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Comme cette masse énorme ne pouvait rester suspendue au milieu des airs, sans être appuyée de quelque support qui l’empêchât de tomber, on avait imaginé de la maintenir en place au moyen de quatre étais , dont la forme même nous montre à quelle haute antiquité remontait l’idée;
PREMIER RAPPORT SUR LES FOUILLES
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soutien de la maison pri¬
mitive. Le poids était d’autant plus considérable que le ciel était double et se divisait en deux compartiments superposés : l’inférieur servait de lit aux eaux célestes, et le supérieur recouvrait comme d’un toit l’ensemble de l’univers. C’est, à quelques détails près, le système que défendaient encore les Pères de l’Église, lorsqu’ils commentaient le premier chapitre de la Genèse et le récit biblique de la Création 1 . D’autres avaient modifié légèrement cette conception primitive : au lieu d’une surface plate et parallèle à la terre, ils avaient imaginé une voûte surbaissée, dont les extrémités portaient sur les colonnes. Il va de soi que les deux et la terre étaient autant de dieux et de déesses, dont la sagesse des prêtres avait su deviner la figure, le caractère et les fonctions. Tel tableau nous représente le dieu Sibou allongé au-dessous de la déesse Nouit dont le corps courbé le protège : c’est le ciel qui recouvre la terre, et les mains et les pieds de la déesse reproduisent exactement les quatre colonnes de la tradition. Pour marquer ledouble ciel, d’autres tableaux nous montrent deux déesses Nouit étagées l’une au-dessus de l’autre *.
Telle est l’idée que les Égyptiens se faisaient du monde; telle est, chez eux, la disposition du théâtre sur lequel se déroulaient la vie des hommes et la vie des dieux. Le jour delà Création, Sliou avait séparé le ciel de la terre et l’avait soulevé à la hauteur de ses bras, d’où le nom qu’on lui donnait3 :
1. Cfr. dans les Œucres choisies de A. -J. Letronne, le Mémoire sur les Opinions cosmographiques des Pères de l’Eglise (2e série, t. ni, p. 382 sqq.). On verra dans les chapitres suivants quelles modifications j’ai apportées successivement à cette première conception de l’univers égyptien.