‹ Bibliothèque égyptologiqueChapitre 125 sur 159 · Un disque de Mafkait (j Q J’ c’est-à-dire de · texte numérisé non relu

Un disque de Mafkait (j Q J’ c’est-à-dire de

pierre verte, selon l’expression des textes.

LE LIVRE DES MORTS

serpents venimeux, des animaux nuisibles, des génies aux formes effrayantes, se nourrissaient du cœur et du sang des morts, de leurs âmes et de leurs ombres. Quelques oasis étaient éparses dans cette contrée sinistre, le champ des offrandes, les jardins d'Ia/ou, mais quelles chances l’âme avait-elle d’y atteindre saine et sauve? A bien considérer les choses, je suis tenté de croire qu’au début les hommes 11e survivaient guère à la mort, et que la perpétuité de l’âme au delà de la vie était le privilège d’un petit nombre, rois, riches ou nobles. Non qu’il y eût différence de nature entre ce qui subsistait des uns et des autres, mais les esclaves et les pauvres n’avaient pas d’ordinaire les moyens d’instruire ( jl (j <yy> saqrou) et d'équiper ( □ : âpirou ) leur âme

aussi complètement et aussi sûrement que les gens de bonne maison1. Avant d’arriver aux jardins d’Ialou, il fallait affronter des grottes obscures et des lieux déserts ou peuplés de bêtes féroces, franchir des torrents d’eau bouillante et des lacs barrés de filets, traverser des pylônes, des châteaux, dont les portes étaient gardées par des démons affamés. L’âme n'avait d’espoir que si elle savait opposer à chacun de ces dangers le talisman qui convenait le mieux pour échapper au poison des serpents, à la dent des crocodiles, aux mailles des filets, aux mains avides des génies malfaisants. Elle devait avoir des provisions ou les charmes nécessaires à se procurer des provisions de bouche. Les pauvres connaissaient rarement toutes les formules indispensables; les mets et les libations qu’on offrait pour eux étaient rares et insuffisants. Leurs âmes étaient piquées par les serpents, dévorées par les crocodiles, mises en pièces par les génies,, ou bien souffraient la soif et la faim, se repaissaient d’excréments

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