les deux textes sont donc en parfaite concordance. Celui de Karnak nous montre que Thothmès alla plus loin que Ninive, puisqu’il y passa « en revenant ». Mais c’est bien à Ninive, ou au moins sur le territoire qui dépendait de cette ville, que les éléphants furent chassés. Sans cette donnée positive du texte, on aurait pu songer à attribuer à Thothmès III une course jusque dans l’Inde. Mais, quoique ce voyage ait été attribué à Sésostris, personnage légendaire qui représente plus d’un pharaon conquérant, il faut attendre des indices plus significatifs avant de l’accepter comme fait historique.
De Ninive, notre narrateur se transporte de nouveau à Qodcsh. Dans les débris des inscriptions de Karnak, nous voyons que Thothmès III s’empara des villes du territoire de Qodesh dans sa campagne de l’an 42, la dernière de la série inscrite sur le divin pylône2.
Cette ville avait donc secoué de nouveau le joug de l’Égypte; elle fut assiégée; pendant le siège se produisit l’incident de la cavale lancée au milieu de l’infanterie égyptienne par le chef ennemi. Amenemheb se précipita résolument à la poursuite de cet animal, l’atteignit à la course et le tua. Pour cet acte énergique, il reçut des louanges qui lui furent plus sensibles que les dons matériels par lesquels ses premiers exploits avaient été récompensés.