‹ Bibliothèque égyptologiqueChapitre 92 sur 159 · III. — Fouilles de Memphis · texte numérisé non relu

III. — Fouilles de Memphis

L’exploitation des nécropole^ «le Saqqarah s’est ralentie sans s’interrompre. D’un côté, le rnis Roubi et son fils Khalifah continuaient à sonder les profondeurs du plateau sur lequel s’élèvent les Pyramides de Papi Ier et de son fils. De l’autre, le réis Moustapha attaquait la vaste pin i ne sablonneuse, qui s’étend au sud de la Pyramide d’Üunas, et dont Mariette avait à peine effleuré la lisière. Tous deux ont été heureux dans leurs recherches. Roubi a mis au jour une dizaine de mastabas nouveaux, du type de ceux que j’ai signalés dans mon rapport de l’an dernier \ Ils appartiennent tous à la VIe dynastie, comme le prouvent et la forme des noms et les cartouches royaux qu’on rencontre, mais l’un d’eux se rapproche tellement du faire de la XIIe dynastie, que j’aurais été presque obligé de l’attribuer au premierEmpire thébain, si je l’avais rencontré isolé, sans autre moyen d’en apprécier la date que le style des figures et des hiéroglyphes. C’est une preuve de plus contre la théorie de Mariette, d’après laquelle l’avènement de la XIe dynastie marquerait l’apparition d’un art nouveau, indépendant de l’art et de la tradition mempliites 1 2. Le réis Moustapha a eu la bonne fortune de choisir pour théâtre de ses travaux un endroit où sont réunis des monuments de diverses époques. Il a vidé un puits profond de dix mètres et bâti en bel appareil, où logeait un grand fonctionnaire de la XIXe dynastie, et des mastabas en pierre de la V° et de la VIe. L’un présentait cette particularité curieuse d’être pour ainsi dire à deux étages d’âge différent.

1. Bulletin, de l’Institut Égyptien, 1885, p. 38-40; cfr. p. 174-176 du présent volume.

2. Bulletin de l’ Institut Égyptien, 1885, p. 43-47; cfr. p. 180-183 du présent volume.

DEUXIÈME RAPPORT SUR UES FOUILLES

La partie inférieure formait un tombeau complet, décoré de sculptures en très fm relief de la VIe dynastie : le mort voguant sur la mer d’Occident, le mort porté en palanquin, le mort et sa famille recevant l’hommage des vassaux. Les sujets sont si curieusement disposés et le travail est si précieux, que j’ai fait enlever et transporter la paroi entière au Musée deBoulaq, où on l’a reconstruite contre le mur du fond delà salle du Centre. Ce premier monument, situé dans un pli du terrain, s’ensabla vite et fut ruiné en peu de temps. Un second personnage s’établit sur l'emplacement, et édifia un mastaba neuf, dont les fondations ne sont autres que les débris des anciennes murailles. Ce mastaba, qui dominait tout le voisinage, a été démoli à son tour par les fellahs en quête de calcaire pour les fours à chaux, et c’est grand dommage, car les fragments qui en restent sont couverts de tableaux en haut relief, et semblent être l’œuvre d’un artiste de la XIIe dynastie.

Si le champ de Saqqarah a moins rendu que les années précédentes, ce n’est point qu’il commence à s’épuiser, c’est que tout l’effort de la campagne s’est porté sur le Sphinx de Gizèh. L’histoire du Sphinx est bien connue et les péripéties principales s’en répètent avec une monotonie désespérante. Taillé en plein roc, au rebord extrême du plateau Libyque, il semble hausser la tête pour être le premier à découvrir pardessus la vallée le lever de son père le Soleil. A peine terminé, les sables l’envahirent et l’ensevelirent jusqu’au cou. Les monuments nous ont conservé le souvenir de plusieurs des déblayements qu’il subit. Le plus ancien que nous connaissions fut exécuté au temps de Kliàfri ’, probablement lors de la construction de la seconde des grandes Pyramides. Un autre eut lieu sous Thoutmosis IV, comme en fait foi la stèle en granit qui est encore debout entre les pattes de la bête. Le roi raconte que, du temps où il n’était encore que prince

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