I.E RITUEL DU SACRIFICE FUNERAIRE
teix 1 2 ). A chaque acte nouveau le prêtre l’adorait, autant que possible avec une épithète nouvelle, de sorte qu’à la lin de la fête, il avait été invoqué sinon sous tous ses noms, du moins sous les principaux cl’entre eux, et ne pouvait, par conséquent, se refuser à exaucer les prières qui lui avaient été adressées. La reine était assistée, pour la circonstance, de Thoutmosis III, qui régnait dès lors avec elle; mais, comme le premier projet des obélisques avait été conçu par Thoutmosis Ier2, mort depuis longtemps au moment de la dédicace, le jeune roi prenait par intervalles le titre et faisait l’offrande au compte de son père. Je ne noterai pas ces différences de personnes, qui sont accidentelles, et je remplacerai le nom de chacun des Pharaons par le titre général de souverain. Au début, la statue est placée le dos tourné à la face méridionale, mais assez loin de l’obélisque pour qu’on puisse circuler autour d’elle. Le souverain, coiffé du pschent, le bâton à la main gauche, la massue à tête en pierre blanche à la main droite, se présente devant elle et annonce à « Amon, roi des dieux, maître du ciel », qu’il va « lui dresser deux obélisques.» Cette première scène est gravée sur la face est, vers le milieu de la hauteur de l’obélisque : les scènes suivantes s’étagent au-dessus et semblent monter vers le ciel. La plus proche nous montre le souverain coiffé du diadème osirien (n° xxxvi de Rochemonteix), élevant à deux mains, vers la face
1. Comme une description des différents diadèmes dont il sera question dans les pages suivantes prendrait trop de place et ne serait peutêtre pas comprise, je préfère renvoyer le lecteur à la planche que M. de Rochemonteix a publiée dans le Recueil, t. vi, pl. ii, et où sont représentés les types principaux de coiffures des dieux et des rois égyptiens.
2. Le fait est prouvé par l’inscription de la face est : « La reine a établi de façon durable le nom de son père sur ce monument, quand la majesté de ce dieu [Amon] rendit gloire au roi Thoutmosis Ier, lors de l'érection des deux grands obélisques par la reine, pour la première fois et que le maître des dieux [Amon] lui dit : C’est ton père, le roi Thoutmosis I", qui a préparé l’érection des obélisques, et c’est ta Majesté qui a renouvelé ces monuments. » (Lepsius, Dcnkm., iu, 23.)
LE RITUEL DU SACRIFICE FUNÉRAIRE
d’ « Amon de Karnak, maître du ciel », un
flateau chargé de p p nomsit). Il
quatre vases d’eau du Nord ( AMAM « tourne quatre fois » autour de la statue, en lui disant : « Tu es pur, tu es pur. » A l’étage supérieur, il a la coiffure à longues plumes, mais posée sur deux cornes de bélier flamboyantes (n° xxi de Rocliemonteix), et offre à « Amon- Râ, maître de la création des deux terres », les quatre vases rouges. « Quatre fois il passe derrière » la statue, en répétant à chaque fois : « Tu es pur, tu es pur. » Dans les deux registres qui suivent, il a encore une coiffure à plumes (n°xix et n° xxxvi de Rocliemonteix), mais il parfume à deux reprises « Amon-Râ, maître... », avec cinq grains, puis avec une grosse pastille d’encens ’. Au-dessus (coiffure n° xxvii de Rocliemonteix), il donne le blé à Amon-Râ, « maître de la terre, maître du ciel». Puis (coiffure n° xix de Rochemonteix) c’est l’huile parfumée, et au-dessous même du pyramidion (coiffure n° xlv de Rochemonteix), ce sont les étoffes que le dieu reçoit. Il rendait en échange de chaque objet un souhait qu’un prêtre devait énoncer pour lui, et qui est inscrit sur l’obélisque en abrégé : « Il donne toute vie et toute santé ; il donne la force et la vaillance, etc. » Après l’offrande du linge, on retirait le sceptre et la croix ansée des mains de la statue, qui était une de ces statues articulées communes dans les temples !, et on lui disposait les bras de façon que la main droite posait sur le bras gauche du roi et semblait le saisir, tandis que le bras gauche se recourbait derrière le cou du roi comme pour l’embrasser. Sur le pyramidion, nous assistons à la fin du premier acte. Amon est assis sur son trône, le souverain, agenouillé devant lui, lui tourne le dos, tandis que le dieu lui pose le casque sur la tête. La cérémonie terminée sur la
1. Lepsius a passé l’une de ces scènes, mais Burton les donne toutes deux, et ce que nous avons vu plus haut, p. 295-297, dans la cérémonie de V ouverture de la bouche, montre qu’il a raison et non Lepsius.