E. de Rougé, Études sur le Rituel funéraire , p
2. De tous les textes réunis par Naville, le papyrus Aç/ [ British Muséum, n°9901) a seul le premier titre ( Einleitung , p. 115).
LE LIVRE DES MORTS
Ils traitent en général des procédés à employer pour transporter le mort de cette vie dans l'autre., et pour lui assurer en gros une existence tranquille et confortable : ils lui concèdent l’autorisation d’accomplir ce qu’on appelait 1 epirou-m-harou ^ . Ces mots ont été traduits de vingt façons différentes, et M. Naville l’interprète, après Dévéria, par sortir du jour : « C’est, dit-il, la traduction qui se rapproche le plus de la signification habituelle du verbe pirou <=> et
de la préposition m. D’ailleurs divers textes prouvent qu’on désignait par l’expression, le jour d'un individu, la durée de sa vie sur terre. Sortir du jour ou de son jour ne signifie point quitter la vie et perdre à jamais l’existence, —
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de l’autre côté de la tombe,
— mais franchir les limites de la vie terrestre, n’avoir plus ni commencement ni fin, mener une existence que ne bornent plus ni le temps ni l’espace ; aussi la phrase sortir du jour est-elle souvent complétée par les mots sous toutes les formes qu'il plaît le défunt revêtir ’. » L’interprétation me parait trop subtile, et ne répond pas à ce que nous savons des idées des Égyptiens sur l’autre monde. Dans toutes les formules que nous connaissons jusqu’à présent, lame égyptienne, comme l’âme grecque, redoute surtout les ténèbres de la nuit et appelle à grands cris la lumière. Elle demande à pouvoir « entrer à volonté dans sa syringe et en sortir, se rafraîchir à son ombre et boire l’eau de son lac chaque jour..., se promener sur son lac chaque jour, sans cesse, se poser sur les arbres du jardin qu’elle s’est fait à elle-même, prendre le frais sous ses sycomores ! », toutes actions qui montrent qu’elle continue à séjourner, si elle le veut, sur cette terre, et à sortir pendant le jour du tombeau où elle a été déposée au temps