Cette action est rendue par le verbe
peser, mettre en équilibre.
3. Au bas de la colonne, la rubrique la bouche est fondée , qui marque la fin de l’opération avec le petit doigt.
4. L’ordre de présentation nous montre que ces briquettes sont nommées sur la table d'offrandes, fer ( ba ) du Midi et fer du Nord ^j|
(Dümichen. der Grabpalast, 1. 1, pl. vi, 1. 17-28; pl. xvm, G a-b.
Makha,
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yeux, ô défunt N., car je t’ai pesé sur la bouche, je t’ai séparé la bouche, je t’ai séparé les yeux avec quatre briquettes. » Restait à écarter les deux mâchoires et à leur rendre l’élasticité naturelle : c’est à quoi servait un amulette spécial nommé le diviseur de la mâchoire ( ) i
poshi-ni-kafci). Le domestique l’apportait à deux mains et le présentait à la bouche de la statue: «O Osiris N., disait X officiant, j’ai établi solidement tes deux mâchoires à ta face, et désormais elles sont divisées. » Le mort pouvait donc mâcher ce qu’on lui offrait. L 'officiant le soumettait à une première épreuve pour voir si l’appareil entier fonctionnait bien. 11 disait au domestique : « Approche les grains de sa bouche. » Celui-ci prenait un panier ou un vase rempli d’une substance en grains ou en boulettes arrondies que les textes nomment sairou ° , et qui était probablement soit du
beurre ou du fromage, soit une graisse ’, choisissait un grain et le portait à la bouche de la statue : « O Osiris N., on te présente l’œil dTIorus à prendre. Prends-le, et qu’il ne s’échappe pas, lorsque tu prends le grain dans la bouche. » Le domestique saisissait ensuite une plume d’autruche et en caressait quatre fois le visage de la statue en disant : « L’œil d’Horus est présenté, Osiris N., afin que ton visage n’en soit point privé2». Le sens de ce rite ne m’est pas clair. La plume
1. Le mot v§\ w sivoUj sairou, a été rapproché par moi du copte
c*.ipe, beurre, par Dümichen (cler Grabpalast, t. i, p. 20) du copte c*.eip, fromage. Les Égyptiens emploient en eSet à côté du beurre liquide, sema, du beurre dur et frais comme le nôtre. La cérémonie décrite ici en abrégé se décomposait ordinairement en trois actes. Dans les deux premiers, on donnait le sairou du Nord et celui du Midi ; dans
, . . cm o
le troisième, une autre graisse, nommée shahou . (Maspero,
OunaSy 1. 2G-29, dans le Recueil , t. ni, p. 183; Dümichen, der Grab palast , t. i, pl. vi, 1. 17-20, p. 19-21.)
2. Nouveau calembour entre le nom de la plume shoitït \ , et le verbe
■fx x . . . , r i
s hou j être vide de..., être privé de...
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joue-t-elle ici le rôle d’un éventail et n’a-t-elle pour objet que d’écarter les mouches? N’a-t-elle pas plutôt une force que nous ne connaissons plus, mais que les Égyptiens lui attribuaient universellement ? Le contact d’une plume d’ibis frappait le crocodile d’immobilité 1 ; la plume d’autruche avait peut-être la vertu d’ouvrir par simple attouchement tout ce qui était fermé2. Peut-être enfin n’avait-elle d’autre prétention que de rappeler que tout était juste, en règle, et que la cérémonie avait été accomplie jusqu’alors avec toute l’exactitude désirable : la plume est en effet le symbole de l’exactitude et de la justesse. Le plus probable est qu’il faut voir dans cette cérémonie une variante de celle où le domestique versait à la statue la libation de lait et la libation d’eau. Les tables d’offrandes présentent, en effet, vers cet endroit, après le beurre et la graisse, la mention du lait et d’une eau spéciale qui est désignée par le mot mensci et par celui de shou jj, c’est-à-dire par le nom même de la plume d’autruche3. La plume, trempée dans le liquide, servait comme de pinceau pour humecter les lèvres de la statue.
Ce qui suit n’est guère que la répétition de cérémonies déjà connues. Une fois de plus, Y officiant s’identifie avec Horus et annonce l’arrivée prochaine de la victime : « J’ai délivré, disait-il, mon œil de la bouche de Sit, et je lui ai abattu la cuisse. » De nouveau, le domestique lui répondait : « Tu as tranché ton œil où est ton âme. » De nouveau, le Jils qui l'aime prend les quatre briquettes et les présente quatre fois chacune au visage de la statue pour lui ouvrir les yeux et la bouche, et Y officiant s’écrie : « O défunt N., ta bouche est solidement établie, solidement établis tes deux yeux, ô défunt N., car je t’ai pesé sur la bouche, je t’ai séparé la bouche, je t’ai séparé les deux yeux avec les quatre briquettes. » Le
1. Horapollon, édition Leemans, n, lxxxi. — 2. Dans nos campagnes, on attribue à certaines plumes de la queue du pivert la faculté d’ouvrir toutes les serrures fermées. — 3. Cf. la Table d’oSrandes de Pétéménophi, dans Dümichen, clcr Grabpalast, 1. 1, pl. vi, 1. 21-22, pl. xvm, Il a-b.
