EMPLOYÉS DANS LE SENS CLASSE, ORDRE
Le décret de Canope nous a appris que les prêtres des temples de l’Égypte étaient partagés en quatre sections ou classes, que les hiéroglyphes désignent au moyen du signe ty. Une cinquième classe fut instituée par le décret en question pour le culte des dieux Évergètes.
Les passages assez nombreux de ce texte qui parlent de cette organisation du sacerdoce sont tellement clairs dans la partie hiéroglyphique, qu’il n’était nul besoin de la traduction grecque «OA, pour nous donner la valeur du signe Cette valeur était absolument démontrée par le sens évident des phrases.
Mais jusqu’alors aucun égyptologue n’avait réussi à deviner le sens de cet hiéroglyphe, malgré le nombre assez considérable de textes qui l’emploient. Il n’était connu que sous l’une de ses acceptions principales, salut, soutien, assistance divine, qui n’était pas de nature à mettre sur la voie de la solution du problème. En conséquence, des phrases comme celles-ci :
ffi
/WVWA I
Khar-heb cl' Ammon ci la première classe;
/www
1 . Publié dans la Zeitschrift für agijptische Sprache, 1870, p. 111-112.
SUR
ET
Prêtre mensuel à la deuxième classe,
restaient sans explication satisfaisante, malgré leur extrême simplicité.
Cette division des prêtres a duré pendant la plus grande partie de la période pharaonique. La variante o»5 a été également usitée à toutes les époques.
Malgré nos progrès, nous sommes encore arrêtés bien des fois par d’aussi minces obstacles, et malheureusement nous n’avons pas* toujours à notre disposition des textes assez clairs pour nous aider à les surmonter.
Il n’était pas besoin cependant de la découverte du texte bilingue de Tanis pour nous expliquer les deux signes en question. On en aurait pu découvrir la valeur classe, ordre, division, dans un des papyrus hiératiques du Musée de Turin.
Ce papyrus m’était connu par la communication que m’en a faite M. Devéria. J’en avais pris alors une transcription hiéroglyphique qui n’était pas sans erreurs. J’ai pu, l’année dernière, copier l’original qui porte le n° 158'.
Il consiste en une lettre de recommandations, dans laquelle j’extrais ce qui suit :
« Applique-toi à faire travailler au temple de Ramsès » Mériamon, l’aimable comme Ammon ; ne te repose pas; » ne t’arrête pas. Vois ! compte le nombre des hommes qui » restent avec toi, disposant trois classes à commander » parmi eux : hommes 600, chacune 200. Fais charrier les » trois grands blocs de pierre qui sont déposés à la porte » du temple de Mau. Et ne fais pas donner le pain jour par » jour. Pour leur nourriture et pour leur boisson, observe
1. M. Pleytc a publié ce texte dans ses Papyrus hiératiques de Turin , pl. 4.