‹ Bibliothèque égyptologique (volume 5)Chapitre 201 sur 237 · C’est le nom le plus habituel de Cliouang-Chou · texte numérisé non relu

C’est le nom le plus habituel de Cliouang-Chou

CONTE CHINOIS

fleurs sous le trône de la divine mère royale1. Toutefois, son âme ne fut point dispersée : elle reçut l’ordre de revenir sur la terre et de devenir Chouang-Chou.

Telle est l’explication des facultés extraordinaires de ce savant, et de son ferme attachement à observer les règles du Taô, à servir Laô-Tsze, à étudier la doctrine de la pureté et à éviter toute action prohibée.

Lorsque Chouang-Sang eut appris, de la bouche de Laô- Tsze, le développement de sa vie première, semblable à un homme qui s’éveille au milieu d’un songe, il reconnut que la sensation de vibration que produisait le vent sur ses deux épaules n’était autre chose qu'une réminiscence de son existence de papillon. Il ensevelit alors dans son cœur les notions mondaines de gloire et de honte, ne les considérant plus que comme des nuées passagères, des torrents qui s’écoulent; il n’en fit désormais aucun cas.

Laô-Tsze, s’apercevant de ce réveil de son cœur, prit le legs secret des cinq mille mots du Taô-tih-King, c’est-à-dire de l’ouvrage classique appelé Chemin de la Vertu, le retira de sa valise et le donna à Chouang-Sang pour l’apprendre par cœur, le réciter et le mettre en pratique.

Perfectionné dans cette doctrine céleste, Chouang-Sang acquit le pouvoir de séparer la lumière et l’ombre du corps ; il pouvait reprendre sa divine nature et changer de forme.

Ayant résigné ses fonctions d’officier du jardin des arbres à vernis, il dit adieu à Laô-Tsze et se mit à errer à la recherche du Taô.

Malgré sa fidélité aux préceptes de Laô-Kioun, Chouang- Sang n’avait pas renoncé aux joies du mariage; il avait épousé trois femmes. La. première était morte après une courte maladie; avec la seconde il avait divorcé pour motif d’inconduite. La troisième, celle dont il va être question dans cette histoire, se nommait Tien ; sa famille était du

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