Lepsius, Aelteste Texte, pl. xxxvm
2. Dümichen, eler Grabpalast des Patuamcnap, t. n, pl. xxrx, 1. 30-32.
3. C’est la vallée dont il est question dans la Description de l’Égypte , Antiquités , t. iv, p. 7, et à laquelle Jomard attribue l’ensablement des ruines d’Abydos. Elle mène à l’oasis thébaine et sert encore parfois de route aux caravanes.
4. Le nom de territoire de la Fente est, je crois, appliqué dans le mythe d’Abydos, à la partie du monde de la nuit que le soleil parcourait à ciel ouvert, pendant la première heure, avant d’entrer dans la région des Portes. Cf. p. 335-336 du présent volume.
5. Liorc des Morts (édition Naville), ch. cxvii, t. i, pl. cxxvm, a a, ai.
LE LIVRE DES MORTS
fluents1. Une fois entré, que trouvait-on au delà? L’àme égyptienne, sous quelque forme qu’on se l'imagine, double, ombre, oiseau, esprit, était sujette à la souffrance, à la faim, aux accidents, à la mort, comme le vivant dont elle était le reste. Encore celui-ci réussissait-il à se procurer, par sa seule énergie, des armes, de la nourriture, des vêtements, des talismans contre les dangers qui le menaçaient. Au contraire, le mort ne pouvait plus rien par lui-même; tout ce qu’on disait sien, il le devait à la piété de ses amis et de ses proches, ou à la prévoyance qu’il avait eue de se préparer pendant la vie un viatique et comme un pécule. De même qu’il n’était qu’un vivant amoindri et dégénéré, le monde où il s’agitait était moins riche et moins hospitalier que celui qu’il avait quitté ; « L’Occident est une terre de sommeil et de ténèbres lourdes, une place où restent ceux qui y sont! Dormant en leurs formes de momies, ils ne s’éveillent plus pour voir leurs frères, ils n’aperçoivent plus leur père, leur mère; leur cœur oublie leurs femmes et leurs enfants. L’eau vive que la terre a pour quiconque est en elle, c’est de l’eau croupie avec moi; elle vient vers quiconque est sur la terre, et elle est croupie pour moi l’eau qui est près de moi 2. » Le monument qui nous a conservé cette plainte lugubre est contemporain de César Auguste ; le tableau qu’il nous retrace est d’une haute antiquité, et les éléments s’en retrouvent épars à toutes les époques. L’Amentit était vraiment le pays des ténèbres épaisses : le soleil, pendant les douze heures qu’il y passait, était un soleil verdâtre 3, sans ardeurs et sans éclat. L’eau y était chaude à ne point la boire, ou croupie et infecte, l’atmosphère lourde, pesante, chargée de tempêtes. Partout des
1. Cfr. à ce sujet les ch. cxvii et cxix du Livre des Morts (édition Naville), t. i, pl. cxxix-cxxx.