‹ Bibliothèque égyptologiqueChapitre 154 sur 159 · SUR UN LIVRE DE M. OBERZINER · texte numérisé non relu

SUR UN LIVRE DE M. OBERZINER

Osiris : du moins a-t-il le plus souvent la forme d’une momie. Râ est le Soleil, le disque vivant qui parcourt le ciel pendant le jour et en sort pendant la nuit pour traverser les régions situées au delà du firmament, mais je ne suis pas bien assuré que Toumou ait été primitivement un Soleil. Il appartient au cycle d’Héliopolis comme Râ, et rien n’est plus étrange que de trouver dans le même cycle deux personnages différents pour en représenter un seul. Toumou a été au début un dieu créateur, ou plutôt un dieu de ce qui existait avant la création du monde actuel : c’est après coup seulement qu’on aura reconnu en lui une personnification du soleil couchant ou du soleil couché \ Quant à Sovkou, on ne sait rien encore de lui, non pas que les monuments nous fassent défaut, mais les Égyptologues les ont négligés pour se lancer dans des spéculations à priori. Ainsi Brugscli rapproche son nom d’une racine (1J^ qui signifierait réunir, rassembler, et naturellement M. Oberziner reconnaît avec Brugsch que Sovkou réunit les éléments de la Création épars dans le chaos pour en créer le monde. 11 est bien vrai que Sovkou est représenté partout comme étant un crocodile ou un dieu à tête de crocodile, et appartient de même que le taureau, que le bélier, que l’oie, que le scarabée, que le vautour, à la catégorie des dieux animaux. Mais M. Brugsch et

M. Oberziner ne voient là qu’un jeu de mots qui a pris corps.

Un des noms du crocodile était

PJ

^ Sovkou, ou Svokou,

Soûyoç. « On établit un certain rapport entre le dieu homo- » nyme et l’animal ; le premier perdit son caractère origi- » naire de divinité cosmique, et devint, comme le crocodile, » un être redouté, un dieu à la bouche terrible, qui faisait » trembler les ennemis du Soleil. » De fait, Sovkou est avant tout le crocodile dieu. Si on examinait la série des divinités

1. On verra dans l’article sur la Mythologie égyptienne, inséré au second volume de ces Études, l’idée assez particulière que je me fais d’Atoumou pour le moment.

Page 1