I /WWW
des Echelles de l’encens.
1 3 (H) « f J’ientendis un décret dans le sanctuaire, » une délibération du dieu lui-même. » Ce n’est donc pas simple imagination si les inscriptions des temples ne sont guère que dialogues entre les dieux et le roi : la métaphore est ici l’expression d’une réalité.
Il semble que cette importance des statues divines ait été plus grande encore à Napata qu’à Thèbes. Les descendants des grands prêtres d'Amon, réfugiés en Éthiopie, y développèrent les arts dont leurs pères s'étaient servis en Égypte pour usurper la royauté, et perfectionnèrent l’usage des statues mouvantes et parlantes. Le récit de l’élection de Nastosenen, et surtout celui de l’élection d’Aspalout, nous montre un Amon de Napata saisissant un des frères royaux, puis lui adressant un discours dans l’ombre du sanctuaire. On a cité à ce propos le passage de Diodore relatif au couronnement des rois éthiopiens. Un autre auteur avait donné sur la même cérémonie, qu’il transportait en Égypte, des détails plus circonstanciés et un peu différents, que Synésios, évêque de Ptolémaïs, nous a transmis, en les arrangeant, dans son pamphlet trop peu connu Sur V Égyptien. « Voici comment » en Égypte les rois sont élus. Près de la grande ville de » Thèbes est une montagne sacrée ; en face s’élève une autre » montagne, et le Nil coule entre les deux. Cette seconde » s’appelle la montagne libyenne et c’est là, ainsi le prescrit » la loi, que doivent rester, pendant tout le temps de l’élec- » lion, les candidats à la royauté, afin qu’ils ne sachent rien
1. Pierret, Recueil d'inscriptions , II, p. 121-123, 124-125; F. Rossi, lllustrazionc di due Stèle Funerarie del Masco Eyizio di Torino, 1880.