SUR L EVESTRE DE PARACELSE
d’avoir compris partout le détail de son latin tourmenté et volontairement obscur ; je crois pourtant avoir rendu exactement l’intention sinon la lettre du morceau. La démonstration continue dans les Textes suivants, xix-xxiii ; comme elle s’applique surtout à nous montrer les vertus prophétiques de Y Evestre et du Traromès, je ne la suivrai pas tout du long. Il en résulte que, dans la dissolution des choses universelles les deux principes se dissolvent, non sans laisser subsister ce qu’il y avait d’éternel derrière eux. Leur nombre est d’ailleurs infini1 2, et, comme ils sont répandus dans les quatre éléments, ils peuvent en s’abouchant l’un à l’autre savoir ou bien ce qui se passe actuellement dans tout l’univers, ou bien tout ce qui s’y est passé, et, par cette double connaissance, prévoir tout ce qui s’y passera. Aussi « quand un Evestre, muni d’ombre, » naît et se produit avec une création quelconque, on peut » pronostiquer par lui quelles seront la fortune et la vie de » l’objet dont il devient VE oestre. Par exemple, si c’est un » enfant qui nait, un Evestre naît en même temps qui est » enfermé en lui, pour présager ce qui arrive à l’enfant du » berceau à l’heure de la mort, et pour annoncer ce qui lui » adviendra. Si quelqu’un est sur le point de mourir, la mort » n’arrive point que d’abord Y Evestre ne l’ait prédite, soit par » une poussée, soit par des coups, soit par une chute, ou par » tout autre phénomène du même genre ; quand Y Evestre se » révèle ainsi on peut en présager que c’est un signe de mort. » Y.' Evestre est d’ailleurs en rapport d’union avec l’éternel. » L’ Evestre de l’homme reste en effet sur terre après la mort, » et donne, par la façon dont il se produit, des indices sur » l’état de l’homme au delà, s’il est dans le bonheur ou dans » la peine. Et on ne doit pas dire, comme font les simples, » que c’est l’esprit ou l’âme de l’homme ou le mort lui-même » qui revient là. C’est Y Evestre du défunt qui ne s’éloigne de