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domestique refaisait la même cérémonie, mais avec une autre intention: «Apporte une paumée d’eau», lui disait X officiant, et il continuait en s’adressant à la statue: « On t’a présenté l’œil d’Horus ainsi que la paumée d’eau qu’il renferme. » Le moment du second sacrifice était arrivé, les prêtres, avant de sortir, admettaient le fils qui l’ctime à prendre congé de son père. Le domestique ou Y ami le saisissait par le bras droit et le forçait de la main gauche à courber la tête devant la statue, puis il le « renvoyait sur terre et le livrait à Vam-tot ' - - ’^~D », personnage nouveau, dont je ne comprends pas bien le nom, mais qui était chargé de le ramener au jour 2.
Le fils sorti, les autres prêtres quittaient la chambre et allaient assister au sacrifice. Cette fois il s’agissait du taureau du Nord3, et la petite pleureuse, ^ Nephthys, prenait le poste de la grande. A cela près, la seconde opération ne différait point de la première. L 'officiant plaçait le domestique à la tête de la bête et lui disait : « Domestique, saisis-toi du taureau du Nord. » Le domestique brandissait de nouveau le casse-tête, le boucher enlevait le cœur et la cuisse et les remettait à qui de droit. Des gazelles et une oie du Nord partageaient le sort du taureau, puis le cortège rentrait processionnellement dans la chambre et recommençait les manœuvres de Y ouverture de la bouche et des peux avec la
1. C’est ainsi, je crois, que les variantes nous obligent à comprendre
le membre de phrase difficile :
<=>L=0. /wwv\ —/-T "" ___
Nozcrtot ni si-mirif tou m-sa-to s api ni
am-tot.
2. Schiaparelli, il Libro dei Funerali, pl. lix b, lxii, p. 122-150 ; Dümichen, der Grabpalast, t. n, pl. ni, 1. 50; pl. v, 1. 107; pl. vi; 1. 1-17, p. 6-11.
3. Dans quelques textes, tels que A de Schiaparelli (p. 151), le scribe a répété, par erreur, la mention taureau du Midi , qui n'appartient qu’au premier sacrifice. Les textes plus soignés (C de Schiaparelli, p. 151, et Dümichen, pl. vu, 1.18) fournissent la leçon véritable, taureau du Nord.
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cuisse, et avec les herminettes : on ne poussait pas cependant le scrupule jusqu’à employer de nouveau Y oïrhikaou et le sac de cornaline. Les prières étaient identiques à celles qu’on avait déjà récitées \ et, comme plus haut, le magasinier indiquait la fin du rite par le cri quatre fois répété : « Père, père 1 2 ! »
Mouvements, gestes, paroles, tout était prévu, réglé, avec une telle minutie, que nous pourrons aujourd’hui encore, le jour où cela nous plaira, reconstituer entièrement la cérémonie. Et ce qui se passait à l’ouverture de la bouche n’était qu’une partie des manipulations auxquelles on soumettait la statue. On la préparait à recevoir les étoffes, les parfums, les insignes de toutes sortes, et chaque objet était accompagné d’actions et de prières appropriées à sa nature. Je me contenterai de montrer ici comment on s’y prenait pour la parfumer et la revêtir des coufiyèlis et des bretelles en toile qui soutenaient son pagne dans les grandes circonstances. U officiant dit au domestique : « Prends la coufiyèh, enveloppe de coufiyèh l’Osiris N. », puis il récite : « Elle est venue la coufiyèh, elle est venue la coufiyèh ! Elle est venue la blanche , elle est venue la blanche. Il est venu l’œil d’Horus blanc, dont il (Horus) a coiffé les dieux ! Qu’il coiffe ta face, qu’il te pare en son nom de couronne blanche de Nekhabit. » Ceci n’était qu’une introduction à la présentation des parfums. Comme tous les peuples de l’ancien Orient, les Égyptiens aimaient à la folie les huiles et les pommades odorantes ; dès la plus haute antiquité, les monuments nous font connaître sept espèces d’essences qu’on devait donner aux morts, et plus tard le nombre en fut porté à neuf et même à dix. Outre le plaisir que l’âme éprouvait à les sentir, elles rendaient au corps la souplesse et la vigueur qu’il avait