‹ Bibliothèque égyptologique (volume 5)Chapitre 221 sur 237 · CIRCONSTANCES DE LA TROUVAILLE ET DESCRIPTION DES SILEX · texte numérisé non relu

CIRCONSTANCES DE LA TROUVAILLE ET DESCRIPTION DES SILEX

Le lieu où le paquet de silex avait été déposé vers le pied du coteau (en A de la carte) est, comme nous l’avons dit, à dix mètres au-dessus de l’étiage de l’Arroux et à environ six mètres au-dessus du point qu’atteignent aujourd’hui les hautes eaux de cette rivière. On peut en conclure qu’à l’époque de leur enfouissement l’état géologique de la localité n’était pas sensiblement différent de ce qu’il est aujourd’hui. C’est grâce à leur assemblage en faisceau et à leur position presque verticale dans le sol que ces minces et fragiles lames ont dû leur étonnante conservation. Cette circonstance prouve suffisamment qu’il y a ou non pas perte accidentelle, mais enfouissement intentionnel de ces objets, qui devaient être d’un grand prix à l’époque, vu leurs dimen-

A VOLGU, PRÈS DIGOIN

sions exceptionnelles et la perfection de leur fabrication. Si les lames eussent été posées à plat, le poids seul du terrain superposé aurait suffi pour les rompre. Elles nous sont parvenues fraîches, sans patine, sans frottement, âpres au toucher comme le silex fraîchement éclaté. La terre qui les enveloppait s’était introduite dans leurs intervalles et les avait préservées de tout contact étranger. La terre même du sol ambiant, qui contient une argile grasse, a pu suffire pour procurer ce résultat. Du moins, le surveillant des travaux, qui a débarrassé les silex de leur gangue, nous a affirmé n’avoir pas constaté dans cette gangue de particularités de nature à la faire présumer d’une autre origine.

L’endroit où ont été trouvés les fragments de meule1 et les fragments de poterie, dont deux seulement sont figurés sur notre planche IV2, est à trois mètres au plus du gîte où étaient les silex (le surveillant dit même seulement 2m50), et à la même profondeur de 1 mètre au-dessous du niveau du sol. Sur ce point et sur une longueur de quatre ou cinq mètres se produisent dans cette berge des suintements abondants, qui, au moment de notre visite, avaient détrempé la surface de la banquette et occasionné quelques éboulis. Pour répondre aux intentions de la Société, nous fîmes abattre sur environ huit mètres de longueur le talus de la banquette, de manière à explorer le terrain au droit des lieux du dépôt des silex et de la meule, et à au moins deux mètres au delà, en amont comme en aval. Cette exploration n’amena sous nos yeux aucune trace archéologique. La pioche n’abattit que le sol naturel, dans lequel se rencontrèrent deux fragments bruts de silex roulé et un petit éclat de silex blond, de taille douteuse, qui avait pu glisser du sol supérieur où se rencontrent quelques rares silex taillés.

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