Inferno, c. xviii
. . . E quindi gin nel fosso Vidi gente attulîata in uno sterco Cüe dagli aman privati parea mosso.
PREMIER RAPPORT SUR LES FOUILLES
même ; ils cherchent à lui donner le change et à lui persuader qu’elle a affaire avec un dieu. « O faim, ne viens pas à Téti, » va à Nou, détourne-toi vers l’océan divin, car Téti est ras- » sasié; c’est du pain de froment d’Hor, — qu’Hor a mangé » et que lui fait sa fille aînée,, — qu’il est rassasié., qu’il » prend sa pleine part, Téti n’a pas faim comme Sliou, Téti » n’a pas soif comme Tafnouit, car les quatre génies fils » d’Hor détruisent cette faim qui est dans le ventre de Téti, » cette soif qui est dans les lèvres de Téti’. » — « La faim » de Téti est avec Sliou, la soif de Téti est avec Tafnouit; » Téti subsiste du pain de chaque matin qui vient en sa sai- » son, Téti subsiste de ce dont Sliou subsiste, Téti mange de » ce dont Sliou mange.1 2 »
Contre la vieillesse, ce qui survivait de l’Égyptien possédait l’eau de Jouvence, l’eau qui rajeunissait ses membres, et qu’il puisait aux tourbillons du Nil, en certains endroits mystérieux des cataractes 3. Mais la garantie la plus forte que lui procurât la religion c’était l’identification avec les dieux. Notez bien qu’il ne s’agit pas ici d’une assimilation mystique, mais d’une opération toute matérielle, de l’absorption et de la digestion des dieux par le mort. Le sacrifice humain n’a jamais été complètement aboli dans l’Égypte pharaonique : les tableaux et les textes s’accordent pour nous prouver que les conquérants des grandes dynasties thébaines assommaient, devant Amon, les princes prisonniers qu’ils ramenaient de leurs campagnes. Chez les peuples barbares, le sacrifice de l’ennemi est accompagné d’anthropophagie : on mange le chef de guerre brave et rusé, pour s’approprier les vertus qu’on lui reconnaît. Cette pratique, ou bien était en vigueur, ou bien n’était pas abolie depuis longtemps chez les Égyptiens quand furent rédigés les textes où l’on décrit certains
1. La Pyramide du roi Téti, dans le Recueil , t. v, p. 10, 1. 53-61.
2. La Pyramide du roi Téti, dans le Recueil , t. v, p. 10, 1. 62-65.
3. Voir à ce sujet les passages du Rituel de l'embaumement, dans Maspero, Mémoire sur quelques Papyrus du Louvre , p. 99-100.
EXÉCUTÉES EN ÉGYPTE
repas du double. « Le ciel fond en eau, les étoiles se battent, » les sagittaires font leur ronde, les os des génies du matin » et du soir tremblent et leurs vassaux se sauvent quand ils » voient Ounas apparaître âme, comme un dieu qui vit de » ses pères et qui s’assimile ses mères... car Ounas est le » vaillant qui se tient à l’écart, qui vit de l’être de tous les » dieux, et qui se nourrit de ceux qui viennent remplir leur » ventre des sortilèges du lac des flammes. C’est Ounas dont » la main est armée contre les génies du lac des flammes, » car Ounas juge avec le dieu sans nom au jour de dépecer les » premiers-nés des dieux... C’est Ounas qui mange les hommes » et qui se nourrit d’eux. Le courbeur de frottis qui est dans » les champs ' a lacé les dieux pour Ounas ; le génie dont la » tête est sacrée les a reconnus bons pour Ounas et les a » traînés vers lui, le maître de la bande les a liés ; Khonsou, » le dépeceur des maîtres , leur a fendu la gorge pour Ounas » et a extrait leurs entrailles ; car c’est lui le dieu messager » qu’Ounas mande à l’encontre d’eux. Shosmou les a dépecés » pour Ounas et a cuit leurs pièces dans ses chaudrons brû- » lants. C’est Ounas qui dévore leurs vertus magiques et qui » mange leurs âmes, et les grands d’entre eux sont pour les » repas d’Ounas au matin, les moyens d’entre eux sont pour » son dîner, les petits d’entre eux sont pour le souper d’Ou- » nas au soir, les vieux et les vieilles sont pour ses fours ! » Les grands au ciel ont rué la flamme pour Ounas contre » les chaudières remplies des cuisses de leurs héritiers ; celui » qui a fait marcher en procession les habitants du cielautour » d’Ounas a jeté dans les chaudrons les jambes de leurs » femmes, si bien qu'il a parcouru le double ciel en son » entier, et qu’il a fait le tour des deux régions en lesquelles » il se partage ; car c’est Ounas le grand type, maître des » types, c’est Ounas la forme sacrée la plus grande des formes
