Essai sur la Mj/thologic, p. 3. — 2. P. 6. — 3. P
des rôles ou dos fonctions, peu importe ; ils ont chacun un nom et une existence que le lidèle reconnaissait par une dévotion plus ou moins particulière. Si le dévot à Phtah se recommandait à Phtah, c’est que Phtah avait à ses yeux une personnalité bien marquée; en implorant Phtah, il ne comptait pas plus sur la protection de Sovkou qu’un dévot de nos jours , en se mettant sous le patronage de saint Julien, ne pense se mettre par là même sous celui de saint Antoine de Padoue. Les formes animales dont on revêtait ces dieux n’ont pas un caractère allégorique : elles marquent une adoration de l’animal qu’on retrouve dans plus d’une religion ancienne ou moderne. Les formes ambiguës elles-mêmes, moitié homme, moitié bête, prouvent simplement l’ignorance et la crédulité des anciens en matière d’histoire naturelle. Le lion à tête humaine, si peu réel qu’il soit pour nous, a passé pour exister pendant toute l’antiquité : Pline le décrit 1 2 , et Diodore1, et Strabon 3 4. L’onocentaure, ou âne à tête humaine, figure comme le sphinx sur la mosaïque de Palestrine et nous est connu par Élicn b Les peintures de Beni-Hassan et de Tlièbes nous montrent, parmi les animaux qu’on chassait dans le désert, un griffon, un léopard qui a sur le dos une tête humaine, un léopard à cou et à tête de serpent5. Le culte du sphinx était pour les Egyptiens, de même que celui du bœuf, le culte d’un animal qui existait réellement. Il est possible, il est certain si l’on veut, que, pendant la durée du second Empire thébain, des prêtres instruits aient cru devoir attribuer à un symbolisme profond l’adaptation de formes bestiales à certaines divinités : mais quoi qu’ils aient adoré