Recueil de travaux , t. i, p
SUR L EXPRESSION MÂ-KHRüOU
mosis III qu’il est ^ lÜPJL ^7 JL> ^
« fort et juste de voix pour renverser cet ennemi », ou qu’il « régit les deux terres eu juste de voix' ». Thoutmosis III n’emploiepas la magie contre les Syriens, mais il est un dieu , Rà ou Horus, et on suppose métaphoriquement qu’il bat les Syriens par le même procédé, avec la même arme de c ^ justesse de voix dont celui-ci se sert contre Apôpi. Je n’en continuerai pas moins à employer la traduction littérale juste de voix dans les cas où une traduction comme triomphe , victoire , serait plus claire. On doit autant que possible, en transportant le langage d’un peuple dans un autre langage, respecter ses idées et ne pas leur substituer des concepts qui ne sont pas les siens. En n’agissant pas ainsi, on s’exposerait, sous prétexte de clarté, à dénaturer le texte qu’on traduit, et à tromper ceux des lecteurs qui ne peuvent
suivre la version sur l’original.
Cette justesse de voix nécessaire au salut du mort, du vivant ou du dieu, on l’obtenait par des moyens divers et surtout par l’intermédiaire du dieu Tliot. Tliot, on le sait, était le dieu magicien par excellence, le maître des discours divins ||| , c’est-à-dire des incantations qui permettaient aux hommes et aux dieux d’obtenir ce qu’ils désiraient. De même que Tliot avait investi et communiqué les termes des incantations, de même il en avait noté et transmis la mélopée. Créateur et puissant par la voix comme par la parole1 2, il veillait à ce que les personnages qui se servaient de ses charmes les pussent intoner exactement ; il leur ajustait
voixI
et par là assurait l’efficacité de leurs
prières. On sait le rôle qu’il avait rempli lors de la mise au tombeau d’Osiris : tandis qu’Anubis embaumait le corps, Tliot