1. Les mots imprimés en italiques forment le nom des génies ou des dieux qui aident la mort dans son œuvre.
PREMIER RAPPORT SUR LES FOUILLES
>) sacrées, ce qu'il trouve sur son chemin il le mange avide- » ment, et la vertu magique d’Ounas est supérieure à toutes » les formes maîtresses de l’horizon.. . Ounas a pris les cœurs » des dieux; il a dévoré la couronne rouge, il a mangé la » couronne blanche, les provisions d’Ounas sont les repus, ses » vivres sont ceux dont les vertus magiques se nourrissent de » cœurs... Il a mangé la sagesse (ou le rassasiement) de tout » dieu, et c’est la vie d’Ounas que la durée, c’est son période » que le toujours, en quelque forme qu’il lui plaise prendre » ou qu’il déteste ne pas prendre au sein de l’horizon, à » toujours et à jamais h » Je prie le lecteur de passer sur les détails obscurs pour s’arrêter au sens général. Le morceau est comme l’explication de ces scènes du sacrifice royal qu’on voit si souvent représentées sur la paroi des temples. Le roi part en chasse avec sa suite pour prendre la victime : il tire la corde au moyen de laquelle le piège s’abat sur les oiseaux, ou il lance le lasso qui va saisir les taureaux dans le pâturage. Ses aides abattent la bête, l’égorgent, la dépècent, la cuisent et il en mange sa part. Ici, Ounas est parti en chasse, comme il faisait sur terre, mais afin de s’emparer des dieux et de s’en repaître. La scène décrite répond trait pour trait à celle que je viens de montrer : les aides rabattent le gibier, le lacent, l’égorgent, le dépècent, le cuisent. Ounas en mange sa part, et ses vertus magiques se renouvellent par la digestion de ceux dont les vertus magiques se nourrissent de cœurs, en d’autres termes, des dieux qui dévorent l’offrande des mortels. Ainsi, assimilation de la victime au dieu, puis absorption du dieu lui-même, voilà les procédés auxquels l’Égyptien devait recourir pour prolonger sa vie au delà de la tombe et pour échapper à l’anéantissement.
L’idée d’une action aussi puissante de l’homme sur le dieu ne pouvait guère naître et se développer dans un temps où
1. La Pyramide du roi Ounas, dans le Recueil, t. v, p. 59-61,
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l’on n’avait d’autre idée de la partie survivante que celle qu’on se faisait du double. La chasse aux dieux supposait une vitalité et une liberté de mouvement, dont un être emprisonné d’abord dans le tombeau, puis attaché à cette terre, ne pouvait jouir en aucun cas. Elle nous transporte au delà des limites du sol égyptien, dans des régions étrangères aux vivants, et par suite nous oblige à admettre déjà l’existence du bi. Le ht, que j’appelle l’âme, faute d’un meilleur nom, n’est pas enchaîné à la demeure souterraine où repose sa larve humaine; la mort, sans l’obliger à quitter son pays d’origine, lui a donné la faculté d’en sortir et d’y rentrer à volonté, pourvu bien entendu qu’il se soit mis en règle avec les dieux, en apprenant les prières et les actes nécessaires à se faire respecter par eux. Il parcourt donc le monde entier, le ciel comme la terre, mais ce monde diffère tellement de celui que nous avons appris à connaître que je crois utile d’en esquisser le tableau, d’après les textes gravés sur la muraille des Pyramides.
La terre est une surface plate et mince =s=, plus longue que large. Nageait-elle sur le Non, les eaux primordiales? Ni les monuments, ni les textes n’en disent rien jusqu’à présent d’une manière précise : il semble bien pourtant que YOuozit-
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; la très verte, l’entourât de toutes parts, à
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la manière de l’Océan des Grecs. Au-dessus d’elle, le ciel F=q s’étendait, semblable à un immense plafond de fer auquel on donnait le nom de JJ ^ Ba, Jj "Jiy [j(j ^ Beat; le fer en gardait dans la langue commune le nom de benipit J
^ , en copte knmi, nemni M, àeuine T, métal du ciel.