L’IDENTIFICATION DES HÉBREUX AVEC LES A P EDO U
DES HIÉROGLYPHES En réponse à M. Maspero '
En attendant l’apparition d’un ouvrage sous presse dans lequel j’ai discuté tous les textes égyptiens relatifs aux temps de l’Exode, je crois devoir mettre en garde les personnes qui s’occupent de ce sujet contre les critiques dont mon identification des Hébreux avec les Aperou des hiéroglyphes vient d’être l’objet.
Cette identification a été d’abord mise en question par un savant allemand, M. Eisenlohr, dans un article Sur la situation politique de l’Égypte avant le règne de Ramsès III î .
1. Lue à l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, et publiée dans les Comptes rendus des Séances de l’année 1873, IVe série, t. I, p. 174. Sur les circonstances qui décidèrent Chabas, trompé par de faux rapports, à publier cette note, cf. Pli. Virey, François Chabas, t. I, p. cxxxi, de ces Œuvres diverses, et Maspero, Mélanges de Mythologie et d’ Archéologie, t. III. p. 131-134. Cette note diffère un peu par la rédaction du texte insérée par Chabas dans ses Recherches sur l’Histoire de la XIXe Dynastie } p. 101-104. — G. M.
2. Publié dans les Transactions of the Society of Biblical Archœology, t. I, p. 355-381.
l’identification des hébreux
Ce savant n’apporte toutefois aucun élément nouveau dans le débat; il ne conteste pas même que les huit cents Aperou envoyés par Ramsès IV aux carrières de la vallée de Boukhen (Hammamat) puissent être des Hébreux, mais il se fonde uniquement sur une erreur que j’aurais commise dans la traduction d’un passage du Papyrus hiératique I, 349 b, pl. 156, 1. 7, de Levde. Là où j’ai lu : « Les Aperou qui » traînent la pierre pour la demeure du Soleil Ramessou » Meriamon », M. Eisenlohr lit : « Les Aperou cjui con-
» struisent le bassin du Soleil. » C’est le groupe
qui lui suggère la traduction : « construire un bassin ».
(H 50 signir,e
Or, c’est là une double erreur : athou
« tirer, traîner », jamais « construire », et le groupe hiératique de la pierre n’est pas celui du bassin. Les preuves de ces erreurs sont développées dans l’ouvrage que je viens de mentionner, mais elles peuvent être considérées comme surabondantes. Lorsque M. Eisenlohr aura cité un cas avéré dans lequel le groupe athou puisse admettre le sens « construire », il sera temps de discuter la question. En définitive, les objections de M. Eisenlohr ne reposent que sur une erreur manifeste.
J’ai rencontré un second contradicteur dans M. Maspero, jeune égyptologue dont j’ai salué les débuts avec joie et qui promet à l’école française d’égyptologie une collaboration intelligente et laborieuse. C’est pour ce motif que, jusqu’à présent, au moins en ce qui concerne l’égyptologie, la critique s’est montrée fort bénigne envers lui. J’hésite encore à croire que ce jeune savant en ait tiré la conséquence qu’il est, plus que ses confrères, plus que ses devanciers, à l’abri de l’erreur dans ses traductions déjà multipliées, et je regrette d’avoir à revendiquer l’exactitude de mes vues contre l’attaque à laquelle il a cru devoir donner un si grand retentissement.
M Maspero trouve que, « dans le texte aligné par