‹ Bibliothèque égyptologiqueChapitre 109 sur 159 · Dümichen, cler Grabpcilast, t. ii, p · texte numérisé non relu

Dümichen, cler Grabpcilast, t. ii, p

2. Des échantillons de ces parfums égyptiens ont été déposés sur le bureau de l’Académie des inscriptions et belles-lettres, dans la séance du 29 octobre 1886.

LE RITUEL DU SACRIFICE FUNERAIRE

puis le parfum de fête ^ sti-habou ), le parfum

d 'invocation ( |1 sti-hakonou) , la poix (H ^

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sz/fo’), l’eau de K noum, l’eau d'adoration ( n v\

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touaït ), l’esse/zce d’acacia (-=^ ^ haït-nt-âshou) ,

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l’essence de tahonou ( q g \ haït- ent -tahonou),

Ycibiro [|JJ ^ et l'huile de myrobalan bik). Une

courte formule de présentation correspond à chacun d’eux, et la cérémonie s’achève par une longue apostrophe de V officiant : « O toi ce parfum, ce parfum, [toi] cette mèche de devant Horus qui est au front d’Horus, mets-toi au front du défunt N., pour qu’il soit parfumé par toi, et pour qu’il tire profit de toi ; accorde qu’il redevienne maître de son corps, accorde que ses yeux soient fendus (de nouveau, car ils avaient été fermés par l’embaumement), pour que tous les lumineux le voient, pour qu’ils entendent tous son nom. Car, ô défunt N., je te remplis l’œil d’huile, je te remplis la tête d’huile sortie de l’œil d’Horus en son nom d’huile. Dès qu’elle est mise sur ton front, dès que la déesse Sokhit l’a eu cuite pour toi, le dieu Sibou t’a assuré par décret son héritage, tu as la voix juste parmi les dieux gardiens, tu as pris la couronne parmi les dieux, ceux qui sont encore sur terre t’acclament. [Ouapouaitou], le guide des chemins du Nord et du Midi, est devant toi pour ouvrir tes voies contre tes ennemis ; car tu as pris ton œil [l’huile] , et l’unissant à lui, tu l’as donné [à garder] à tes chambellans \ »

Ces exemples suffisent pour montrer et les difficultés spéciales que présententces textes et l’ardeur avec laquelle on les a recueillis depuisquelque temps. C’est en examinant avec attention ceux d’entre eux qui étaient connus, que j’ai été amené à découvrir, il y a une dizaine d’années, les idées que les Égyptiens avaient sur la survivance humaine. On pourra, si l’on veut

1. Dümichen, der Grabpalast, t. n, pl. vin, 1. 49; pl. ix,l. 72, p. 12-13.

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s’en donner la peine, en extraire des renseignements précieux sur des matières qui semblent être étrangères au culte des morts. Le culte des dieux n’a jamais été étudié jusqu’à présent. Ce n’est pas que les ressources manquent, mais les innombrables tableaux et les interminables inscriptions, qui auraient dû nous renseignera ce sujet, ont été flétris, dès le début, de l’inévitable épithète banal, insignifiant, et personne ne s’est inquiété d’en profiter pour rétablir les grands rites qu’on accomplissait dans les temples en faveur des dieux égyptiens. Le dédain a été poussé si loin qu’on ne s’est même pas demandé sérieusement quelle était la nature exacte des scènes représentées. La plupart des Égyptologues croient, sans trop savoir pourquoi, qu’elles sont pour ainsi dire idéales, et ne répondent à aucun fait matériel dans la vie des rois et des prêtres. Un tableau où l’on voit Séti Ier debout devant Amon-Râ, coiffé et posé d’une certaine manière, est censé ne représenter que le roi devant la divinité, adressant une prière et un hommage à l’idée abstraite du dieu. Il ne faut pas cependant grande attention pour reconnaître que la figure d’Amon n’est pas une image impalpable, mais une statue en pierre ou en bois, analogue àcelles des morts, animée comme elles, et de plus qu’elles capable de remuer, de gesticuler et même de parler. Ces idoles fatidiques, dont j’ai déjà parlé ailleurs1, se comptaient par centaines dans les grands temples, comme le prouvent les débris d’inventaires qui nous ont été conservés. C’est à elles directement que le roi s’adressait et qu’il présentait l’offrande, et les bas-reliefs où le roi et la statue sont figurés en face l’un de l’autre, illustrent, jusque dans les plus petits détails, la mimique des diverses religions qu’on pratiquait dans un temple. Ici encore, la meilleure manière d’en montrer l’importance sera de décrire et d’analyser quelque monument sur lequel nous soyons

I. Recueil, t. i, p. 152-160, et p. 77 sejq. du présent volume, le Mémoire sur le Double et les Statues prophétiques.

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certains de trouver, dans un ordre facile à saisir, les différents moments d’une même cérémonie.

La consécration des obélisques était accompagnée d’un service spécial, dirigé par le roi en personne ou par le personnage qui les avait fait élever. Les obélisques paraissent n’avoir été à l’origine que de véritables enseignes, des stèles hautes, placées de chaque côté d’une porte et sur lesquelles les noms et les titres du maître de la maison étaient inscrits pour l’édification du public. A la porte d’un temple, ils annonçaient à tout venant le nom du dieu à qui appartenait le temple et celui du roi qui les avait élevés. Le plus souvent, leurs faces ne sont couvertes que d’inscriptions longitudinales, sauf près de la base ou du pyramidion où l’on rencontre une scène d’offrandes. Dans certains cas pourtant, l’inscription n’occupe qu’une bande et est flanquée à droite et à gauche de nombreux tableaux. Le grand obélisque de la reine Hatshopsitou à Karnak est le plus intéressant de tous à étudier 1 2 . Les scènes sont partagées en deux séries réparties symétriquement sur les faces ouest et nord, la seconde sur les faces est et sud. Comme je l’ai dit plus haut !, ce double arrangement en deux puis en quatre répondait à la division du monde égyptien en deux terres et à celle de chaque terre en deux maisons, selon la direction des points cardinaux. Chaque cérémonie devait être répétée deux fois, une fois pour les dieux du Midi, une fois pour les dieux du Nord, et les dieux du Midi, pays d’Horus, avaient le pas sur les dieux du Nord, pays de Sît. Les rites s’accomplissaient autour d’une statue d’Amon-Râ en grandeur naturelle, qu’on amenait du temple pour la circonstance. Le dieu était debout, vêtu d’un pagne court, coiffé du diadème à longues plumes qui lui est propre (n° xxvii de Rocliemon-

1. La première reproduction exacte en a été donnée par Burton, Exccrpta hicroglypliica, pl. xlviii-l. Je me suis servi surtout du texte de Lepsius, Denkm., ni, 21-23, pour le présent Mémoire.

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