Wiedemann, Æggptische Geschichte, t. i, p
2. La Grande Inscription de Bèrii-Hassan, dans le Recueil de Travaux, t. i, p. 160 sqq.
3. C’est à lui, je pense, qu’appartient la stèle publiée par Mariette- Maspero, Monuments divers, pl. 50 b, et p. 16; cfr. Maspero, Guide du Visiteur, p. 34 et planche.
4. Barucchi, Discorsi critici sopra la Cronologia eguia, p. 131-134.
Sônkhkerî Amoni, tandis que les quatorze autres doivent nécessairement tomber dans la dynastie liéracléopolitaine, qui précède la thébaine sur le canon de Manéthon. En attribuant à chacun de ces quatorze personnages vingt ans de règne ou de principal, ce qui n’est pas exagéré en Égypte, on est reporté de deux cent quatre-vingts années en avant dans le soi-disant vide monumental. Les objets datés de l’un des Antouf ou des Montouhotpou antérieurs à Nibkhrôouri Montouliotpou, et qu’on classe d’une manière générale dans la XIe dynastie, devraient être inscrits au compte de la dixième béracléopolitaine ; de la même manière et pour la même raison que les monuments des princes de Tlièbes, d’Héracléopolis, d’Hermopolis, contemporains de rois des XXIIe, XXIIIe et XXIVe dynasties sont placés dans ces dynasties 1 .
M. de Rougé pensait que le rapprochement des premiers Antouf avec Teti et Papi, dans la Chambre des Ancêtres, pourrait bien indiquer de la part des historiens de Thoutmosis 111 la prétention de rattacher la première famille thébaine qui eût régné à la dernière des grandes dynasties memphit.es 2. Le fait n’a rien d'invraisemblable en soi, et nous savons qu’une des meilleures familles féodales de la XIIe dynastie, celje des princes d’Hermopolis, descendait ou prétendait descendre des grands prêtres d’Ounit qui avaient vécu sous la sixième3. C’est une tendance naturel le à toutes les maisons princières dé vouloir établir un lien direct entre elles et ce qui les a précédées, et les Égyptiens se montraient fort ingénieux à ce genre de travail : la reconnaissance du droit héréditaire des femmes
1. J’ai donné depuis dans la Revue Critique, 1889, t. ii, p. 419-421, à propos de l’ouvrage de M. Griffith, The Inscriptions of Siût and Dôr Rifeh, une exposition plus complète de ce qu’on sait sur le développement collatéral des Antouf et des deux dynasties héracléopolitaines.
2. E. de Rougé, Lettre à M. Lecmans, dans la Revue archcologique, lrc série, 1846, p. 561.
3. Maspero, La Grande Inscription de Béni-Hassan, dans le Recueil, t. i, p. 178-179.
PREMIER RAPPORT SER LES FOUILLES
leur y était d’un grand secours. La seule question que nous ayons le droit de leur poser à ce sujet, c’est de leur demander s’il y avait, entre <5> Erpâ hâ Antouf et Papi Ier ou du moins ses successeurs immédiats, un intervalle de temps suffisamment restreint pour que le raccord ne fût pas trop invraisemblable. Il me semble qu’ici le témoignage de tous les documents connus est assez concluant. Le canon manétbonien donne, si l’on admet la plupart des corrections que Lepsius y a introduites : 1° deux dynasties memphites, l’invraisemblable VIIe et la VIIIe, soit 142 ans et quelques jours, 70, selon une tradition ; 2° deux dynasties héracléopolitaines de de 109 et 185 ans, soit 294. Le nombre des rois que ces dynasties représentent serait X + 9 pour les Memphites, et 5 + 14 (19?) ou 5+ 19 pour les Héracléopolitains 1 . Le total des années des dynasties héracléopolitaines, 294, est assez proche du total porté en gros au compte des quatorze générations contemporaines d’ Antouf, pour qu’on puisse déclarer d’une manière générale que le commencement des Antouf était proche de la fin des Memphites, et par suite que le premier Antouf se rattachait, grâce â son mariage avec une princesse si l’on veut, à la famille de Teti et de Papi. Cette induction trouve une sorte de confirmation dans les fragments du Papyrus de Turin. Là, en effet, la famille de Papi se prolonge au delà de Nitocris et ne forme qu’un avec les princes que Manéthon avait attribués à la VIIe et à la VIIIe dynastie, et qui sont peu nombreux. Le Papyrus indique ensuite unefamille nouvelle, qui se prolonge jusqu’aux Antouf avec une vingtaine de rois plus ou moins, et répond aux Héracléopolitains des listes grecques. Tout cela est assez approché des dispositions de Manéthon pour qu’il soit permis de considérer que le Canon de Turin mettait sensiblement le même nombre d’années entre la fin des Memphites et l’avènement officiel de la XIe dynastie. Le rédacteur de la Table