Cfr. p. 14, 161 du présent volume
LF. LIVRE DES MORTS
papyrus, qui appartenait jadis à la collection Minutoli ' , le représente à ce moment critique de son existence. L’avant de la barque a déjà plongé dans les profondeurs de la montagne ; la poupe n’a pas disparu encore, et les deux déesses, Isis et Nephthys, se retournent pour jeter un dernier regard sur le monde qu’elles vont quitter.
Le soleil sortait donc du ciel à son coucher, comme il y était entré à son lever. S’il fallait en croire la plupart des Égyptologues, le chemin qu’il suivait pendant la nuit l’aurait mené sous terre, et ce serait sous terre que nous devrions chercher le dait les ‘jardins d'Ialou jl ^ [| jj nQ (|
|let toutes les contrées qu’il parcourait. Cette erreur provient, comme beaucoup d’autres, de la confusion qui s’établit presque invinciblement dans notre esprit, entre l’idée qu’on se fait aujourd’hui de l’Univers et celle que pouvaient en avoir les anciens Égyptiens. La barque solaire, une fois entrée dans la montagne, ne descendait pas sous le monde des vivants. Elle continuait sa course, en dehors du ciel, dans un plan parallèle à celui de la terre, et courait vers le Nord, cachée aux yeux des vivants par les montagnes qui servaient d’appui au firmament. Elle voyageait le long d’une vallée dont le fond était occupé par un grand fleuve, l’Oîrou-
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— 1 2 , et qui était divisée, par des murs munis de
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portes, en douze régions correspondant à chacune des douze
1. Ce papyrus a été publié à Paris, il y a cinquante ans environ, mais je n'ai pu réussir à me procurer un exemplaire de l’édition. Je ne le connais que par une photographie très réduite, qui accompagne le catalogue de la vente Minutoli : Catalog der Sammlungcn von Mcistcnccrkcn der Industrie und Kunst susammcngebracht durch Hcrrn Freihcrrn Dr Alexander von Minutoli, Cologne, 1875, p. 263, n° 5378, avec une notice de H. Brugsch.
2. Birch a, il y a longtemps, comparé l’Oirounas à l’Oùpavôç des Grecs ( Description of the Papyrus oj Naskhem, p. 6). On verra, dans l’article sur les Hypogées thèbains, les modifications qu’il convient d’apporter aux faits exposés ici.
LE LIVRE DES MORTS
heures de la nuit. La première d’entre elles n’avait pas de porte à l’entrée : la première porte de l’autre monde s’ouvrait au commencement de la seconde heure. Au sortir de la sixième heure, la barque du soleil franchissait la porte septentrionale, puis revenait à l’Orient, afin de gagner le pic de Bâkliou et le portail de l’Est. Cet itinéraire est décrit très clairement au chapitre xvii du Livre des Morts 1 : « Y. 14. Je vais, dit l’âme, par la route que j’ai appris à connaître sur le lac des Deux- Vérités. — Y. 15. J’arrive à la terre (par. au lac) des habitants de la montagne d’Horizon, et je sors par la porte Sacrée. » La route que le mort connaît sur le lac des Deux- Vérités, « c’est, explique la glose du verset 14, la région de la porte des Couloirs ^ <=^=> j , dont la
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porte méridionale est à Naroudouf 7^ ^ ^ et la porte
septentrionale au domaine d’Osiris. Quant au lac des Deux- Vérités, c’est Abydos. — En d’autres termes, c’est la route par laquelle Toumou s’avance, lorsqu'il se dirige vers les jardins d’Ialou. » Le texte et la glose décrivent donc le chemin que la barque solaire parcourait jusqu’à l’entrée du jardin d’Ialou, c’est-à-dire, comme l’affirment d’autres textes, jusqu’à la fin de la sixième heure de la nuit. La navigation commençait à Abydos, sur le lac des Deux-Vérités, aussitôt après la disparition du dieu derrière l’horizon, et se continuait à ciel ouvert pendant la première heure, heure du crépuscule où le firmament conserve encore le reflet de l’astre. L’entrée dans l’autre terre s’accomplissait au début de la seconde heure, à la première porte de la région des couloirs, porte qui était, selon
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la glose, au lieu appelé Naroudouf ^ .Naroudouf
ou Narouf est le nom de la nécropole de Hnès, Heracleopolis Magna 5 . La porte de la seconde heure de la nuit, c’est-à-dire,
1. Licve des Morts (édit. Naville), ch. xvii, I. 23-28, t. i, pl. xmii et p. 45-49.