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Guieysse, Le Chapitre LXIV, p

LE LIVRE DES MORTS

fils de Chéops ou de Mykérinos, dans un voyage d’inspection que ce prince faisait à travers l’Égypte : il était dans le temple de Khmounou, sous les pieds du dieu, écrit en lettres de lapis sur une tablette d’albâtre 1 2 . On explique d’ordinaire cette indication comme une marque d’antiquité extrême 5 ; on part de ce principe que le Livre des Morts est de composition relativement moderne, et qu’un scribe égyptien, nommant un roi des premières dynasties memphites, ne pouvait entendre par là qu’un personnage d’époque très reculée. Cette explication ne me paraît pas être exacte. En premier lieu, le chapitre lxiv se trouve déjà sur des monuments contemporains de la Xe et de la XIe dynastie, et n’était certainement pas nouveau au moment où on écrivait les copies les plus vieilles que nous en ayons aujourd’hui 3 * . Lorsqu’on le rédigea sous sa forme actuelle, le règne de Mykérinos, et même celui d’Housapaïti, ne devaient pas soulever dans l’esprit des indigènes la sensation de l’archaïsme et du primitif : on avait pour rendre ces idées des expressions plus fortes, qui renvoyaient le lecteur aux siècles des Serviteurs d’Horus , à la domination de Rà, aux âges où les dieux régnaient sur l’Égypte. La plus grande part des chapitres du Livre des Morts ne portent aucune date ; on les considérait comme ayant été révélés au commencement, avant que Ménès et ses successeurs eussent

1. Lepsius, Todtenbuch, pl. xxv, ch. lxiv, 1. 30-32. Une tablette de pierre dure, qui porte le ch. lxiv, a été trouvée à Thèbes, probablement dans le tombeau de Pétéménophis, et avait été donnée par l’empereur Nicolas au général PéroSsky (Golénischeff, Ermitage Impérial , Inventaire de la Collection Egyptienne, p. 169-170, n° 1101). C était probablement un prétendu fac-similé de l’original découvert dans le temple de Thot.

2. Ainsi Birch, dans l’introduction qu’il a mise en tête de sa traduction du Livre des Morts (p. 142) : « It is one of the oldest of ail, and is attributed to the epoch of the King Gaga (Housapaïti) Makheru, or Menkhérês. »

3. Goodwin, On a text of the Bool: of the Dead belonging to the Old

Kingdom, dans la Zeitschrift, 1866, p. 54-56.

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